28 juin 2009
Le plan Bilderberg 2009 : réformer l’économie politique mondiale
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par Andrew Gavin Marshall |
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Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la « régler ». L’objectif : la restructuration de l’économie politique mondiale Avant le début de la rencontre, le journaliste d’enquête Daniel Estulin a fait un reportage sur le principal point à l’ordre du jour, que lui ont divulgué ses sources à l’interne. Bien que de tels reportages ne puissent être vérifiés, ses sources, ainsi que celles de Jim Tucker, traqueur vétéran du Groupe Bilderberg, ont fait preuve d’une extrême justesse par le passé. Il semblerait que le thème principal de la conférence cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient ». À l’ordre du jour figuraient d’autres sujets dont un plan pour « continuer à tromper des millions d’épargnants et d’investisseurs croyant au battage autour de la prétendue reprise économique. Ils sont sur le point de faire face à des pertes massives et à d’éprouvantes difficultés économiques dans les mois qui viennent ». Il y aura également « des pressions ultimes visant à promulguer le traité de Lisbonne, dépendant du vote irlandais en sa faveur en septembre ou en octobre [1] », ce qui donnerait à l’Union européenne d’énormes pouvoirs sur les pays membres en faisant d’elle un gouvernement régional supranational, reléguant chaque pays à un statut davantage provincial. Peu
après le début des réunions, le traqueur Jim Tucker signalait que ses
sources à l’interne avaient révélé que le groupe a comme priorité « la
planification d’un département mondial de la santé, d’une trésorerie
mondiale et d’une courte dépression plutôt qu’un long déclin
économique ». Tucker rapportait que Carl Bildt, ministre suédois des
Affaires étrangères et ancien premier ministre, « a fait un discours
encourageant la transformation de l’Organisation mondiale de la Santé Daniel
Estulin rapportait après les réunions que « selon lui, l’une des
principales préoccupations du club Bilderberg est le danger que leur
zèle à réformer le monde en engendrant le chaos afin d’implanter leurs
objectifs à long terme ne mène à une situation hors de contrôle et
qu’elle entraîne tôt ou tard un scénario où Bilderberg et l’élite
mondiale en général sont dépassés par les événements et finissent par
perdre leur contrôle sur la planète [3] ». Le 21 mai, la Macedionian International À
la rencontre secrète dont il est question « une douzaine des personnes
les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se
sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter
de dons d’argent ». La conférence se tenait à l’Université Rockefeller
et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett,
le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah
Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a
déclaré qu’« elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une
réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis
longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont
lancé une invitation et les gens sont venus ». L’éditrice de Chronicle
of Philanthropy, Stacy Palmer, a déclaré : « Vu la gravité de la
conjoncture économique, je ne crois pas qu’il soit surprenant que ces
philanthropes se soient réunis. Il n’est pas typique qu’ils se
rencontrent et se demandent des conseils », a-t-elle ajouté. Les trois
hôtes de la rencontre étaient Bill Gates, Warren Buffett et David
Rockefeller [5]. [Voir appendice 2 Bilderberg Connections to the
Billionaire’s Meeting]. Membre fondateur de Bilderberg David Rockefeller, président honoraire du Council on Foreign Relations, président honoraire et fondateur de la Commission Trilatérale président du Council of the Americas et de la Americas Society ancien président et PDG de Chase Manhattan. À
la réunion, « les participants ont refusé catégoriquement de révéler le
contenu de la discussion. Certains ont cité une entente visant à garder
la rencontre confidentielle. Les porte-parole de MM. Buffett,
Bloomberg, Gates, Rockefeller, Soros, de Mme Winfrey et d’autres ont
scrupuleusement refusé de commenter, bien que quelques-uns aient
