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L'observatoire de la bulle immobiliere en direct! Une piece de theatre de William Shakespeare en 4 actes ! Vous vous en doutez, une tragedie ! Mais que font les bulles de savon lorsqu'elle gonflent trop ?

28 juin 2009

Le plan Bilderberg 2009 : réformer l’économie politique mondiale

Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la « régler ».

 

 

L’objectif : la restructuration de l’économie politique mondiale

 

 

Avant le début de la rencontre, le journaliste d’enquête Daniel Estulin a fait un reportage sur le principal point à l’ordre du jour, que lui ont divulgué ses sources à l’interne. Bien que de tels reportages ne puissent être vérifiés, ses sources, ainsi que celles de Jim Tucker, traqueur vétéran du Groupe Bilderberg, ont fait preuve d’une extrême justesse par le passé. Il semblerait que le thème principal de la conférence cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient ». À l’ordre du jour figuraient d’autres sujets dont un plan pour « continuer à tromper des millions d’épargnants et d’investisseurs croyant au battage autour de la prétendue reprise économique. Ils sont sur le point de faire face à des pertes massives et à d’éprouvantes difficultés économiques dans les mois qui viennent ». Il y aura également « des pressions ultimes visant à promulguer le traité de Lisbonne, dépendant du vote irlandais en sa faveur en septembre ou en octobre [1] », ce qui donnerait à l’Union européenne d’énormes pouvoirs sur les pays membres en faisant d’elle un gouvernement régional supranational, reléguant chaque pays à un statut davantage provincial.

 

Peu après le début des réunions, le traqueur Jim Tucker signalait que ses sources à l’interne avaient révélé que le groupe a comme priorité « la planification d’un département mondial de la santé, d’une trésorerie mondiale et d’une courte dépression plutôt qu’un long déclin économique ». Tucker rapportait que Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et ancien premier ministre, «  a fait un discours encourageant la transformation de l’Organisation mondiale de

la Santé

(OMS) en un département mondial de la santé, celle du Fonds monétaire international (FMI) en un département mondial du trésor, tous deux bien sûr sous les auspices des Nations Unies ». En outre, M. Tucker signalait que « le secrétaire au Trésor Geithner et Carl Bildt réclamaient une récession plus courte, non pas une récession de 10 ans […] en partie parce que cette dernière ferait du tort aux industriels du Groupe Bilderberg. Bien qu’ils désirent des départements mondiaux du travail et du trésor, ils font tout de même de l’argent et une longue récession de la sorte leur coûterait cher sur le plan industriel puisque personne n’achèterait leurs gadgets. […] Le penchant est pour une courte récession [2]. »

 

 

Daniel Estulin rapportait après les réunions que « selon lui, l’une des principales préoccupations du club Bilderberg est le danger que leur zèle à réformer le monde en engendrant le chaos afin d’implanter leurs objectifs à long terme ne mène à une situation hors de contrôle et qu’elle entraîne tôt ou tard un scénario où Bilderberg et l’élite mondiale en général sont dépassés par les événements et finissent par perdre leur contrôle sur la planète [3] ».

 

 

Le 21 mai,

la Macedionian International

News Agency affirmait qu’« un nouveau rapport du Kremlin sur l’obscur Groupe Bilderberg, qui tenait la semaine dernière sa rencontre annuelle en Grèce, mentionne que les membres de l’élite financière, politique et corporative de l’Occident ont émergé de leur conclave après être parvenus à l’entente selon laquelle il fallait ”complètement” détruire le dollar étatsunien s’ils voulaient continuer leur élan vers un nouvel ordre mondial dominé par les puissances occidentales ». De plus, ce même rapport non confirmé signalait que « lors d’une rencontre secrète à New York convoquée et présidée par David Rockefeller, la majorité des membres les plus riches de l’élite avaient convenu de conspirer l’effondrement du dollar étatsunien [4]. » Ce rapport, qui n’a pas été reconnu par d’autres sources médiatiques, doit être vérifié.

 


La réunion secrète des milliardaires

 

 

À la rencontre secrète dont il est question « une douzaine des personnes les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter de dons d’argent ». La conférence se tenait à l’Université Rockefeller et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett, le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a déclaré qu’« elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont lancé une invitation et les gens sont venus ». L’éditrice de Chronicle of Philanthropy, Stacy Palmer, a déclaré : « Vu la gravité de la conjoncture économique, je ne crois pas qu’il soit surprenant que ces philanthropes se soient réunis. Il n’est pas typique qu’ils se rencontrent et se demandent des conseils », a-t-elle ajouté. Les trois hôtes de la rencontre étaient Bill Gates, Warren Buffett et David Rockefeller [5]. [Voir appendice 2 Bilderberg Connections to the Billionaire’s Meeting].

 

 

Membre fondateur de Bilderberg David Rockefeller, président honoraire du Council on Foreign Relations,

président honoraire et fondateur de

la Commission Trilatérale

,

président du Council of the Americas et de

la Americas Society

,

ancien président et PDG de Chase Manhattan.

 

À la réunion, « les participants ont refusé catégoriquement de révéler le contenu de la discussion. Certains ont cité une entente visant à garder la rencontre confidentielle. Les porte-parole de MM. Buffett, Bloomberg, Gates, Rockefeller, Soros, de Mme Winfrey et d’autres ont scrupuleusement refusé de commenter, bien que quelques-uns aient confirmé leur présence [6]. » Des reportages indiquent qu’« ils ont discuté de la façon d’aborder la crise mondiale et d’élargir leurs activités charitables pendant le déclin [7]. »

 

 

Le journal Times du Royaume-Uni rapportait que ces « éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement ». Fait intéressant, « la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“ ». En outre, « on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts ». Ils ont par ailleurs « convenu que la surpopulation était une priorité ». Ultimement, « ils ont atteint un consensus selon lequel ils cautionneraient une stratégie où la croissance de la population serait taxée de potentielle menace environnementale, sociale et industrielle désastreuse [et qu’ils] doivent être indépendants des agences gouvernementales, lesquelles sont incapables de contrer le désastre imminent [qu’ils] voient tous ». Un des invités a déclaré qu’« ils désiraient discuter de riche à riche sans craindre que ce qu’ils disent se retrouve dans les journaux, les dépeignant comme un gouvernement mondial de rechange [8]. » 

 

 

Un rapport a fuité

 

 

Daniel Estulin aurait reçu de ses sources au sein de Bilderberg un résumé de la réunion de 73 pages destiné aux participants et révélant de sérieux désaccords parmi ceux-ci. « Les partisans de la ligne dure sont favorables à un déclin dramatique et à une dépression courte et sévère, mais d’autres pensent que les choses sont allées trop loin et que les retombées du cataclysme économique mondial ne peuvent pas être calculées avec exactitude si le modèle de Henry Kissinger est choisi. » Richard Holbrooke est l’un d’eux, mais on ignore pour l’instant si sont point de vue est en fait celui d’Obama. » La vision du consensus était que la récession empirerait et que la reprise serait « relativement lente et prolongée » et de chercher ces termes dans la presse durant les semaines et les mois à venir.

 

M. Estulin rapportait « que face au spectre de leur propre mort financière, certains éminents banquiers européens sont extrêmement préoccupés et qualifiaient cet exercice de haute voltige d’« insoutenable », et affirmaient que les déficits budgétaire et commercial pourraient engendrer l’effondrement du dollar ». Un membre de Bilderberg a admis que « les banques mêmes ne savent pas quand [le fond sera atteint] ». Tous paraissaient s’entendre sur le fait que « le niveau de capital dont les banques étatsuniennes ont besoin pourrait être considérablement plus élevé que ce que le gouvernement états-unien a suggéré lors de ses récents tests de tension ». De plus, « quelqu’un du FMI a souligné que sa propre étude sur les récessions historiques suggère que les États-Unis ne sont rendus qu’au tiers de celle-ci. Par conséquent, les économies s’attendant à se rétablir grâce à la résurgence de la demande provenant des États-Unis devront attendre longtemps. » Un des participant à déclaré que « les pertes en capitaux propres en 2008 étaient pires que celles de 1929 [et que] la prochaine phase du déclin économique sera également pire que dans les années 1930, surtout parce que les États-Unis sont chargés d’une dette excessive d’environ 20 billions de dollars. L’idée d’un boom [économique] sain constitue un mirage jusqu’à ce que cette dette soit éliminée [9] ».

 

 

Selon Jim Tucker, le Groupe Bilderberg travail à la tenue d’un sommet en Israël du 8 au 11 juin, où « les experts internationaux en réglementation [pourront] aborder la situation économique actuelle dans un forum ». En ce qui a trait aux propositions de Carl Bildt concernant la création d’une trésorerie et d’un département de la santé mondiaux menés par les Nations Unies, le FMI deviendrait le Trésor mondial alors que l’Organisation mondiale de

la Santé

serait transformée en département mondial de la santé. M. Bildt a également réaffirmé que les « changements climatiques » serviraient de défi clé servant à la poursuite des objectifs de Bilderberg, faisant référence à la crise économique comme « une crise ne se produisant qu’une fois par génération alors que le réchauffement climatique est un défi qui n’arrive qu’une fois par millénaire ». Il a aussi prôné l’expansion de l’ALENA à travers l’hémisphère occidental dans le but de créer une Union américaine en utilisant l’UE comme « modèle d’intégration ».

 

 

Le FMI aurait envoyé un rapport au Groupe Bilderberg préconisant son ascension à titre de département mondial du Trésor et « le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner a cautionné ce plan avec enthousiasme, bien qu’il n’ait eu aucune assurance qu’il en serait le dirigeant ». Geithner a ajouté qu’« [ils] espéraient pouvoir travailler avec l’Europe à un cadre mondial, à une infrastructure mondiale pouvant effectuer une surveillance mondiale [10] ».

 

 

 

Le plan Bilderberg en marche? 

 

Réformer

la Réserve

fédérale


 

 

À la suite de la rencontre du Bilderberg, plusieurs participants renommés ont fait des annonces intéressantes, particulièrement concernant la réorganisation de

la Réserve

fédérale. Le 21 mai, on rapportait que le secrétaire au Trésor Tim Geithner « était vraisemblablement fort enclin à donner un rôle majeur à

la Fed

dans la future réglementation [et] il est entendu que celle-ci effectuerait certaines des tâches de

la Securities

and Exchange Commission (SEC) étatsunienne [11] ».

 

 

Mercredi le 20 mai, Geithner a parlé devant le Comité des banques du Sénat (Senate Banking Committee), où il a déclaré que« des signes importants montrent que notre système financier commence à se rétablir ». À propos de la réglementation du système financier, il a ajouté : « Nous devons nous assurer que les règles financières internationales et les standard élevés que nous implanterons aux États-Unis sont cohérents [12]. »


Le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner, ancien président de

la Federal Reserve

Bank of New York

 

 

Un article de Bloomberg révélait ceci : « L’administration Obama pourrait demander qu’on retire à

la SEC

certains de ses pouvoirs dans le cadre d’une réorganisation réglementaire. La proposition, toujours à l’ébauche, donnera possiblement davantage d’autorité à

la Fed

pour superviser les institutions financières jugées trop grosses pour faire faillite.

La Fed

héritera peut-être de certaines fonctions de

la SEC

, les autres pourraient être assumées par d’autres agences. » Fait intéressant, « l’agence de Mary Schapiro, présidente de

la SEC

, a été absente durant la majeure partie des négociations sur la refonte réglementaire et elle s’est dite frustrée qu’on ne l’ait pas consultée ».

 

Par ailleurs, on rapportait que « le secrétaire au Trésor Geithner était prêt à discuter de propositions pour changer les règles financières hier soir à un dîner en compagnie du directeur du Conseil économique national, Lawrence Summers, de l’ancien président de

la Fed Paul

Volcker, [qui étaient tous deux à la conférence Bilderberg], de l’ancien président de

la SEC Arthur

Levitt et de la professeure de droit de l’Université Harvard, Elizabeth Warren, à la tête d’un groupe de vigilance parlementaire pour le Plan de sauvetage des actifs à risques (Troubled Asset Relief Program (TARP)) de 700 milliards de dollars [13] ».

La Réserve

fédérale est une banque centrale privée, détenue par ses actionnaires, qui sont les plus grandes banques formant chacune des Fed régionales (les plus grandes étant JP Morgan Chase et

la Federal Reserve

Bank of New York). En gros, ce plan donnerait à une banque privée, laquelle possède une autorité gouvernementale, la capacité de réglementer les banques qui la détiennent. Cela équivaut à prendre un colonel pour veiller sur un général à qui il est directement redevable. C’est confier au renard la garde du poulailler. Il s’agit littéralement d’octroyer la propriété de la réglementation financière aux banques qui subissent la réglementation. 

 

Comme le mentionnait Market Watch, une publication en ligne du Wall Street Journal, «

la Réserve

fédérale, créée il y a presque 100 ans dans la foulée d’une panique financière, pourrait être transformée en une agence différente au moment où l’administration Obama réinvente la façon dont le gouvernement interagit avec le système financier ». Concernant la présence de Geithner au Sénat, on mentionnait qu’« [il] a été bombardé de questions sur les relations étroites qu’entretiennent les grandes banques et les banques régionales de la Fed. Avant que Geithner ne se joigne au gouvernement, il était président de

la Fed

de NewYork, une étrange institution hybride publique-privée, en fait détenue et dirigée par les banques. » En réponse, « Geithner a insisté sur le fait que les banques privées n’ont pas leur mot à dire sur les politiques de

la Fed

de New York, mais a reconnu que celles-ci en ont un lors de l’embauche du président, qui, lui, fait les politiques. Le président de

la Fed

de New York, Stephen Friedman, a été contraint de démissionner plus tôt ce mois-ci en raison d’apparence de conflits d’intérêt dus à ses avoirs importants chez Goldman Sachs [14] ».

 

          
Le FMI comme trésorerie mondiale

 

 

L’objectif de Bilderberg visant à créer un trésor mondial avait déjà été mis en oeuvre avant leur réunion, avec les décisions prises lors du sommet financier du G20 en avril. Si le G20 semblait vouloir créer cette trésorerie en en faisant plutôt une banque centrale mondiale, il est probable que le FMI puisse assumer les deux rôles.

 

Après la réunion du G20 au début d’avril 2009, on mentionnait que « le monde a fait un pas de plus vers une monnaie mondiale, financée par une banque centrale mondiale, dirigeant une politique monétaire pour toute l’humanité », puisque le communiqué publié par les leaders du G20 indiquait : « Nous nous sommes mis d’accord pour soutenir une allocation générale de DTS, lesquelles injecterons 250 milliards de dollars (170 milliards de livres) dans l’économie mondiale et augmenterons la liquidité. Les DTS sont des droits de tirage spéciaux, un papier monnaie synthétique émis par le Fonds monétaire International qui dormait depuis un demi siècle. » Au fond, « il mettent en jeu une monnaie mondiale de facto. Elle n’est contrôlée par aucune entité souveraine [15] ». [Voir annexe 2: Creating a Central Bank of the World]

 

À la suite de la réunion de Bilderberg, « le président Obama a demandé au Congrès d’autoriser 100 milliards de dollars en prêts au FMI pour aider à la création d’un fonds de sauvetage mondial de 500 milliards », ce qui donnerait à cette institution le privilège exclusif essentiel d’un trésor mondial fournissant de l’aide financière aux pays dans le besoin autour du globe. De plus, « le projet de loi permettrait au FMI d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars des États-Unis et d’augmenter sa contribution fiscale à l’organisation de 8 milliards ». Plus en détail sur le programme, on a mentionné que « les leaders internationaux ont commencé à mettre en œuvre l’initiative d’aide financière mondiale appelé Nouveaux accords d’emprunts (NAE) au sommet du G20 en avril. Le président a accepté à ce moment là de mettre les fonds additionnels à disposition. » Obama a écrit : « Le secrétaire au Trésor Geithner a conclu que la taille des NAE est lamentablement inadéquate pour affronter la nature grave de la crise économique et financière que nous vivons et je suis d’accord avec lui [16] ».

 

En ce qui a trait à la décision du G20 d’accroître l’usage des DTS du FMI, créant une monnaie mondiale de facto, on rapportait que « l’Afrique subsaharienne recevra environ 10 milliards du FMI en DTS afin d’aider ses économies à surmonter la crise financière mondiale. Dans le cadre d’un accord de 1,1 billion de dollars conclu au sommet du G20 en avril et visant à lutter contre le déclin économique mondial, le FMI émettra l’équivalent de 250 milliards de DTS, qui pourront servir à augmenter les réserves de devises étrangères ».

 

Des reportages récents ont également indiqué que le rôle du FMI dans l’émission des DTS va de pair avec la discussion de Bilderberg sur l’effondrement du dollar étatsunien et que « le fait de transformer l’étalon dollar en système basé sur les DTS constituerait une rupture avec la politique en vigueur depuis plus de 60 ans ». On signalait également ceci : « Il existe deux façons de réduire le rôle du dollar dans le système monétaire international. Une des possibilités serait son érosion graduelle comme monnaie de réserve en fonction du marché et en faveur de l’euro. Toutefois, même si le rôle international de l’euro a augmenté depuis son inauguration, particulièrement dans les marchés financiers, il est difficile d’envisager qu’il surpasse le dollar comme monnaie de réserve dominante dans un avenir rapproché. » Cependant, « puisque qu’il est improbable que l’hégémonie du dollar soit minée par les forces du marché, du moins à court ou moyen terme, la seule façon de provoquer une réduction majeure de son rôle comme monnaie de réserve assez rapidement est au moyen d’un accord international ». C’est là où les DTS entrent en jeu puisque « une façon d’[en] faire rapidement la principale monnaie de réserve serait de créer et d’allouer aux membres du FMI d’énormes sommes de DTS [18] ». Fait intéressant, c’est exactement ce qui se produit actuellement en Afrique avec le FMI.

 

L’ancien directeur général du FMI Jacques de Larosière a récemment déclaré que la crise financière actuelle, « compte tenu de son envergure, offre une chance unique d’améliorer les institutions et il y a déjà un risque de la rater si les différents acteurs n’arrivent pas à s’entendre sur les changements avant que la croissance économique ne reprennent ». Il est maintenant conseiller pour BNP Paribas, une compagnie fortement représentée aux réunions de Bilderberg, et il a été à la tête du Trésor de

la France

lors de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, un habitué du Groupe Bilderberg [19].

 

 


The Guardian couvre la rencontre de Bilderberg
 

 

Le journal britannique Guardian a été le seul des grands quotidiens dominants à couvrir la réunion à chaque instant au cours de la fin de semaine. Les premières rubriques de Charlie Skelton étaient satiriques et légèrement railleuses, en faisant allusion à l’événement comme « un long weekend dans un hôtel de luxe, où les élites du monde peuvent se serrer la main, faire tinter leurs verres, mettre au point leurs projets mondiaux, se disputer à propos de celui qui possède la meilleure chaise longue. Je suppose que Henry Kissinger fait apporter la sienne par hélicoptère et la fait surveiller par une équipe d’opérations spéciales de la CIA [20] ». Mais au courant de la fin de semaine, le journaliste a changé de ton. La samedi il a déclaré : « Je sais que je me fais suivre. Je le sais car je viens de discuter avec le policier en civil que j’ai surpris en train de me filer. » Il a aussi été arrêté à deux reprises la première journée des réunions pour avoir tenté de prendre des photos alors que les limousines arrivaient à l’hôtel [21].

 

 

Il a mentionné plus tard qu’il n’était pas certain de ce dont ils discutaient à l’intérieur de l’hôtel, mais qu’il « sentait qu’il y avait quelque chose de corrompu en Grèce. Il a ajouté qu’« en trois jours [il] était devenu un suspect, un fauteur de trouble, un indésirable, [qu’il] se sentait mal à l’aise, fatigué et un peu craintif ». Il poursuit en écrivant « Bilderberg c’est une question de contrôle. Tout tourne autour de "qu’est ce que nous devrions faire ensuite?" Nous dirigeons déjà plein de trucs, et si on en dirigeait plus? Et si on en facilitait la maîtrise? Rendre le tout plus efficace. L’efficacité c’est bien. Ce serait tellement plus facile avec une seule banque, une seule monnaie, un seul marché, un seul gouvernement. Et s’il n’y avait qu’une seule armée? Ce serait vraiment super. Nous n’aurions alors plus de guerre. Ce cocktail de crevettes est BON. Et s’il n’y avait qu’une seule façon de penser? Et si Internet était contrôlé? » Et il ajoute, « et si... Non, je blague ».

 

Puis, il fait une remarque avisé, contrant l’argument fréquent voulant que Bilderberg n’est qu’un forum où les gens peuvent s’exprimer librement : « Je suis incroyablement écoeuré que le pouvoir soit influencé par le plus petit nombre. Je l’ai vu de mes yeux pendant trois jours et cela m’emmerde au plus haut point. Ça m’est égal si le Groupe Bilderberg envisage de sauver le monde ou de le mettre dans un mélangeur et d’en boire le jus, mais je ne crois pas que c’est la façon de faire de la politique. » L’auteur, déclare ensuite de manière éloquente : « S’ils tentent de guérir le cancer, ils pourraient le faire à la lumière du jour. » Il explique ensuite que « Bilderberg c’est une question de positions de contrôle. Je m’en approche à un demi mille et soudainement, je suis un des contrôlés. On me suit, me surveille, m’enregistre, me met en détention et encore en détention. C’est le "pouvoir" sur la route qui m’a mis dans cette situation [22] ».

 

Dimanche le 17 mai, Skelton a demandé au chef de police pourquoi on le suivait, celui-ci lui a répondu en lui demandant : « Pourquoi vous êtes là? » Le journaliste a répondu qu’il était là pour couvrir la conférence de Bilderberg, après quoi le chef lui a rétorqué : « Hé bien voilà la raison! Voilà pourquoi! Notre conversation est terminée! [23] » Les reporters se font-ils suivre et traquer par la police lorsqu’ils couvrent le Forum économique mondial? Non. Alors pourquoi est-ce le cas avec le Groupe Bilderberg, si cette conférence n’est vouée qu’à discuter d’idées librement?

 

 

Le lundi suivant la conférence, Skelton écrit : « Il n’y a pas que moi qui ait été arrêté pour avoir osé traîner à un demi-mille des portes de l’hôtel. Les quelques journalistes qui ont fait le voyage jusqu’à Vouliagmeni cette année se sont tous faits harcelés et ont senti la partie travaillante d’un talkie-walkie grec. Bon nombre ont été arrêtés. Bernie, d’American Free Press et Gerhard, le documentariste (on dirait un nom de personnage de Donjons et Dragons) ont affrété un bateau d’une marina à proximité afin d’essayer de prendre des photos par la mer. Ils ont été arrêtés à trois milles du complexe hôtelier. Par la marine grecque. » Comme l’a dit Skelton : « Mes dépêches sur la conférence de 2009, si elles signifient quoi que ce soit, ne représentent rien de plus évident que l’absence de couverture médiatique grand public approfondie [24]. »

 

L’article final de Skelton sur Bilderberg le 19 mai montre jusqu’où il est allé durant ces quelques jours de reportage : de l’écriture humoristique à la découverte de sa filature par le service de sécurité de l’État grec. Il a fait ces réflexions : « Alors, qui est le paranoïaque? Est-ce moi, qui se cache dans les cages d’escalier, observant le reflet de la chaussée derrière moi dans les vitrines de magasins, demeurant en public par mesure de sécurité? Ou Bilderberg, avec ses deux F-16, ses hélicoptères qui font des rondes, ses mitraillettes, ses commandos de

la Marine

et sa politique visant à détenir et harceler à répétition une poignée de journalistes? Qui est le plus cinglé? Moi ou Baron Mandelson? Moi ou Paul Volker, le dirigeant du Conseil consultatif pour la relance économique? Moi ou le président de Coca-Cola »?

 

Il ajoute : « La publicité est comme du sel pur sur la limace géante qu’est Bilderberg. Je suggère donc que l’on se pointe l’an prochain avec quelques pots à sel de plus. Si la presse dominante refuse de couvrir convenablement cet important événement annuel, alors les citoyens intéressés devrons le faire : les médias du peuple. »

 

 

Étonnamment, Skelton juge que ce qu’il a appris de la conférence Bilderberg est « notre devoir de nous battre, nous battre, nous battre, maintenant, dès maintenant, cette seconde même, avec chaque particule de notre âme, -- pour empêcher le projet des pièces d’identités, [puisque] tout tourne autour du pouvoir de demander à les voir, de l’obligation de les montrer, d’avoir à justifier son existence, du pouvoir de celui qui questionne sur la soumission de celui qui doit répondre. […] J’ai appris avec les fouilles aléatoires, les détentions, les coups des furieuses brutes de la sécurité et les bureaux de policiers sans numéros que j'ai cognés, que j’ai dû souffrir à cause de Bilderberg : j’ai passé la semaine à vivre à la fois le cauchemar d’un avenir probable et différentes versions d’un passé terrifiant. J’ai eu droit à un très petit aperçu d’un monde de vérifications ponctuelles et de forces de sécurité non contrôlées. Et j’en suis resté ébranlé. J’en suis resté marqué, littéralement. » Il explique ostensiblement : « la carte d’identité transforme le citoyen libre que vous êtes en suspect [25]. »

 

 

Qui était présent? 