confirmé leur présence [6]. » Des reportages indiquent qu’« ils ont
discuté de la façon d’aborder la crise mondiale et d’élargir leurs
activités charitables pendant le déclin [7]. » Le journal Times du Royaume-Uni rapportait que ces « éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement ». Fait intéressant, « la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“ ». En outre, « on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts ». Ils ont par ailleurs « convenu que la surpopulation était une priorité ». Ultimement, « ils ont atteint un consensus selon lequel ils cautionneraient une stratégie où la croissance de la population serait taxée de potentielle menace environnementale, sociale et industrielle désastreuse [et qu’ils] doivent être indépendants des agences gouvernementales, lesquelles sont incapables de contrer le désastre imminent [qu’ils] voient tous ». Un des invités a déclaré qu’« ils désiraient discuter de riche à riche sans craindre que ce qu’ils disent se retrouve dans les journaux, les dépeignant comme un gouvernement mondial de rechange [8]. »
Un rapport a fuité Daniel Estulin aurait reçu de ses sources au sein de Bilderberg un résumé de la réunion de 73 pages destiné aux participants et révélant de sérieux désaccords parmi ceux-ci. « Les partisans de la ligne dure sont favorables à un déclin dramatique et à une dépression courte et sévère, mais d’autres pensent que les choses sont allées trop loin et que les retombées du cataclysme économique mondial ne peuvent pas être calculées avec exactitude si le modèle de Henry Kissinger est choisi. » Richard Holbrooke est l’un d’eux, mais on ignore pour l’instant si sont point de vue est en fait celui d’Obama. » La vision du consensus était que la récession empirerait et que la reprise serait « relativement lente et prolongée » et de chercher ces termes dans la presse durant les semaines et les mois à venir. M.
Estulin rapportait « que face au spectre de leur propre mort
financière, certains éminents banquiers européens sont extrêmement
préoccupés et qualifiaient cet exercice de haute voltige
d’« insoutenable », et affirmaient que les déficits budgétaire et
commercial pourraient engendrer l’effondrement du dollar ». Un membre
de Bilderberg a admis que « les banques mêmes ne savent pas quand [le
fond sera atteint] ». Tous paraissaient s’entendre sur le fait que « le
niveau de capital dont les banques étatsuniennes ont besoin pourrait
être considérablement plus élevé que ce que le gouvernement états-unien
a suggéré lors de ses récents tests de tension ». De plus, « quelqu’un
du FMI a souligné que sa propre étude sur les récessions historiques
suggère que les États-Unis ne sont rendus qu’au tiers de celle-ci. Par
conséquent, les économies s’attendant à se rétablir grâce à la
résurgence de la demande provenant des États-Unis devront attendre
longtemps. » Un des participant à déclaré que « les pertes en capitaux
propres en 2008 étaient pires que celles de 1929 [et que] la prochaine
phase du déclin économique sera également pire que dans les années
1930, surtout parce que les États-Unis sont chargés d’une dette
excessive d’environ 20 billions de dollars. L’idée d’un boom
[économique] sain constitue un mirage jusqu’à ce que cette dette soit
éliminée [9] ». Selon
Jim Tucker, le Groupe Bilderberg travail à la tenue d’un sommet en
Israël du 8 au 11 juin, où « les experts internationaux en
réglementation [pourront] aborder la situation économique actuelle dans
un forum ». En ce qui a trait aux propositions de Carl Bildt concernant
la création d’une trésorerie et d’un département de la santé mondiaux
menés par les Nations Unies, le FMI deviendrait le Trésor mondial alors
que l’Organisation mondiale de la Santé Le
FMI aurait envoyé un rapport au Groupe Bilderberg préconisant son
ascension à titre de département mondial du Trésor et « le secrétaire
étatsunien au Trésor Timothy Geithner a cautionné ce plan avec
enthousiasme, bien qu’il n’ait eu aucune assurance qu’il en serait le
dirigeant ». Geithner a ajouté qu’« [ils] espéraient pouvoir travailler
avec l’Europe à un cadre mondial, à une infrastructure mondiale pouvant
effectuer une surveillance mondiale [10] ».