 

La royauté 

 

La reine Beatrix des Pays-Bas, la plus importante actionnaire de Royal Dutch Shell

 

Parmi les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens. À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas, laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie et en technologie possède de l’expertise en Analyse économique et commerciale, en Analyse du renseignement et recherche opérationnelle, ainsi qu’en Technologie de l’information, parmi bien d’autres. Le prince Constantijn a également été chercheur en politiques pour

la RAND Corporation

en Europe.

La RAND

était initialement un groupe de réflexion destiné à offrir des recherches et des analyses aux Forces armées étatsuniennes, mais elle travaille maintenant avec des gouvernements, des fondations et des organisations internationales et commerciales [26]. Parmi les autres membres de la royauté européenne présents à la conférence, on trouvait le prince Philippe de Belgique et la reine Sofia d’Espagne.

 

 

Les banquiers

 

 

Comme d’habitude, la liste des participants était pleine de représentants des plus grandes banques au monde. Parmi ceux-ci, David Rockefeller, ancien PDG et président de la Chase Manhattan – maintenant JP Morgan Chase – dont il était jusqu’à récemment président du Conseil consultatif international. Aussi, il siège toujours à titre de président honoraire du Council on Foreign Relations, de président du Board of the Americas Society et du Council of the Americas, de président honoraire de

la Commission

trilatérale, qu’il a fondé aux côtés de Zbigniew Brzezinski, également membre fondateur du Groupe Bilderberg, éminent philanthrope et actuel doyen d’une des dynasties bancaires les plus riches et puissantes du globe.

 

 

Josef Ackermann était également de la partie. Le banquier suisse est PDG de

la Deutsche Bank

et directeur non exécutif de Royal Dutch Shell, vice-président de Siemens AG – la plus importante firme d’ingénierie européenne – membre du Conseil consultatif international du groupe Zurich Financial Services, président de l’Institut de finances internationales — la seule association mondiale d’institutions financières – et enfin vice-président du Conseil de fondation du Forum économique mondial [27].

 

 

Roger Altman, spécialiste des services de banques d’affaires, investisseur de capitaux propres et ancien secrétaire adjoint au Trésor du gouvernement Clinton participait lui aussi à cette rencontre. D’autres banquiers étaient du nombre, comme Ana Patricia Botin, présidente de

la Banque

d’Espagne, de Banco Español de Crédito et anciennement au service de JP Morgan; Frederic Oudea, PDG et récemment nommé président du conseil de

la Société Générale

, banque française; Tommaso Padoa-Schioppa, économiste et banquier italien, anciennement ministre de l’Économie et des Finances; Jacob Wallenberg président de Investor AB; Marcus Wallenberg, PDG de Investor AB et George David, PDG de United Technologies Corporation et membre du conseil d’administration de Citigroup, du Business Council, du Business Roundtable et vice-président du Peterson Institute for International Economics [Pour en savoir plus sur le Peterson Institute, voir Annexe 1]

 

Parmi les banquiers canadiens figuraient W. Edmund Clark, président et PDG du Groupe Financier Banque TD, membre de la direction de l’Institut C.D. Howe – un important laboratoire d’idées canadien; Frank McKenna, vice-président du Groupe Financier Banque TD, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, et enfin la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera, qui siège par ailleurs sur le conseil de

la Banque Scotia

, une des plus grandes banques du pays.

 

 

Dirigeants des banques centrales 

 

Au sein des membres du Groupe Bilderberg, il y a bien sûr les dirigeants des banques centrales les plus importantes du monde. Cette année, il y avait le gouverneur de

la Banque

nationale de Grèce, celui de

la Banque

d’Italie, le président de la Banque européenne d’investissement, l’ancien président de

la Banque

mondiale, James Wolfensohn et Nout Wellink membre de la direction de

la Banque

des règlements internationaux (BRI) [28] et Jean-Claude Trichet président de

la Banque

centrale européenne [29]. Rien n’indique que le président de

la Federal Reserve

Bank of New York, William C. Dudley, ainsi que le gouverneur de

la Réserve

fédérale, Ben Bernanke, y étaient, ce qui serait un étrange concours de circonstances si l’on considère que celui qui occupe ce poste est toujours présent aux rencontre du Bilderberg. J’ai contacté

la Fed

de New York afin de savoir si M. Dudley avait participé à des réunions en Grèce ou s’il y était allé du 14 au 17 mai ou si un autre haut représentant de l’institution y était allé à sa place. J’attends toujours une réponse.

 

 

 

Le gouvernement Obama à la conférence Bilderberg


Le conseiller à la sécurité nationale, le général James Jones

 

Les membres de l’administration Obama étaient en grand nombre à cette conférence annuelle. Parmi eux, Keith B. Alexander, lieutenant général de

la United States

Army et directeur de

la National Security

Agency, l’agence d’espionnage monumentale des États-Unis; Timothy Geithner, secrétaire au Trésor et ancien président de

la Federal Reserve

Bank of New York; Richard Holbrooke, l’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan; le général James Jones, conseiller national pour

la Sécurité

; Henry Kissinger, envoyé spécial pour

la Russie

, membre de longue date de Bilderberg et autrefois secrétaire d’État et conseiller national pour

la Sécurité

; Dennis Ross conseiller spécial pour le golfe Persique et l’Asie du Sud-Ouest de la secrétaire d’État Hillary Clinton; David Patraeus commandant de CENTCOM (Commandement du Centre des États-Unis au Moyen-Orient), Lawrence Summers, directeur du Conseil économique national de

la Maison-Blanche

, ancien secrétaire au Trésor du gouvernement Clinton, ancien président de l’Université Harvard et ancien économiste en chef de

la Banque

mondiale; Paul Volcker, ancien gouverneur de

la Réserve

fédérale et chef du Comité consultatif de relance économique du président Obama; Robert Zoellick, ancien président de Goldman Sachs et actuel président de

la Banque

mondiale [30] et le secrétaire d’État adjoint James Steinberg [31]. 

 

 

Autres noms notoires  

 

Parmi bien d’autres personnalités présentes à cette rencontre se trouvaient le vicomte Étienne Davignon, ancien vice-président de

la Commission

européenne et président honoraire du Groupe Bilderberg; Francisco Pinto Balsemão ancien premier ministre du Portugal; Franco Bernabè, PDG de Telecom Italia et vice-président de Rothschild Europe; Carl Bildt, ancien premier ministre de

la Suède

; Kenneth Clarke  obscur secrétaire administratif au Royaume Uni; Richard Dearlove, ancien chef du service de renseignements britannique MI6; Donald Graham, PDG de

la Washington Post

Company; Jaap De Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN; John Kerr, membre de

la Chambre

des lords britannique et président de Royal Dutch Shell; Jessica Matthews, présidente de

la Dotation Carnegie

pour la paix internationale; Richard Perle de l’American Enterprise Institute; Romano Prodi, ancien premier ministre italien; J. Robert S. Prichard, PDG de Torstar Corporation et président émérite de l’Université de Toronto; Peter Sutherland, ancien directeur général de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), premier directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et actuellement président de British Petroleum (BP) et de Goldman Sachs International ainsi que membre de la direction de

la Royal Bank

of Scotland, président de

la Commission

trilatérale, vice-président de

la Table

ronde des industriels européens et membre de longue date de Bilderberg; Peter Thiel, membre du conseil d’administration de Facebook; Jeroen van der Veer, PDG de Royal Dutch Shell; Martin Wolf, rédacteur en chef adjoint et journaliste économique en chef du journal Financial Times et finalement Fareed Zakaria, journaliste étatsunien et membre de la direction du Council on Foreign Relations [32]. Certains reportages faisaient état de la présence d’Eric Schmidt, PDG de Google, et du rédacteur en chef du Wall Street Journal, Paul Gigot [33], tous deux présents à la rencontre de l’an dernier [34].

 

 

Conclusion

 

 

 

Il est évident que la prérogative de cette rencontre annuelle de Bilderberg était d’exploiter au maximum la crise financière mondiale pour atteindre les objectifs que le groupe s’était fixés depuis de nombreuses années. Ceux-ci comprennent la création d’un département du trésor mondial, probablement en concomitance avec une banque centrale mondiale ou intégré à celle-ci, lesquels semblent en voie d’être incorporés au FMI. 

 

 

Naturellement, ces rencontres de Bilderberg servent les intérêts des personnes et des organisations présentes. Étant donné la vaste représentation de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à cette réunion, il est surprenant qu’il n’y ait pas eu plus d’informations provenant de cette rencontre en ce qui concerne la politique étrangère des États-Unis, notamment au Pakistan et en Afghanistan.

 

Cependant, les États-Unis ont décidé récemment de congédier le général qui supervisait la guerre en Afghanistan et de le remplacer par « le lieutenant-général Stanley McChrystal, un ancien béret vert qui commandait il y a peu de temps les Forces d’opérations spéciales secrètes de l’armée en Irak [35] ». De 2003 à 2008, McChrystal était à la tête du Joint Special Operations Command du Pentagone (JSOC), lequel supervise les forces les plus cruciales de l’armée, y compris

la Delta Force

, « et que Seymour Hersh, journaliste d’investigation et récipiendaire du prix Pulitzer, a désigné comme le chef de “l’aile administrative d’assassins“ du vice-président Cheney [36].

 

Donc, vu les récents changements ainsi que le nombre élevé de représentants de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à la conférence Bilderberg cette année, il est probable que des décisions aient été prises ou, à tout le moins, qu’il y ait eu des discussions concernant l’escalade de la guerre en Afghanistan et de son expansion au Pakistan. Toutefois, il n’est pas surprenant que le principal point à l’ordre du jour ait été la crise financière mondiale. La prochaine année sera sans aucun doute intéressante et l’élite espère certainement en faire une année productive.

Article original en anglais,

The Bilderberg Plan for 2009: Remaking the Global Political Economy, publié le 26 mai 2009.

Traduction : Julie Levesque, Mondialisation.ca.


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15 juin 2009

41 citoyens américains, anciens du Contre-terrorisme et de l'Agence du Renseignement remettent en cause le rapport officiel sur

Edifiant !
Lire le pdf
18 mai 2009 - Plus de 40 citoyens américains ayant travaillé pour différents services de Renseignement et de Contre-terrorisme ont sévèrement critiqué le compte-rendu officiel du 11 Septembre ; la plupart d'entre eux demandent une nouvelle enquête. Il est scandaleux que la majorité des Américains [NdT : des Occidentaux, y compris nos concitoyens français] soient maintenus dans l’ignorance totale de leurs déclarations publiques, conséquence immédiate du refus des organismes de la presse nationale [NdT : et internationale] comme des médias de masse de traiter cette question d’une extrême importance. La crédibilité de ces personnes et leur loyauté envers leur pays ne peuvent être mises en doute, ce que démontrent les années de service passées à collecter et analyser l'information, à planifier, et à effectuer des opérations cruciales pour la sécurité nationale des États-Unis.
Ces 41 personnes ont travaillé pour le Département d'État américain, l'Agence de la sécurité nationale (NSA), l'Agence centrale de Renseignement (CIA), le Bureau fédéral d’investigation (FBI), l'Administration fédérale de l'Aviation (FAA), Le Bureau des douanes et de la protection des frontières ainsi que pour diverses sections de l'armée des États-Unis. Ils sont présentés ci-dessous en fonction du service pour lequel ils ont travaillé

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13 juin 2009

Les périls de la titrisation : La plus grosse escroquerie de tous les temps ? Les banquiers voleurs


Est-il possible de faire des centaines de milliards de dollars de profit sur des titres qui ne sont adossés à rien d’autre que des entrées virtuelles dans un livre de prêt ?



Ce n’est pas seulement possible ; cela a été fait. Et à présent, les gredins qui ont encaissé sur ces escroqueries ont fait la queue à l’extérieur du bâtiment de la Réserve Fédérale pour échanger leurs titres pourris contre des milliards de dollars de prêts financés par les contribuables. Pendant ce temps, l’effondrement du crédit a laissé le système financier en ruines et planté l’économie comme un piquet de tente. Les files de chômeurs s’allongent et les consommateurs réduisent leur budget sur tout, des soirées en ville aux déplacements jusqu’à l’épicerie. Et tout cela est dû à l’escroquerie financière pyramidale concoctée à Wall Street, qui s’est répandue à travers l’ensemble du système mondial comme une épidémie agressive de grippe. Ceci n’est pas une récession normale ; le système financier a explosé par le fait de banquiers avides qui se sont servis de « l’innovation financière » pour estropier le système et qui ont fait gonfler la plus grosse bulle spéculative de tous les temps. Et ils l’ont fait en toute légalité, utilisant un procédé peu connu qui s’appelle la titrisation.