Le plan Bilderberg en marche? Réformer la Réserve À
la suite de la rencontre du Bilderberg, plusieurs participants renommés
ont fait des annonces intéressantes, particulièrement concernant la
réorganisation de la Réserve la Fed la Securities Mercredi
le 20 mai, Geithner a parlé devant le Comité des banques du Sénat
(Senate Banking Committee), où il a déclaré que« des signes importants
montrent que notre système financier commence à se rétablir ». À propos
de la réglementation du système financier, il a ajouté : « Nous devons
nous assurer que les règles financières internationales et les standard
élevés que nous implanterons aux États-Unis sont cohérents [12]. »
Le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner, ancien président de la Federal Reserve
Un article de Bloomberg révélait ceci : « L’administration Obama pourrait demander qu’on retire à la SEC la Fed La Fed la SEC la SEC Par
ailleurs, on rapportait que « le secrétaire au Trésor Geithner était
prêt à discuter de propositions pour changer les règles financières
hier soir à un dîner en compagnie du directeur du Conseil économique
national, Lawrence Summers, de l’ancien président de la Fed Paul la SEC Arthur La Réserve la Federal Reserve Comme le mentionnait Market Watch, une publication en ligne du Wall Street Journal, « la Réserve la Fed la Fed la Fed
L’objectif de Bilderberg visant à créer un trésor mondial avait déjà été mis en oeuvre avant leur réunion, avec les décisions prises lors du sommet financier du G20 en avril. Si le G20 semblait vouloir créer cette trésorerie en en faisant plutôt une banque centrale mondiale, il est probable que le FMI puisse assumer les deux rôles.
Après la réunion du G20 au début d’avril 2009, on mentionnait que « le monde a fait un pas de plus vers une monnaie mondiale, financée par une banque centrale mondiale, dirigeant une politique monétaire pour toute l’humanité », puisque le communiqué publié par les leaders du G20 indiquait : « Nous nous sommes mis d’accord pour soutenir une allocation générale de DTS, lesquelles injecterons 250 milliards de dollars (170 milliards de livres) dans l’économie mondiale et augmenterons la liquidité. Les DTS sont des droits de tirage spéciaux, un papier monnaie synthétique émis par le Fonds monétaire International qui dormait depuis un demi siècle. » Au fond, « il mettent en jeu une monnaie mondiale de facto. Elle n’est contrôlée par aucune entité souveraine [15] ». [Voir annexe 2: Creating a Central Bank of the World]
À la suite de la réunion de Bilderberg, « le président Obama a demandé au Congrès d’autoriser 100 milliards de dollars en prêts au FMI pour aider à la création d’un fonds de sauvetage mondial de 500 milliards », ce qui donnerait à cette institution le privilège exclusif essentiel d’un trésor mondial fournissant de l’aide financière aux pays dans le besoin autour du globe. De plus, « le projet de loi permettrait au FMI d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars des États-Unis et d’augmenter sa contribution fiscale à l’organisation de 8 milliards ». Plus en détail sur le programme, on a mentionné que « les leaders internationaux ont commencé à mettre en œuvre l’initiative d’aide financière mondiale appelé Nouveaux accords d’emprunts (NAE) au sommet du G20 en avril. Le président a accepté à ce moment là de mettre les fonds additionnels à disposition. » Obama a écrit : « Le secrétaire au Trésor Geithner a conclu que la taille des NAE est lamentablement inadéquate pour affronter la nature grave de la crise économique et financière que nous vivons