La titrisation – qui est la conversion de fonds communs de prêts en titres vendus sur le second marché – fournit le moyen d’exercer un effet de levier massif sur les dettes. Les banques se servent d’opérations hors bilan pour créer des titres afin de pouvoir éviter les obligations normales de réserve et les opérations de contrôle dérangeantes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la qualité des prêts n’entre pas en ligne de compte, puisque les banques gagnent leur argent sur la création des prêts et autres commissions. Ce qui importe est la quantité, la quantité et la quantité ; une ligne d’assemblage de dimension industrielle de prêts nauséabonds déversés sur des investisseurs sans méfiance pour faire grossir les résultats. Et, bon sang, comme il est facile pour Wall Street d’engranger à tour de bras ce papier pourri lorsqu’il n’y a personne pour surveiller et que la FED joue aux pompom girls dans les gradins ! Dans une analyse de l’économiste Gary Gorton, rédigée pour la conférence de 2009 de la Banque de la Réserve Fédérale d’Atlanta sur les marchés financiers et intitulée « Giflé par la Main Invisible ; le Secteur Bancaire et la Panique de 2007 » ["Slapped in the Face by the Invisible Hand; Banking and the Panic of 2007"], l’auteur montre que les titres liés aux crédits hypothécaires ont connu un véritable gonflement, passant de 492,6 milliards de dollars en 1996 à 3.071,1 milliards de dollars en 2006. En tout, plus de 20 trillions [1 trillion = 1.000 milliards] de dollars de dette titrisée ont été vendus entre 1997 et 2007. Quelle quantité de cette dette s’avèrera sans valeur au fur et à mesure que les saisies monteront en flèche et que les bilans des banques seront de plus en plus sous pression ?

La dérégulation a ouvert la boîte de Pandore, libérant un mélange bizarre d’opérations obscures hors bilan (SPV, SIV)[1] et de dérivés douteux aux noms étranges qui étaient utilisés pour amplifier l’effet de levier et empiler de la dette sur des fragments de capital de plus en plus petits. Il est facile de faire de l’argent lorsqu’on ne mise pas avec son pognon ! C’est ainsi que les dirigeants des fonds spéculatifs et les petits malins des fonds d’investissement privé deviennent riches. La titrisation a fourni aux banques l’occasion d’accorder des prêts de mauvaise qualité à des emprunteurs qui n’avaient aucun moyen de les rembourser et la possibilité de les transformer par magie en titres notés AAA. « Abracadabra ! » Tous les agents de relation publique de Wall Street ont claironné que la titrisation « démocratisait » le crédit parce que plus de personnes pouvaient emprunter à de meilleurs taux, étant donné que le financement provenait des investisseurs plutôt que des banques. Mais tout cela était un bobard. Le véritable objectif était de percevoir des profits colossaux en prélevant des salaires et des bonis énormes au départ, avant que les gens ne s’aperçoivent qu’ils avaient été trompés. L’ancien chef du FDIC [La Federal Deposit Insurance Corporation, qui préserve et favorise la confiance populaire dans le système financier des Etats-Unis] , William Seidman, avait déjà tout pigé 1993 lorsqu’il avait raflé la mise après le fiasco des prêts et de l’éparge. Voici ce qu’il disait dans ses mémoires :

« Donnez comme instruction aux régulateurs de chercher le nouvel engouement dans l’industrie et de l’examiner attentivement. La prochaine erreur sera une nouvelle façon d’accorder un prêt qui ne sera pas remboursé. »

Tout est dit. Les banques n’ont jamais espéré que les prêts seraient remboursés, ce qui explique pourquoi ils les ont accordés à des emprunteurs sans revenu, sans caution, sans emploi et avec un mauvais dossier bancaire. Cela n’avait aucun sens, en particulier pour quiconque se fût jamais assis en face d’un banquier méprisant, épluchant son profil d’emprunteur. Croyez-moi, les banquiers savent comment récupérer leur argent, si c’est leur véritable intention ! Dans ce cas, cela n’avait aucune importance. Ils voulaient juste maintenir à pleine vitesse aussi longtemps que possible leur racket de fausse monnaie. Pendant ce temps, le Maestro Greenspan les encourageait sur le banc de touche, chantant les louanges de la « nouvelle économie » et le palier élevé de prospérité qui avait été atteint grâce au capitalisme du laissez-faire. Pourquoi quelqu’un aurait-il pu se préoccuper de ce que Greenspan pensait ? De toute façon, la FED n’est qu’une filiale du cartel bancaire.

A présent que la bulle de la titrisation a éclaté, 40% du crédit qui avait coulé dans l’économie a été supprimé, déclenchant un krach boursier comme dans les années 30. Le patron de la FED, Bernanke, a remplacé Greenspan au pied levé et apporté une protection de 13 trillions de dollars pour empêcher le système financier de s’effondrer, mais l’économie plus large a poursuivi son plongeon historique. Bernanke essaye de boucher l’abîme qui s’est ouvert lorsque la titrisation s’est arrêtée brutalement et que le gaz a commencé à s’échapper de la bulle du crédit dans un énorme fracas. La démultiplication est en cours, malgré les nombreux programmes de la FED pour faire monter en régime la titrisation et restaurer l’économie spéculative basée sur les bulles. Le dernier coup de folie de Bernanke, le Term Asset-backed securities Lending Facility (TALF) [ou facilité de crédit sur les titres adossés à des actifs], fournit 94% de financement public aux investisseurs désireux d’acheter des prêts adossés à de la dette sur les cartes de crédit, les prêts aux étudiants, les prêts automobiles ou les prêts immobiliers d’entreprise. C’est une situation « non perdante » pour les gros investisseurs qui pensent que la dette titrisée fera son come-back. Mais c’est le problème ; personne n’y croit. Ces prêts attractifs, assortis d’une caution (presque) sans risque, n’ont pas réussi à appâter les grosses maisons de courtage et les directeurs de fonds spéculatifs. Bernanke a engrangé moins de 30 milliards de dollars dans un programme conçu pour prêter jusqu’à 1 trillion de dollars. Cela a été un échec total.

Pour comprendre la titrisation, il faut penser comme un banquier. Les banquiers pensent que les profits sont limités par les obligations légales de réserve. Donc, ce qu’ils veulent vraiment est développer le crédit sans ces réserves légales ; ce qui parviennent à cet objectif. Ils créent un au-delà déroutant d’instruments aux noms étranges et de procédés bizarres qui cachent le simple fait qu’ils créent de l’argent sur du vent. C’est ce qu’est réellement la titrisation ; une camelote sous-capitalisée qu’ils font passer pour des joyaux précieux. Voici comment l’économiste Henry CK Liu le résume dans son article « Mark-to-Market vs. Mark-to-Model » [Valeur du marché c/ Valeur du modèle] :

« Le système bancaire de l’ombre a esquivé de façon détournée les obligations légales de réserve du régime et des institutions bancaires traditionnelles régulées et a encouragé un plan pyramidal inversé – comme les chaînes de lettre – avec un effet de levier qui monte en flèche, basé dans de nombreux cas sur un coussin de réserve non-existant. Cela a été révélé par l’effondrement d’AIG en 2008, provoqué par son assurance sur les dérivés financiers, connus sous le nom de credit default swaps (CDS) [dérivés sur événements de crédit ou contrats de protection entre acheteurs et vendeurs] …

Le Bureau du Contrôleur Monétaire et la Réserve Fédérale ont autorisé conjointement les banques détenant une assurance sur les CDS à maintenir dans leurs livres des actifs à risque super-senior sans rajouter de capital, parce que le risque était assuré. Normalement, si les banques détenaient des risques super-seniors dans leurs livres, elles devaient affecter un capital égal à 8% de l’engagement financier. Mais ce capital pouvait être réduit à un cinquième du montant normal (soit 20% de 8%, c’est à dire 160 dollars pour chaque tranche de risque égale à 10.000 dollars dans les livres) si les banques pouvaient prouver aux régulateurs que le risque de défaillance sur la portion super-senior des contrats était vraiment négligeable et si les titres émis par l’intermédiaire d’une structure de CDO (collateralized debt obligation) [obligation adossée à des actifs] portaient une notation de crédit AAA de la part d’une « agence de notation de crédit reconnue au plan national », telle que la notation d’AIG par Standard & Poor.

Avec une assurance sur les CDS, les banques pouvaient alors réduire le capital normal de 800 millions de dollars pour chaque tranche de 10 milliards de dollars sur leurs livres à juste 160 millions de dollars, signifiant que les banques avec une assurance sur les CDS peuvent prêter jusqu’à cinq fois plus à partir du même capital. Les contrats CDO/CDS assurés pouvaient alors contourner les règles internationales sur le capital. (Henry CK Liu, "Mark-to-Market vs. Mark-to-Model")

La même règle s’applique aux dérivés (CDS) en tant qu’instruments titrisés qui ne sont pas non plus suffisamment capitalisés, parce que mettre de côté des réserves diminue la capacité de maximiser les profits. Tout se résume à la dernière ligne du bilan. La raison pour laquelle les CDS sont si bon marché, comparés à une assurance conventionnelle, est qu’il n’y a aucun moyen de savoir si l’opérateur a la capacité de payer les indemnisations. C’est de la fraude, sur une échelle gigantesque, ce qui explique pourquoi le système financier est entré en paralysie totale lorsque Lehman Bros a fait faillite. Personne ne savait si les trillions de dollars dans les contrats de caution seraient payés ou non. Il y a tout simplement plus de demandes d’indemnisation qu’il n’y a d’argent dans le système. Les crédits hypothécaires bidons et les fausses promesses de caution ne signifient rien. « Montrez-moi l’argent ! » Le système est sous l’eau et il ne peut pas être réparé par plus de liquidités par la FED en claquant des doigts.

Le système bancaire de l’ombre s’est effondré, pas parce que le marché est « gelé » ou parce que les investisseurs sont en état de panique après Lehman, mais parce que les dérivés et la titrisation ont été exposés comme des fraudes soutenues par un capital insuffisant. C’est de l’huile de serpent vendue par des charlatans. Voilà pourquoi les décideurs politiques européens résistent aux demandes de la FED de créer une facilité similaire au TALF pour redémarrer la titrisation. Le boulot de Bernanke est d’intervenir et de mettre un terme aux polissonneries, pas de rajouter des problèmes en restaurant le régime générateur de crédit qui a transféré des centaines de milliards de dollars des gens qui travaillent dur vers les gros banquiers-gansters et les escrocs de Wall Street.


Article original : Securitization: The Biggest Rip-off Ever, Financial Deregulation has Opened Up A Pandora's box, publié le 5 juin 2009.

Traduit de l'anglais : JFG-QuestionsCritiques


Note :

[1] SPV = special purpose vehicle, véhicules spéciaux. Un SPV classique acquiert des crédits, avec une petite décote. En contrepartie, il émet des tranches d’obligations de risques divers. Parmi ces SPV existent des véhicules qu’on appelle « conduits ». Ils mettent d’un côté à l’actif des tranches d’obligations triple A provenant de la titrisation des crédits. En contrepartie, ils émettent du papier commercial (des obligations à très court terme). Ce papier commercial, baptisé ABCP (asset backed commercial paper), rapporte plus que les placements à court terme classiques, car il est garanti par des obligations à long terme, qui portent des taux plus élevés.

Une autre forme de SPV sont les SIV (structured investment vehicles). D’un côté, on a toujours ces obligations triple A résultant de la découpe des crédits. De l’autre, les SIV émettent en contrepartie des papiers à moyen terme(medium term notes) mais aussi des « equity », des titres qui ressemblent à des actions. Là, il y a de grands problèmes. Car si la valeur des obligations triple A à l’actif du SIV chute de 3,5 %, l’equity perd 50 % de sa valeur. Comme aujourd’hui – les décotes sur les obligations triple A sont supérieures à 3,5% - beaucoup de SIV sont obligés de vendre. Mais vendre dans des marchés peu liquides exerce une pression supplémentaire sur les obligations qui perdent encore davantage de valeur, ce qui contraint le SIV à de nouvelles ventes… C’est un cercle vicieux. Certaines banques ont finalement pris leur responsabilité et les ont réincorporés en bilan. Mais cela crée une nouvelle tension sur le marché des liquidités, car il faut financer ces reprises. HSBC, Citigroup et d’autres ont repris sur leur bilan pour plusieurs dizaines de milliards de dollars de SIV. Cela les a poussés à thésauriser leur liquidité, bloquant le fonctionnement du marché interbancaire, ce qui explique pourquoi les banques centrales ont procédé, de manière concertée, à de grosses injections de liquidités. Et puis, on a encore inventé des véhicules plus instables, dont certains, basés sur des titrisations de titrisation, ont vu leur valeur tomber à zéro…


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05 juin 2009

le monde prend le chemin d’un « Weimar planétaire » Juin 2009

Brèves
Jacques Attali : le monde prend le chemin d’un « Weimar planétaire »


Attali préparez-vous pour un Weimar planétaire !
par Hugues2

 

3 juin 2009 - 21:10

3 juin 2009 (Nouvelle Solidarité) – Cela aurait dû faire la une de toute la presse, au moins de toute la presse financière. Le 26 janvier, parlant à Paris au Forum international économique et financier (FIEF), l’ancien sherpa de François Mitterrand Jacques Attali a prononcé ce mot qui commence par H et que seuls Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade ont osé prononcer jusqu’ici : l’hyperinflation « à la Weimar ».

Peu importe si l’on se trouve en désaccord (ce qui est notre cas) avec les remèdes du docteur Attali, son diagnostic se démarque des lieux communs de la pensée sur ce sujet.

Attali commença son intervention en soulignant à quel point les discours officiels se voulaient rassurants. Quand une pierre risque de tomber sur la tête de quelqu’un, il faut lui dire, disait-il. Non pas pour le faire paniquer, mais pour lui permettre d’échapper à l’événement. En réalité, avance-t-il, la situation est bien pire en janvier 2009 qu’en janvier 2008. Si le pire n’est pas certain, il n’en demeure que le scénario du pire est le plus probable.

Suivit ensuite des chiffres qui parlent. Par exemple, la dette totale des Etats-Unis, quand on additionne les acteurs privés et publics, représentait en janvier 2008 l’équivalent de 350% du PIB américain, plus élevée qu’en 1929, quand elle n’a jamais dépassé les 300%. Un an plus tard, en janvier de cette année, cette dette représente 500% du PIB et atteint 54000 milliards de dollars. Ce que l’on fait avec les plans de renflouement des banques est comparable à donner de l’oxygène à un accidenté de la route. Au lieu de le transporter à l’hôpital, on tente de le faire survivre en lui donnant de l’oxygène. Pourtant, c’est précisément cet oxygène qui l’achèvera.

Un autre chiffre dévastateur est le lien entre les encours et les fonds propres des banques. Les encours montent à environ 84000 milliards et les fonds propres ne représentent que 4000 milliards, c’est-à-dire un ratio de vingt. Cette proportion ne doit jamais dépasser les 15%. Pourtant, pour certaines banques, le ratio dépasse les 50 !

Les Etats-Unis ont injecté environ 12000 milliards de dollars pour éviter que le système s’effondre. 1800 milliards de dollars sont allés aux banques américaines dont les fonds propres ne dépassent guère les 1300 milliards. Cela signifie « qu’elles sont, à ce point, techniquement en faillite ». La situation est identique pour les banques britanniques.

L’état de faillite du système bancaire s’exprime également par la différence entre la valeur des banques en bourse et la valeur qu’ils affichent sur le papier. La valeur des trois grandes banques françaises sur le marché est à peu près la moitié de leurs fonds propres. Cela provient du fait que le marché sait bien que ces banques possèdent des actifs toxiques qu’elles refusent de faire apparaître dans leurs comptes.

L’autre facteur aggravant de la situation financière vient du fait que les banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine mais aussi la Banque d’Angleterre et certaines banques centrales du système euro, au lieu de permettre aux banques de prêter de l’argent à l’économie, prêtent elles-mêmes directement aux entreprises en difficulté. Voilà ce qui permet de créer les conditions du pire.

Tous ces facteurs, considérés comme un tout, ajoutés au ralentissement de l’économie mondiale, provoqueront d’énormes besoins de financement pour les grands pays, qui auront besoin entre 50000 et 100000 milliards de dollars chacun ! Ces chiffres énormes, démontrent clairement que nous assistons à un effet de boule de neige. Cela aurait pu être évité. Trouver 100000 milliards de dollars sur les marchés des capitaux n’est guère possible pour un Etat. Seuls les Etats eux-mêmes peuvent dégager ce type de sommes d’argent. Mais les Etats, où trouveront-ils l’argent ? L’économiste américain Nouriel Roubini, sur son blog, vient d’écrire que l’Angleterre pourrait faire faillite d’ici peu. La dette publique américaine est elle aussi passée de 3 à 13% du PIB. Les gens me répondent, « oui, mais la Chine et les pays du Golfe pourraient nous tirer d’affaire ». Cependant, depuis la chute des cours du pétrole, le Golfe a des problèmes et la Chine, elle, ne dispose que de 2000 milliards de dollars. Ce n’est pas grand-chose par rapport aux montants que je viens d’évoquer.

Ainsi, le scénario du pire est vraisemblable, celui d’une grave dépression et d’une inflation importante.

« Je le dis comme je le pense : le monde n’est pas loin de s’engager sur le chemin d’un Weimar planétaire. »

Pour échapper à ce scénario, ce grand économiste propose ni plus ni moins que l’Europe s’endette pour éponger les pertes de la finance folle.

Pour notre part, une réorganisation de fond en comble du système, par une procédure de faillite ordonnée de l’ensemble du système financier international est la seule issue.

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30 mai 2009

Qui veut réduire la population mondiale ?

Sous le titre « Le Club des milliardaires tente de juguler la croissance démographique », le Sunday Times du 24 mai a révélé la tenue d’une réunion secrète qui en dit long sur la volonté politique de l’oligarchie financière.

La rencontre, qui s’est tenue à New York le 5 mai dernier, a été organisée à l’initiative de Bill Gates, fondateur du monopole Microsoft, grand promoteur des simulateurs de meurtres sur ordinateur et parrain de Facebook, de Warren Buffet, spéculateur milliardaire et financier de la Fondation Gates, et de David Rockefeller. Au-delà de ces trois là, la petite sauterie a réuni Michael Bloomberg, maire de New York et fondateur de l’agence d’information financière du même nom ; George Soros, spéculateur et parrain du lobby de la drogue ; Peter Peterson, fondateur du groupe financier Blackstone et grand avocat de l’austérité budgétaire ; Julian Robertson, patron du fond Tiger Management ; John Morgridge, ancien pdg de Cisco Systems ; Eli Broad, spéculateur immobilier ; David Rockefeller Jr, fils du premier ; Ted Turner, fondateur de CNN ; et Oprah Winfrey, animatrice phare de la télé américaine.

La réunion a débuté par une présentation de chacun des participants sur la cause qu’il défend, mais très vite, nous apprend le Times, la discussion s’est transformée, sous l’impulsion de Bill Gates, en un consensus sur la « surpopulation », comme la cause supérieure qui englobe les autres. Un autre participant a confié qu’ils étaient aussi parvenus à un consensus pour mettre en place une stratégie « dans laquelle la croissance démographique serait attaquée comme menace écologique, sociale et industrielle ». Les participants ont souligné leur « besoin d’être indépendant des agences gouvernementales qui se révèlent incapables d’affronter le désastre que tous nous voyons venir ». De prochaines réunions sont d’ores et déjà prévues pour organiser la mise en œuvre de cette stratégie.

L’existence de cette réunion a d’abord été révélée le 20 mai par irishcentral.com puis par ABC News, le New York Times et le New York Post, mais aucun des ces médias n’avait rapporté cette volonté de soumettre la population humaine dans un plan d’action aux conséquences meurtrières.

Il est notable que toutes ces personnes soient de grands philanthropes, en particulier dans le domaine de la conservation de la nature, mais aussi pour les programmes humanitaires, où la charité privée et l’aide au développement a supplanté les grands projets d’infrastructures et les transferts technologiques, qui sont le seul chemin des peuples et des nations vers l’indépendance économique et la souveraineté politique.

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25 mai 2009

Analyse Mai 2009 : LA FIN PROGRAMMÉE DE LA DÉMOCRATIE

                   
LA FIN PROGRAMMÉE DE LA DÉMOCRATIE       

Un texte de Sylvain Timsit
       

      La fin programmée de la démocratie

        Le pouvoir a déjà changé de mains

      

Les véritables maîtres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d'institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales).
       
Or ces dirigeants ne sont pas élus, malgré l'impact de leurs décisions sur la vie des populations. Le pouvoir de ces organisations s'exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des états est limité à une dimension nationale.

        Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des états.

      

A dimension transnationale, plus riches que les états, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au dessus des lois et du pouvoir politique, au dessus de la démocratie.

      

Voici une liste des chiffres d'affaires de certaines multinationales, comparés avec le PIB des états. Elle en dit long sur la puissance planétaire que ces sociétés sont en train d'acquérir.

      

Une puissance toujours plus démesurée, du fait de l'accélération des fusions entre multinationales.

      

Chiffres d'affaires ou PIB, en milliards de dollars (1992)

      

General Motors 132,4

      

Indonésie 126,4

      

Danemark 123,5

      

Exxon (Esso) 115,7

      

Norvège 112,9

      

Afrique du Sud 103,6

      

Ford 100,1

      

Turquie 99,7

      

2

      

L'illusion démocratique

      

La démocratie a déjà cessé d'être une réalité.

      

Les responsables des organisations qui exercent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n'est pas informé de leurs décisions.

      

La marge d'action des états est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n'ont été ni consultés, ni informés.

      

Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique: le transfert du pouvoir des états vers des organisations non-élues, au moyen d'un processus appelé "mondialisation".

      

Une suspension proclamée de la démocratie n'aurait pas manqué de provoquer une révolution. C'est pourquoi il a été décidé de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres.

      

Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n'ont plus de pouvoir réel.

      

Et c'est bien parce qu'il n'y a plus rien à décider que les programmes politiques de "droite" et de "gauche" en sont venus à tant se ressembler dans tous les pays occidentaux.

      

Pour résumer, nous n'avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s'appelle "nouvel esclavage", avec sauce de droite pimentée ou sauce de gauche aigre-douce.

      

3

      

La disparition de l'information

      

Depuis le début des années 90, l'information a progressivement disparu des médias destinés au grand-public.

      

Comme les élections, les journaux télévisés continuent d'exister, mais ils ont été vidés de leur contenu.

      

Un journal télévisé contient au maximum 2 à 3 minutes d'information véritable. Le reste est constitué de sujets "magazine", de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

      

Les analyses par des journalistes spécialisés, ainsi que les émissions d'information ont été presque totalement éliminés.

      

L'information se réduit désormais à la presse écrite, lue par une minorité de personnes.

      

La disparition de l'information est le signe tangible que notre régime politique a déjà changé de nature.
      

      

4

      

La vraie réalité de l'argent

      

L'argent ne possède plus une base intangible comme du temps de l'étalon-or.

      

L'argent est aujourd'hui essentiellement virtuel. Il a pour réalité une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le "monde réel".

      

Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d'argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Grâce au jeu des marchés financiers (qui permet de transformer en bénéfices les oscillations des cours), les propriétaires d'actions peuvent être déclarés plus riches, par une simple circulation d'électrons dans des ordinateurs. Cette création d'argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie. Ce que la loi interdiT aux faux-monnayeurs, et ce que l'orthodoxie économique libérale interdit aux états, est donc possible et légal pour un nombre restreint de bénéficiaires.

      

La masse monétaire mondiale est censée représenter la richesse des pays.

      

Elle est en réalité sous-dimensionnée par rapport aux ressources humaines et au potentiel d’activité et de développement.
       
Ce potentiel demeure inemployé uniquement parce qu’ « n’y a pas assez d’argent », en d’autres termes parce que la masse monétaire est sous-dimensionnées.

      

La restriction artificielle de la masse monétaire constitue en réalité un instrument de pouvoir, une justification de la concentration des richesses entre les mains de certains, et de la réduction des autres en esclavage.
      

      

5

      

Stratégies et objectifs pour le contrôle du monde
      

      

Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Il se connaissent, se rencontrent, partagent les mêmes vues et les mêmes intérêts.

      

Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.

      

Il est dès lors naturel qu'ils s'accordent sur une stratégie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations économiques favorables à la réalisation de leurs objectifs, à savoir:

      

Affaiblissement des gouvernements. Déréglementation. Privatisation des services publics.

      

Désengagement total des états de l'économie, y compris des secteurs de l'éducation, de la recherche, et à terme de la police et de l'armée, destinés à devenir des secteurs exploitables par des entreprises privées.

      

Précarisation des emplois et maintien d'un niveau de chômage élevé, entretenu grâce aux délocalisations et à la mondialisation du marché du travail. Ceci accroît la pression économique sur les salariés, qui sont alors prêts à accepter n'importe quel salaire ou conditions de travail.

      

Réduction des aides sociales, pour accroître la motivation du chômeur à accepter n'importe quel travail à n'importe quel salaire. Des aides sociales trop élevées empêchent le chômage de faire pression efficacement sur le marché du travail.

      

Empêcher la montée des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde étaient mieux rémunérés, cela briserait le principe même des délocalisations et du levier qu'elles exercent sur le marché du travail et la société en occident. Ceci est donc un verrou stratégique essentiel qui doit être préservé à tout prix.