et je suis d’accord avec lui [16] ». En ce qui a trait à la décision du G20 d’accroître l’usage des DTS du FMI, créant une monnaie mondiale de facto, on rapportait que « l’Afrique subsaharienne recevra environ 10 milliards du FMI en DTS afin d’aider ses économies à surmonter la crise financière mondiale. Dans le cadre d’un accord de 1,1 billion de dollars conclu au sommet du G20 en avril et visant à lutter contre le déclin économique mondial, le FMI émettra l’équivalent de 250 milliards de DTS, qui pourront servir à augmenter les réserves de devises étrangères ». Des reportages récents ont également indiqué que le rôle du FMI dans l’émission des DTS va de pair avec la discussion de Bilderberg sur l’effondrement du dollar étatsunien et que « le fait de transformer l’étalon dollar en système basé sur les DTS constituerait une rupture avec la politique en vigueur depuis plus de 60 ans ». On signalait également ceci : « Il existe deux façons de réduire le rôle du dollar dans le système monétaire international. Une des possibilités serait son érosion graduelle comme monnaie de réserve en fonction du marché et en faveur de l’euro. Toutefois, même si le rôle international de l’euro a augmenté depuis son inauguration, particulièrement dans les marchés financiers, il est difficile d’envisager qu’il surpasse le dollar comme monnaie de réserve dominante dans un avenir rapproché. » Cependant, « puisque qu’il est improbable que l’hégémonie du dollar soit minée par les forces du marché, du moins à court ou moyen terme, la seule façon de provoquer une réduction majeure de son rôle comme monnaie de réserve assez rapidement est au moyen d’un accord international ». C’est là où les DTS entrent en jeu puisque « une façon d’[en] faire rapidement la principale monnaie de réserve serait de créer et d’allouer aux membres du FMI d’énormes sommes de DTS [18] ». Fait intéressant, c’est exactement ce qui se produit actuellement en Afrique avec le FMI. L’ancien
directeur général du FMI Jacques de Larosière a récemment déclaré que
la crise financière actuelle, « compte tenu de son envergure, offre une
chance unique d’améliorer les institutions et il y a déjà un risque de
la rater si les différents acteurs n’arrivent pas à s’entendre sur les
changements avant que la croissance économique ne reprennent ». Il est
maintenant conseiller pour BNP Paribas, une compagnie fortement
représentée aux réunions de Bilderberg, et il a été à la tête du Trésor
de la France
Le
journal britannique Guardian a été le seul des grands quotidiens
dominants à couvrir la réunion à chaque instant au cours de la fin de
semaine. Les premières rubriques de Charlie Skelton étaient satiriques
et légèrement railleuses, en faisant allusion à l’événement comme « un
long weekend dans un hôtel de luxe, où les élites du monde peuvent se
serrer la main, faire tinter leurs verres, mettre au point leurs
projets mondiaux, se disputer à propos de celui qui possède la
meilleure chaise longue. Je suppose que Henry Kissinger fait apporter
la sienne par hélicoptère et la fait surveiller par une équipe
d’opérations spéciales de la CIA [20] ». Mais au courant de la fin de
semaine, le journaliste a changé de ton. La samedi il a déclaré : « Je
sais que je me fais suivre. Je le sais car je viens de discuter avec le
policier en civil que j’ai surpris en train de me filer. » Il a aussi
été arrêté à deux reprises la première journée des réunions pour avoir
tenté de prendre des photos alors que les limousines arrivaient à