      

La fameuse "crise asiatique" de 1998 a été déclenchée dans le but de préserver ce verrou.
      

      

6

      

Les attributs du pouvoir

      

Les organisations multinationales privées se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des états: réseaux de communication, satellites (1), services de renseignements, fichiers sur les individus (2), institutions judiciaires (établies par l'OMC et l'AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traîner un état devant une cours de justice internationale spéciale).

      

L'étape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d'obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond à leur nouvelle puissance, en créant leurs propres forces armées, car les armées et polices nationales ne sont pas adaptées à la défense de leurs intérêts dans le monde.

      

A terme, les armées sont appelées à devenir des entreprises privées, des prestataires de services travaillant sous contrat avec les états, aussi bien qu'avec n'importe quel client privé capable de payer leurs services. Mais à l'étape ultime du plan, ces armées privées serviront les intérêts des grandes multinationales, et attaqueront les états qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre économique.

      

En attendant, ce rôle est assumé par l'armée des États-Unis, le pays le mieux contrôlé par les multinationales.

      

(1) Au cours des cinq prochaines années, Microsoft va lancer 288 satellites de communication qui constitueront le réseau TELEDESIC. D'autres compagnies multinationales s'apprêtent à créer des réseaux de satellites de communication similaires. Des satellites d'observation privés sont également déjà en place. Deux sociétés commercialisent des images à haute résolution de tout lieu de la planète susceptible d'intéresser les acheteurs.

      

(2) De nombreuses sociétés fondées ces dernières années (principalement aux États-Unis) sont spécialisées dans la collecte d'informations individuelles, officiellement à des fins commerciales. Mais ces fichiers privés commencent à rassembler des millions de rofils individuels très précis de consommateurs répartis dans l'ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues à quiconque souhaite les acheter.
      

      

7

      

Le point de non-retour écologique va être franchi

      

Il est évident que nous commençons à nous heurter aux limites écologiques de l'activité économique.

      

Un système économique libéral, dont le but est la recherche du profit à court-terme pour des intérêts particuliers, ne peut prendre en compte les coûts à long-terme tels que la dégradation de l'environnement.

      

Les modèles économiques actuels sont également inaptes à estimer à sa juste valeur la "production" de la nature, indispensable à notre survie: production d'oxygène, fixation du gaz carbonique par les forêts et les océans, régulation de la température, protection contre les rayonnements solaires, recyclage chimique, répartition des pluies, production d'eau potable, production d'aliments, etc.

      

Si nos modèles économiques intégraient le coût réel de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est "rentable" et de ce qui ne l'est pas.

      

La production de la nature a été évaluée à 55.000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l'Institute for Ecological Economics de l'Université du Maryland en 1997.
      

      

8

      

La destruction de la nature est voulue

      

La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi?

      

Pour 3 raisons:

      

1- La disparition de la nature et l'augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dépendants du système économique pour leur survie, et vont permettre de générer de nouveaux profits (avec notamment une consommation accrue de médicaments et de prestations médicales...).

      

2- Par ailleurs, la nature constitue une référence d'un autre ordre, celui de l'univers. La contemplation de la beauté et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l'individu à rejeter la laideur des environnements urbanisés, et à douter de l'ordre social qui doit demeurer la seule référence.

      

L'urbanisation de l'environnement permet de placer les populations dans un espace totalement controlé, surveillé, et où l'individu est totalement immergé dans une projection de l'ordre social.

      

3 - Enfin, la contemplation de la nature incite au rêve et intensifie la vie intérieure des individus, développant leur sensibilité propre, et donc leur libre-arbitre. Ils cessent dès lors d'être fascinés par les marchandises, ils se détournent des programmes télévisés destinés à les abrutir et à contrôler leur esprit. Délivrés de leurs chaînes, ils commencent à imaginer une autre société possible, fondée sur d'autres valeurs que le profit et l'argent.

      

Tout ce qui peut amener les individus à penser et à vivre par eux-mêmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l'ordre social est la spiritualité car elle amène l'individu à bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au détriment des valeurs et comportements précédemment implantés par le conditionnement social.

      

Pour la stabilité du "nouvel ordre social", tout ce qui peut stimuler l'éveil spirituel doit être éliminé.
      

      

9

      

Les alternatives de la dernière chance

      

Pour ne pas être définitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir économique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements écologistes) doivent répondre en se plaçant sur le même niveau d'organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, à l'échelle de groupes d'états pesant un poids suffisant dans les flux économiques mondiaux.
Il leur reste peu de temps pour réagir, car tous les éléments de contrôle nécessaires à une future dictature mondiale sont désormais en place.
      

      

10

      

2000 ans d'histoire

      

Durant ces deux derniers millénaires, la civilisation sera passée par quatre ères successives marquant quatre formes de pouvoir politique:

      

1 - L'ère des tribus

      

Pouvoir exercé selon la force (et plus rarement selon la sagesse ou la connaissance).

      

Comme chez les groupes d'animaux, le pouvoir revient au "mâle dominant".
      

      

2 - L'ère des empires et des royaumes

      

Pouvoir héréditaire. Naissance de la notion d'état.
      

      

3 - L'ère des états-nations

      

Ère ouverte par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne en 1689, par la révolution française en 1789, et par la fondation des États-Unis.

      

Dans un état-nation, le pouvoir n'est plus héréditaire mais exercé par des dirigeants censés représenter le peuple, et désignés par des élections (état-nation démocratique), ou par un système de cooptation au sein d'un parti unique (état-nation totalitaire).

      

4 - L'ère des conglomérats économiques

      

Ère initiée à partir de 1954, mise en place au cours des années 70 et 80, et pleinement opérationnelle à partir des années 90.

      

Le pouvoir n'y est plus de type représentatif ou électif, et il n'est plus localisé géographiquement (contrairement aux tribus, aux royaumes, et aux états-nations).

      

Il est exercé directement par ceux qui contrôlent le système financier et la production des marchandises. Les instruments de ce pouvoir sont le contrôle de la technologie, de l'énergie, de la monnaie, et de l'information.

      

Comme tout nouveau pouvoir, il s'érige en remplacement du pouvoir précédent, voué à disparaître.
       
Enfin, ce nouveau pouvoir est global, planétaire. Il n'a donc ni alternative, ni échappatoire. Il constitue un nouveau niveau d'organisation de la civilisation, une sorte de super-organisme.

      

La résolution de problèmes à dimension planétaire passe effectivement par l'avènement d'une forme de pouvoir global. De même, l'unification du monde par l'économie et le déclin des états-nations ont été décidés en partie pour une noble cause: rendre impossible une nouvelle guerre mondiale qui, à l'ère atomique, signifierait la fin de la civilisation.

      

Mais la question est de savoir au service de quels objectifs et de quels intérêts ce pouvoir global doit-il être, par qui doit-il être exercé, et par quels contre-pouvoirs doit-il être contrôlé et équilibré.
      

      

REFLEXIONS SUR LA NOTION DE POUVOIR

      

"En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi."
        Franklin D. Roosevelt
        Président des Etats Unis de 1932 à 1945

      

"Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité."

      

Nicholas Murray Butler
        Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)

      

"Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquête ou par consentement."

      

Paul Warburg
        Financier, membre du CFR (Council on Foreign Relations)
       
       

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21 mai 2009

Jean Ziegler : s’inspirer de la Déclaration d’indépendance américaine !

Au cours d’une conférence à Rennes, le jeudi 14 mai, l’écrivain et homme politique suisse, Jean Ziegler, membre du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, n’a pas mâché ses mots en dénonçant « l’ordre du monde du capitalisme globalisé » comme étant « meurtrier » et en appelant à un Tribunal de Nuremberg pour juger les responsables de la crise financière actuelle.

Jean Ziegler a présenté son dernier ouvrage, La Haine de l’Occident où il évoque, comme il l’a déclaré à Rue 89, la « remontée d’une haine raisonnée et argumentée qu’opposent les peuples du Sud à l’ordre du monde crée par l’Occident ». La cause : « aucun des buts du millénaire – réduction de la pauvreté et de la faim extrême, réduction de l’analphabétisme, de l’eau polluée, des épidémies qui frappent et qui dévastent le sud — n’est atteint, au contraire. Toutes les cinq secondes un enfant de moins de 10 ans meurt de faim, 5 000 personnes meurent chaque jour de faim ou de ses suites et 923 millions de personnes, un homme sur 6 sur la planète, sont gravement et en permanence sous-alimentées. »

Jean Ziegler trouve, cependant, que la crise actuelle nous ouvre « une extraordinaire chance », puisque « la légitimité de ce capitalisme de la jungle qui domine la planète depuis quinze ans a volé en éclats ». « Aujourd’hui on voit bien que c’était un mensonge pur et simple, le masque est tombé, et, derrière, apparaissent les vrais acteurs : des banquiers avides, obsédés par le gain, cyniques, arrogants, qui ont ruiné des économies entières parmi les plus puissantes. »

Mais, prévient Ziegler, « c’est la chance énorme de cette tragédie qui commence aujourd’hui, déclenché par les prédateurs de New York ». « Tout d’un coup les gens vont se réveiller en Occident. La France est une très vieille et vivante démocratie où l’information circule, où la presse est libre, et quand quelqu’un souffre, ils commencent à penser et de cette pensée peut naître un nouvel ordre mondial, un nouveau contrat social planétaire, dans le dialogue entre Nord et Sud, une justice, la fin de la faim, la fin du massacre du Sud par l’Occident. »

Ziegler qu’il était favorable à un tribunal de Nuremberg pour juger ses responsables. Allant plus loin cependant, il a incité les auditeurs à lire la Déclaration d’indépendance américaine qui cite, parmi les droits inaliénables de l’homme, le droit à la poursuite du bonheur. Il souligna qu’il est écrit dans cette déclaration, que lorsque les pouvoirs en place empêchent les gens d’accomplir cette poursuite du bonheur, les peuples ont le droit de les renverser. C’est cette magnifique déclaration, inspirée, non de Locke comme on le dit souvent, mais de Leibniz, qui fut l’étincelle qui déclencha la Révolution américaine, ainsi que la tentative avortée de révolution en France.

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17 mai 2009

La Caisse des dépôts enregistre la première perte de son histoire, Mai 2009

                        
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                Jeudi 16 avril 2009             

                                   

                       

La Caisse des dépôts enregistre la première perte de son histoire

       

Considérée comme le bras financier de l'État, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a enregistré une perte nette de 1,468 milliard d'euros en 2008, la première depuis la création de l'institution il y a près de 200 ans.

                       

                                    

AFP - La Caisse des dépôts (CDC) a enregistré en 2008 une perte nette de 1,468 milliard d'euros, sa première perte en près de 200 ans d'histoire, plombée par d'importantes provisions sur son portefeuille de participations, selon un communiqué publié jeudi.

Ces provisions, qui atteignent trois milliards d'euros, sont liées à la baisse de valeur des actions détenues par la Caisse des dépôts, du fait de l'effondrement des marchés boursiers à l'automne.

Le directeur général de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet, cité dans le communiqué, a souligné qu'il s'agissait de moins-values latentes et que ces actions n'avaient pas été vendues.

Pour lui, la perte de la CDC "porte la marque de l'engagement d'actionnaire de long terme de la Caisse des dépôts".

La CDC a précisé que hors éléments exceptionnels, soit sans ces provisions, le résultat net récurrent est positif, à 1,535 milliard d'euros.

Les fonds d'épargne, section distincte du reste du groupe qui gère notamment les ressources provenant du Livret A, ont dégagé un bénéfice de 108 millions d'euros, en forte baisse notamment du fait de dépréciations d'actifs.

                        

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16 mai 2009

Nature de la crise financière : Le système est conçu pour exercer un contrôle total sur les individus

Nature de la crise financière : Le système est conçu pour exercer un contrôle total sur les individus

Le Rapport de l’Iron Mountain revisité


Le 12 mai 2009

Ce qui m'impressionne dans la crise financière actuelle, c’est la l’absence quasi totale de soi-disant progressistes, pour apprécier l'ampleur de ce qui se passe ou le degré d'intelligence derrière elle. Combien diront, par exemple, que la débâcle a été manigancée délibérément, par la création puis la destruction des bulles d'investissement de la dernière décennie ?

Quand le système financier crée une bulle, il fait monter le prix des avoirs au-delà de leur valeur réelle en tant que richesse en production ou en stock. Quand la bulle éclate, la valeur des avoirs chute. Ceux qui ont des liquidités les achètent alors à bon marché. Quand la poussière est retombée, un peu plus de richesse a été concentrée dans moins de mains. Les riches s'enrichissent, et les gens ordinaires se retrouvent dans un état d'endettement plus profond, dans la pauvreté, et la pression s’exerce au bon plaisir des maîtres financiers.