l’hôtel [21]. Il a mentionné plus tard qu’il n’était pas certain de ce dont ils discutaient à l’intérieur de l’hôtel, mais qu’il « sentait qu’il y avait quelque chose de corrompu en Grèce. Il a ajouté qu’« en trois jours [il] était devenu un suspect, un fauteur de trouble, un indésirable, [qu’il] se sentait mal à l’aise, fatigué et un peu craintif ». Il poursuit en écrivant « Bilderberg c’est une question de contrôle. Tout tourne autour de "qu’est ce que nous devrions faire ensuite?" Nous dirigeons déjà plein de trucs, et si on en dirigeait plus? Et si on en facilitait la maîtrise? Rendre le tout plus efficace. L’efficacité c’est bien. Ce serait tellement plus facile avec une seule banque, une seule monnaie, un seul marché, un seul gouvernement. Et s’il n’y avait qu’une seule armée? Ce serait vraiment super. Nous n’aurions alors plus de guerre. Ce cocktail de crevettes est BON. Et s’il n’y avait qu’une seule façon de penser? Et si Internet était contrôlé? » Et il ajoute, « et si... Non, je blague ». Puis, il fait une remarque avisé, contrant l’argument fréquent voulant que Bilderberg n’est qu’un forum où les gens peuvent s’exprimer librement : « Je suis incroyablement écoeuré que le pouvoir soit influencé par le plus petit nombre. Je l’ai vu de mes yeux pendant trois jours et cela m’emmerde au plus haut point. Ça m’est égal si le Groupe Bilderberg envisage de sauver le monde ou de le mettre dans un mélangeur et d’en boire le jus, mais je ne crois pas que c’est la façon de faire de la politique. » L’auteur, déclare ensuite de manière éloquente : « S’ils tentent de guérir le cancer, ils pourraient le faire à la lumière du jour. » Il explique ensuite que « Bilderberg c’est une question de positions de contrôle. Je m’en approche à un demi mille et soudainement, je suis un des contrôlés. On me suit, me surveille, m’enregistre, me met en détention et encore en détention. C’est le "pouvoir" sur la route qui m’a mis dans cette situation [22] ». Dimanche
le 17 mai, Skelton a demandé au chef de police pourquoi on le suivait,
celui-ci lui a répondu en lui demandant : « Pourquoi vous êtes là? » Le
journaliste a répondu qu’il était là pour couvrir la conférence de
Bilderberg, après quoi le chef lui a rétorqué : « Hé bien voilà la
raison! Voilà pourquoi! Notre conversation est terminée! [23] » Les
reporters se font-ils suivre et traquer par la police lorsqu’ils
couvrent le Forum économique mondial? Non. Alors pourquoi est-ce le cas
avec le Groupe Bilderberg, si cette conférence n’est vouée qu’à
discuter d’idées librement? Le lundi suivant la conférence, Skelton écrit : « Il n’y a pas que moi qui ait été arrêté pour avoir osé traîner à un demi-mille des portes de l’hôtel. Les quelques journalistes qui ont fait le voyage jusqu’à Vouliagmeni cette année se sont tous faits harcelés et ont senti la partie travaillante d’un talkie-walkie grec. Bon nombre ont été arrêtés. Bernie, d’American Free Press et Gerhard, le documentariste (on dirait un nom de personnage de Donjons et Dragons) ont affrété un bateau d’une marina à proximité afin d’essayer de prendre des photos par la mer. Ils ont été arrêtés à trois milles du complexe hôtelier. Par la marine grecque. » Comme l’a dit Skelton : « Mes dépêches sur la conférence de 2009, si elles signifient quoi que ce soit, ne représentent rien de plus évident que l’absence de couverture médiatique grand public approfondie [24]. » L’article
final de Skelton sur Bilderberg le 19 mai montre jusqu’où il est allé
durant ces quelques jours de reportage : de l’écriture humoristique à
la découverte de sa filature par le service de sécurité de l’État grec.