Les progressistes pensent que le système devrait être « réformé. » Peut-être que le système bancaire a besoin d'être réglementé à nouveau ou même nationalisé. Peut-être serait-il possible aux familles confrontées à la perte de leur maison d’obtenir des mensualités de remboursement plus basses auprès du tribunal des faillites. Peut-être que le gouvernement plutôt que le secteur privé devrait gérer le prêt aux étudiants.

Ce que nous ne parvenons pas à reconnaître, c’est que le système lui-même est totalitaire. Cela signifie qu'il est conçu pour exercer un contrôle total sur la vie des individus. Nous sommes habitués à utiliser cette étiquette en pensant à des anachronismes de l’histoire, comme le Communisme ou le Fascisme. Nous ne comprenons pas que le Capitalisme mondialiste financier et le gouvernement qui le protège, le permet ou même le contrôle, sont aussi totalitaires.

Ce qui est arrivé au cours de la dernière année, quand le système financier a fait apparemment faillite pour renaître seulement grâce à l’énorme renflouage gouvernemental, fait partie d'un mouvement qui existe depuis des décennies, voire des siècles. La manière dont les contrôleurs travaillent a été étalée en 1967, quand Dial Press a publié la copie d’une fuite du Rapport de l’Iron Mountain. Il s'agissait d'une étude mise sur pied par une équipe d’universitaires et d’analystes, qui s’étaient rencontrés à New York, dans l'installation souterraine abritant le Hudson Institute.

Ce rapport commençait par assimiler la guerre à un principe central organisateur de la société. Il déclarait : « La guerre elle-même est le système social de base, dans lequel d'autres modes d'organisations sociales secondaires sont en conflit ou conspirent. C'est le système qui a gouverné la plupart des sociétés humaines connues, comme il le fait aujourd'hui. »

Le rapport disait que, « L'autorité fondamentale d'un État moderne sur sa population réside dans sa puissance militaire. » Il disait que toute défaillance de volonté de la part de la classe dirigeante pourrait entraîner une « véritable dissolution des institutions militaires. » L'effet sur le système serait, selon le rapport, « catastrophique. »

L'apparition de ce rapport a fait sensation lors de sa sortie au début de la guerre du Viêt-nam. Dans le gouvernement, les fonctionnaires n'ont pas fait de commentaire, et le rapport s'est évanoui dans l'histoire. Mais certaines de ses parties correspondent précisément à la situation en 2009.

Ceci parce que le rapport esquissait comment la population civile d'un pays développé pourrait être contrôlée, même en l'absence de grande guerre perturbant leur vie quotidienne. L’un de ces moyens était défini ainsi : « Un ... substitut possible au contrôle d’ennemis potentiels de la société est la réintroduction, sous une forme compatible avec la technologie moderne et la marche politique, de l'esclavage .... La mise au point d'une forme sophistiquée d'esclavage pourrait être une condition préalable absolue au contrôle social .... » (Cité dans Rule by Secrecy de Jim Marrs, 2000).

Nous voyons aujourd'hui le développement de ce genre de « forme sophistiquée d'esclavage. » Comment pourrait-on appeler autrement le système qui soumet la population à la hausse vertigineuse de l’endettement des individus et des ménages, à un écart grandissant entre les riches et les autres, à une guerre justifiée par la lutte contre le « terrorisme, » à l'érosion des libertés individuelles, à l’expansion incessante du pouvoir alloué aux militaires et à police, à l'écoute électronique généralisée, à l'absence totale pour les hommes politiques de l’obligation de rendre compte de leur malhonnêteté et délits, à des médias se consacrant exclusivement à la mise sur pied de la propagande, etc

Rien de tout cela ne semble être en déclin sous l’administration de Barack Obama. Même la reprise économique, que Obama tente d'organiser grâce à un énorme déficit budgétaire keynésien, est attendue par les économistes comme une nouvelle période de « chômage, » comme celle de 2002-2005. Naturellement, les chômeurs ou ceux qui craignent le chômage sont faciles à contrôler. Et la série permanente de guerres terrestres en Asie, provoquées par George W. Bush pour le contrôle des ressources et la puissance géopolitique contre la Russie et la Chine, se poursuivent sans relâche.

Rien de tout cela n’est accidentel. Comme le Rapport de l’Iron Mountain le précisait il y a quatre décennies, c'est ce qui a été prévu tout le temps.

Article original en anglais : The Nature of the Current Financial Crisis: The System is designed to exert Total Control over the Lives of Individuals, The Report from Iron Mountain Revisited, publié le 9 mai 2009.

Traduction : Pétrus Lombard.


Richard C. Cook est un ancien analyste du gouvernement fédéral qui écrit sur les questions de politique publique.
 Son livre « We Hold These Truths: the Hope of Monetary Reform » est maintenant disponible sur www.tendrilpress.com. Son site Internet est www.richardccook.com.


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LES ENJEUX DE LA CRISE FINANCIÈRE

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12 mai 2009

Crise systémique : le chaos

Lire l'article (Mondialisation.ca)

Un grand marché transatlantique à l’horizon 2015 (reseau voltaire)


Jean-Luc Mélenchon: "Le futur grand marché transatlantique"
par politistution

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13 avril 2009

La philosophie d'epicure, ecoutez et adoptez


Epicure, Lettre à Ménécée
par gaiffelet

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09 avril 2009

Conseils pour anticiper les prochaines étapes de la crise

 

Au moment où la crise sort de sa phase d’impact pour entrer en phase de décantation, et où les premières conséquences commencent à exploser dans de nombreux secteurs et régions, LEAP/E2020 a choisi pour ce GEAB N°30 d’avoir recours à un système de questions/réponses pour aider ses lecteurs à évaluer au mieux les prochaines étapes de la crise. 2009 constituera la première année du processus de réorganisation du système global hérité de 1945, 1971 et 1989. Il faut donc s’attendre à de considérables bouleversements et transformations à côté desquels ceux de 2008 ressembleront à une simple répétition. Nous avons donc regroupé les questions de nos lecteurs et d’un nombre croissant de journalistes du monde entier, pour tenter de rendre aussi conviviales que possible ces explications.

1. Cette crise est-elle différente des crises ayant précédemment affecté le capitalisme?
LEAP/E2020 : Lorsque, le 15 février 2006, nous avons forgé l’expression “crise systémique globale” dans le deuxième numéro de GEAB, nous avons défini ce concept comme une rupture générale de la gouvernance mondiale telle que nous l’avons connue ces dernières décennies (essentiellement depuis la 2° guerre mondiale). En effet, depuis 1945 – et plus particulièrement depuis 1989, le pilier de l’ “ordre mondial” est constitué par les Etats-Unis, se fondant sur un mélange de suprématie militaire et financière. Ce leadership est relayé par un certain nombre de pays Alliés, appartenant pour la plupart à l’OTAN (le Royaume Uni en particulier) plus le Japon. C’est cet « ordre mondial » qui s’effondre avec la crise systémique globale, pour être progressivement remplacé par une nouvelle architecture de gouvernance globale, impliquant plusieurs nouveaux acteurs et imposant une refonte complète de tous les outils de la gestion mondiale. Entre autres choses, comme nous l’avons anticipé depuis 2006, ceci signifie la fin du système financier organisé de manière pyramidale – Wall Street au sommet de la pyramide secondé par la City. Sur le front monétaire, la situation se résume à l’effondrement du “Mur Dollar », pour établir un parallèle avec celui du Mur de Berlin qui marqua en 1989 la fin de l’autre puissance dominante du monde de l’après 2° guerre mondiale, à savoir l’URSS.
D’après nous, la crise actuelle n’a rien à voir avec la fin du capitalisme ni même avec une quelconque crise du capitalisme. Elle a en revanche tout à voir avec la fin d’une ère politique marquée par la domination mondiale d’un seul pays, les Etats-Unis ; et jalonnée, depuis les années 1970 et Bretton Woods II, par une série d’aberrations et d’excès dans les domaines financiers et monétaires, dûe au fait que les Etats-Unis sont de moins en moins capables d’assumer leur rôle de pilier du monde. Atlas est épuisé et le monde qu’il porte se décompose.
La nature systémique de la crise permet d’éclairer un point important: la crise est en train d’affecter les bases mêmes de l’organisation globale existante dans les domaines de la finance, de la monnaie, de l’économie et de la politique ; elle vient de problèmes anciens qui n’ont pas été résolu en temps utile (comme expliqué ci-dessus) ; par conséquent, aucune solution de court-terme, par plus que « plus de mesures du même genre » ne sont en mesure d’enrayer le développement de la crise.
Une tendance cependant semble émerger nettement de la phase d’impact de la crise : l’équilibre entre intérêts publics et privés évolue durablement vers un modèle européen ou asiatique, avec notamment un retour des autorités publiques/étatiques, pas seulement en matière de régulation mais aussi dans le domaine des services publics. La privatisation des services publics, la gestion privée des biens collectifs et des services, sont en passe de devenir des idées aussi obsolètes que le contrôle collectif des moyens de production l’est devenu depuis la chute du Rideau de Fer. Le discours dominant des élites éduquées à l’ “Occidendale » ces deux dernières décennies appartient déjà au passé. 2008 a fourni les premiers signes de cette tendance, 2009 clouera leur cercueil intellectuel.



Evolution de la base monétaire des Etats-Unis et indication des crises majeures corrélées (1910 – 2008) - Source : Federal Reserve Bank of Saint Louis / Mish's Global Economic Trends Analysis

Evolution de la base monétaire des Etats-Unis et indication des crises majeures corrélées (1910 – 2008) - Source : Federal Reserve Bank of Saint Louis / Mish's Global Economic Trends Analysis

2. Cette crise est-elle différente de la crise des années 1930 ?
LEAP/E2020 : Comme le suggère la réponse précédente, les racines de la crise sont fondamentalement différentes de celles de la crise des années 1930. En 2007, nous avons intitulé la crise en gestation la “Très Grande Dépression américaine” pour insister sur le fait qu’il s’agissait d’une crise des Etats-Unis et de leur position dans le monde. En utilisant le mot « dépression » au lieu de « récession », nous voulions indiquer qu’il s’agirait d’une crise socio-politique autant que financière et économique. Et en ajouter l’adverbe « très », nous soulignions que cette crise serait de bien plus grande ampleur que la « Grande Dépression ». On compte en effet trois grandes différences entre les contextes respectifs de la crise des années 30 et de celle qui nous occupe :
Premièrement, le monde d’aujourd’hui est beaucoup plus intégré que dans les années 1930 ; par conséquent, cette crise-ci est réellement la première crise vraiment globale. Celle des années 1930 était en fait essentiellement limitée aux Etats-Unis et à l’Europe.
Deuxièmement, nos sociétés dépendent beaucoup plus de la sphère financière qu’il y a 80 ans. Le crédit (en particulier le crédit à la consommation) est la clé de la croissance de nos PNB depuis plusieurs décennies, et donc l’impact de la débâcle financière affectera plus profondément et plus durablement nos sociétés qu’il y a 70 ans.
Troisièmement, les Etats-Unis – qui sont l’épicentre de la crise globale actuelle – étaient une puissance ascendante dans les années 1930 alors qu’ils sont maintenant une puissance en déclin. L’impact de la crise va donc renforcer les tendances négatives qui affectent aujourd’hui les Etats-Unis alors que, dans les années 1930, l’impact de la crise s’est trouvé considérablement amorti par les tendances positives qui affectaient par ailleurs les Etats-Unis.
En résumé, depuis près de trois ans maintenant, LEAP/E2020 n’a cessé de répéter que la crise serait plus forte et plus longue que dans les années 1930, en particulier pour les Etats-Unis qui en sont l’épicentre mais aussi pour tous les pays fortement liés aux sphères économiques et stratégiques des Etats-Unis. La déroute financière et économique du Royaume-Uni, symbolisée par l’effondrement de la Livre Sterling, illustre parfaitement cette analyse.

3. La crise est-elle aussi grave en Europe et en Asie qu’aux Etats-Unis ?
LEAP/E2020 : La différence principale se situe entre, d’une part, les Etats-Unis (et tous les pays directement liés comme le Royaume Uni, le Canada, le Mexique, Israël…) et, d’autre part, la zone Euro et le cœur de la puissance économique asiatique (Chine, Japon, Corée du sud).
Les Etats membres de l’UE hors de la zone Euro seront frappés plus durement que ceux de la zone Euro, comme nous l’avons déjà expliqué dans plusieurs GEAB. Et ceux d’entre eux qui dépendent le plus du système économique et financier des Etats-Unis (comme le Royaume-Uni, ou la Suisse pour ce qui est du domaine financier), seront au moins aussi affectés que les Etats-Unis, voire davantage. Au sein de la zone Euro, nous assisterons à une récession « normale » ou plus probablement à une stagnation ou stagflation d’ampleur réduite, avec une croissance comprise entre -1 et +1% jusqu’en 2011 ; alors qu’en ce qui concerne les Etats-Unis, on parle de dépression de longue durée (environ une décennie, d’après les analyses développées dans le GEAB N°23), avec une croissance négative de -2% en moyenne pour les 2/3 prochaines années, impliquant troubles sociaux, perte d’influence globale, etc… Le Royaume Uni suivra un schéma identique.
Pour faire simple : au sein de la zone Euro, en moyenne et contrairement aux Etats-Unis (et au Royaume Uni), nous ne prévoyons pas de désindustrialisation sur une décennie, de bulle immobilière démesurée, d’effondrement des principales institutions financières, de renflouage général de nombreuses grandes entreprises dans différents secteurs (banques, assurances, usines…), de situation déficitaire à tous les niveaux (collectivités locales, état, ménages, commerce, paiements…), etc… Les conséquences de la crise pour la zone Euro sont de “nature gérable” même par des responsables de qualité médiocre comme c’est le cas actuellement (bien entendu, ce serait mieux de bénéficier d’un excellent leadership) ; tandis qu’aux Etats-Unis et au Royaume Uni, à moins que des politiques de dimension historique n’émergent au cours des 6 prochains mois, la crise est condamnée à suivre une trajectoire tragique.
En Asie, ou plus précisément au cœur du triangle de puissance Chine-Japon-Corée du sud, la situation est intermédiaire entre les Etats-Unis et la zone Euro. En 2009, cette région enregistrera certainement un important ralentissement, comparable à une forte récession compte tenu des besoins en matière de croissance (même si les chiffres de croissance restent positifs, ils ne seront pas assez importants pour répondre aux besoins de la région en matière d’emploi par exemple). LEAP/E2020 tend à considérer ces trois pays comme une entité commune ; nous anticipons en effet qu’en 2009/2010, en raison de la crise, ils vont devoir se rapprocher considérablement les uns des autres s’ils veulent stimuler leur propre sauvetage. Après un choc puissant en 2009, ils devront agir rapidement dans le sens d’une croissance régio-centrique. Ce processus se passera bien sûr aux dépends des liens qui relient actuellement chacun d’entre eux aux Etats-Unis.


Evolution de la répartition en matière d’émission d’obligations d’état en Europe (en euros) 09/2008 (à gauche) vs moyenne 09/2007-08/2008 (à droite) -Source : Banque centrale Européenne

Evolution de la répartition en matière d’émission d’obligations d’état en Europe (en euros) 09/2008 (à gauche) vs moyenne 09/2007-08/2008 (à droite) -Source : Banque centrale Européenne

4. Les mesures entreprises actuellement par les Etats du monde entier sont-elles suffisantes pour juguler la crise ?
LEAP/E2020 : Lorsque les Etats prennent des mesures pour empêcher leurs principales banques de faire faillite en y injectant des financements publics et en exigeant d’être représentés au sein de leur conseil d’administration, nous pensons que ce sont de bonnes mesures d’urgence. Mais lorsque, au contraire, ils se mettent à acheter des actifs pourris et/ou qu’ils n’exigent pas de siéger aux conseils d’administration (alors que des financements publics ont été injectés), nous estimons que ce sont des mesures insuffisantes. Le rachat d’actifs pourris ne fait que repousser en direction de l’Etat (et in fine du contribuable) le coût de la sortie de crise, sans apporter la moindre stimulation à l’économie. Cela consiste simplement à sauver ceux qui ont commis des erreurs sur le dos des contribuables.
Ne pas entrer au conseil d’administration des banques et décider ainsi donc de ne pas avoir d’influence sur les décisions de ces banques, rend d’autant plus probable que dans quelques mois, parce que ces mêmes banques n’auront pas remis en route les crédits qu’ils ont promis, elles devront être entièrement nationalisées. Comme nous l’avons expliqué dans une autre partie de ce numéro du GEAB, nous pensons que les principales banques sont face à un risque de complète nationalisation d’ici le printemps si elles ne sont plus en mesure de remplir leur rôle de prêteur.
En Europe, les gouvernements sont en train de s’approprier la part du lion en matière d’émission d’obligations d’état, comme le montre le tableau ci-dessus. A un certain point, ces gouvernements décideront d’aller plus loin et de se substituer aux banques qui ne réagissent pas rapidement.
D’après LEAP/E2020, pour limiter de manière significative les conséquences et la durée de la crise, il existe trois priorités à aborder au cours des 2/3 prochains mois dans cet ordre précis :
. préparer les systèmes sociaux à une énorme vague de chômage en 2009/2010 afin qu’ils soient en mesure de faire face à une augmentation du nombre de chômeurs et de la durée des périodes de chômage
. empêcher la faillite des collectivités locales et /ou une réduction importante de leurs investissements/services/salaires
. lancer des plans d’investissement en infrastructures pour, dans un an, avoir créé de nombreux emplois en ayant adapté nos infrastructures au monde de demain.


Evolution de la répartition en matière d’émission d’obligations d’état en Europe (en euros) 09/2008 (à gauche) vs moyenne 09/2007-08/2008 (à droite) -Source : Banque centrale Européenne

Evolution de la répartition en matière d’émission d’obligations d’état en Europe (en euros) 09/2008 (à gauche) vs moyenne 09/2007-08/2008 (à droite) -Source : Banque centrale Européenne

En complément de notre réponse concernant l’impact comparatif de la crise sur les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie, nous souhaitons ici souligner que la présence de systèmes sociaux développés en Europe constitue un énorme atout par rapport aux continents qui ne disposent pas de tels systèmes. En 2009 en effet, les autres continents seront confrontés au dilemme suivant : devoir créer quasiment ex-nihilo des systèmes de protection sociale (indemnités de chômage et couverture santé, pour l’essentiel) ou bien se retrouver confronté à des troubles sociaux de grande échelle.


Mercredi 08 Avril 2009

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Le marche immobilier en France, vire au crash pour les pros

Marché immobilier, ça baisse dans tous les coins

Tendance. Depuis an, les transactions et les prix ont fortement chuté dans plusieurs villes.

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TONINO SERAFINI

Maison à vendre à Lille, en janvier 2009.

Maison à vendre à Lille, en janvier 2009. (AFP/Archives)

 

L’immobilier décroche. L’ampleur du retournement est telle qu’elle se mesure avec des statistiques à deux chiffres. En 2008, le nombre de transactions a baissé de 20 % : au total 746 400 ventes ont été conclues l’an dernier, contre 929 300 en 2007, selon des chiffres rendus publics hier par le Conseil supérieur du notariat (CSN). Loin de s’améliorer, la conjoncture dans ce secteur prend désormais des allures de débâcle : le nombre de transactions en janvier-février a chuté de 37 % comparé à la même période en 2008.

Aucune ville ne semble épargnée, y compris les marchés réputés les plus solides. A Paris, place forte de l’immobilier s’il en est, c’est la berezina : les ventes réalisées en janvier 2009 ont dégringolé de 47 % par rapport au même mois l’an dernier. Tous les segments du marché sont concernés : les maisons, les appartements, le neuf, l’ancien.

Mauvais cap. On est loin de l’«atterrissage en douceur» qu’escomptaient les professionnels il y a encore un an et demi, lorsque le marché a commencé à manifester des signes d’essoufflement après dix années de hausse. Entre 1997 et 2007, les prix des maisons et des appartements ont plus que doublé, écartant un nombre croissant d’acquéreurs dans l’impossibilité de suivre cette hausse effrénée, y compris en s’endettant pendant parfois trente ans. Aujourd’hui, le retournement semble à la hauteur des excès passés. L’atterrissage vire au crash. «Au point de mettre en péril l’équilibre économique de certains offices notariaux […], dont l’équilibre repose sur le nombre de ventes immobilières», admet le président du CSN, Me Jean-Pierre Ferret. Près de 1 000 emplois (sur les 50 000 collaborateurs que comptent les 4 500 études notariales) ont été supprimés, surtout par le non-remplacement des partants à la retraite. Des notaires ont recours à «des prêts conjoncturels et à des prêts de trésorerie» auprès de la Caisse des dépôts pour passer ce mauvais cap.

Ce dur retour à la réalité au terme de dix années fastueuses vaut aussi pour les agents immobiliers. Ces derniers font état d’une baisse du chiffre d’affaires de 30 % en moyenne en ce début 2009 par rapport à 2008, selon une enquête réalisée par la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier), auprès de 480 adhérents et publiée hier. Eux aussi ont réduit les effectifs de 11 %, face à une chute des ventes moyennes «de 25 % au cours des deux premiers mois de 2009 comparé à la même période en 2008», commente Gilles Ricour de Bourgies, un des responsables de la Fnaim.

Pour vendre un bien, il faut désormais cinq mois contre trois mois précédemment. Un tiers des agents immobiliers qui ne faisaient jusqu’ici que de la transaction déclarent s’être diversifiés dans l’activité locative pour trouver d’autres recettes. Enfin, face à la difficulté de trouver des acheteurs, 51 % des vendeurs «sont ouverts à renégocier une baisse des prix» de leur bien, indique l’enquête. «Le marché a intégré le repli des prix», souligne René Pallincourt, le président de la Fnaim. Selon lui, les vendeurs ont compris qu’ils doivent accepter de vendre leur bien à un niveau «inférieur à celui qu’ils s’étaient fixé initialement».

Divergence. L’Observatoire des marchés de l’ancien de la Fnaim, également publié hier, fait état d’une baisse des prix de l’immobilier ancien de 9,8 % en moyenne nationale entre le premier trimestre 2009 et le premier trimestre 2008. Cette tendance devrait se poursuivre sur le reste de l’année.

Dans l’Observatoire de la Fnaim, de nombreuses grandes villes affichent des baisses supérieures à 10 %, notamment à Aix-en-Provence, Cannes, Grenoble, Toulon (voir la carte). Mais, parfois, les chiffres de la Fnaim divergent avec ceux des notaires. Ainsi, pour Paris, la Fédération d’agents immobiliers annonce une baisse des prix de 4,9 % pour l’année 2008, alors que les notaires font état d’une très légère hausse de 2,5 %. Quoi qu’il en soit, même les notaires admettent que le reflux des prix arrive. Il devrait être de - 5 % à - 10 % cette année. Les acheteurs de la capitale vont être contents.

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07 avril 2009

OCDE : la plus grave récession de mémoire d’homme

OCDE : la plus grave récession de mémoire d’homme

   

 

   

1er avril 2009

         

         

Les graphiques établis par l’OCDE pour faire le point sur la situation à l’approche du G20 permettent de juger rapidement de l’ampleur exceptionnelle d’une récession à l’échelle mondiale que les analystes de l’organisation décrivent comme « la plus profonde et la plus synchronisée de mémoire d’homme ». Activité économique, production industrielle, commerce international, crédit, secteur immobilier, chômage, déficits budgétaires, tous les indicateurs sont - ou vont - passer au rouge. Cette crise est déjà plus forte que celles qui avaient suivi les deux chocs pétroliers, et l’OCDE prévoit qu’elle devrait s’aggraver encore durant l’année, provoquant une contraction de l’activité comprise en 4 et 7% sur l’ensemble des pays appartenant à l’organisation. Une grande incertitude continue de régner, jugent les analystes, car les prévisions publiées dépendent de la réussite de l’assainissement du secteur financier avant la fin de l’année. Mais comme le notait Munchau, l’OCDE s’inquiète que le ralentissement ne détériore encore la solvabilité des établissements et elle précise que ses prévisions pourraient également être remises en cause par une crise monétaire ou une crise bancaire touchant les pays européens de l’est ou les pays émergents. Nous avons sélectionné les principaux indicateurs publiés par l’OCDE.

        

Contre Info, 1er avril 2009

Ci dessus : Un écart de production sans précédent - Différence entre le potentiel économique (estimé) et l’activité réelle

La croissance s’est effondrée - PIB réel, corrigé de l’inflation

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Le ralentissement sur deux trimestres consécutifs le plus marqué depuis l’après guerre - Comparaison par rapport aux précédentes récessions.

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Une récession synchronisée - pourcentage de pays de l’OCDE subissant un ralentissement

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Plongeon de la production industrielle

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Effondrement du commerce mondial - Taux de croissance trimestriel annualisé, 1970 à aujourd’hui

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Augmentation du chômage - Projections

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Taux de chômage

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Crédit

Forte contraction du crédit

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Durcissement des conditions d’octroi de crédit

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Immobilier

USA : Augmentation des saisies et des défauts ou retards de paiements

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Chute marquée du nombre de permis de construire - Période octobre à janvier, variation par rapport à l’année précédente

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Baisse des prix dans l’ensemble des pays

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Inflation

Baisse marquée de l’inflation

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Risque déflationniste

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Déficits publics

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Synthèse des prévisions

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