Il a fait ces réflexions : « Alors, qui est le paranoïaque? Est-ce moi,
qui se cache dans les cages d’escalier, observant le reflet de la
chaussée derrière moi dans les vitrines de magasins, demeurant en
public par mesure de sécurité? Ou Bilderberg, avec ses deux F-16, ses
hélicoptères qui font des rondes, ses mitraillettes, ses commandos de la Marine Il
ajoute : « La publicité est comme du sel pur sur la limace géante
qu’est Bilderberg. Je suggère donc que l’on se pointe l’an prochain
avec quelques pots à sel de plus. Si la presse dominante refuse de
couvrir convenablement cet important événement annuel, alors les
citoyens intéressés devrons le faire : les médias du peuple. » Étonnamment, Skelton juge que ce qu’il a appris de la conférence Bilderberg est « notre devoir de nous battre, nous battre, nous battre, maintenant, dès maintenant, cette seconde même, avec chaque particule de notre âme, -- pour empêcher le projet des pièces d’identités, [puisque] tout tourne autour du pouvoir de demander à les voir, de l’obligation de les montrer, d’avoir à justifier son existence, du pouvoir de celui qui questionne sur la soumission de celui qui doit répondre. […] J’ai appris avec les fouilles aléatoires, les détentions, les coups des furieuses brutes de la sécurité et les bureaux de policiers sans numéros que j'ai cognés, que j’ai dû souffrir à cause de Bilderberg : j’ai passé la semaine à vivre à la fois le cauchemar d’un avenir probable et différentes versions d’un passé terrifiant. J’ai eu droit à un très petit aperçu d’un monde de vérifications ponctuelles et de forces de sécurité non contrôlées. Et j’en suis resté ébranlé. J’en suis resté marqué, littéralement. » Il explique ostensiblement : « la carte d’identité transforme le citoyen libre que vous êtes en suspect [25]. »
Qui était présent? La royauté La reine Beatrix des Pays-Bas, la plus importante actionnaire de Royal Dutch Shell Parmi
les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens.
À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas,
laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de
Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était
accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a
travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union
européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz
Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie
et en technologie possède de l’expertise en Analyse économique et
commerciale, en Analyse du renseignement et recherche opérationnelle,
ainsi qu’en Technologie de l’information, parmi bien d’autres. Le
prince Constantijn a également été chercheur en politiques pour la RAND Corporation La RAND
Les banquiers Comme
d’habitude, la liste des participants était pleine de représentants des
plus grandes banques au monde. Parmi ceux-ci, David Rockefeller, ancien
PDG et président de la Chase Manhattan – maintenant JP Morgan Chase –
dont il était jusqu’à récemment président du Conseil consultatif
international. Aussi, il siège toujours à titre de président honoraire
du Council on Foreign Relations, de président du Board of the Americas
Society et du Council of the Americas, de président honoraire de la Commission Josef Ackermann était également de la partie. Le banquier suisse est PDG de la Deutsche Bank Roger
Altman, spécialiste des services de banques d’affaires, investisseur de
capitaux propres et ancien secrétaire adjoint au Trésor du gouvernement
Clinton participait lui aussi à cette rencontre. D’autres banquiers
étaient du nombre, comme Ana Patricia Botin, présidente de la Banque la Société Générale Parmi
les banquiers canadiens figuraient W. Edmund Clark, président et PDG du
Groupe Financier Banque TD, membre de la direction de l’Institut C.D.
Howe – un important laboratoire d’idées canadien; Frank McKenna,
vice-président du Groupe Financier Banque TD, ancien ambassadeur du
Canada aux États-Unis et ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick,
et enfin la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira
Samarasekera, qui siège par ailleurs sur le conseil de la Banque Scotia
Dirigeants des banques centrales Au
sein des membres du Groupe Bilderberg, il y a bien sûr les dirigeants
des banques centrales les plus importantes du monde. Cette année, il y
avait le gouverneur de la Banque la Banque la Banque la Banque la Banque la Federal Reserve la Réserve la Fed
Le gouvernement Obama à la conférence Bilderberg
Le conseiller à la sécurité nationale, le général James Jones Les
membres de l’administration Obama étaient en grand nombre à cette
conférence annuelle. Parmi eux, Keith B. Alexander, lieutenant général
de la United States la National Security la Federal Reserve la Sécurité la Russie la Sécurité la Maison-Blanche la Banque la Réserve la Banque
Autres noms notoires Parmi
bien d’autres personnalités présentes à cette rencontre se trouvaient
le vicomte Étienne Davignon, ancien vice-président de la Commission la Suède la Washington Post la Chambre la Dotation Carnegie la Royal Bank la Commission la Table
Conclusion
Il est évident que la prérogative de cette rencontre annuelle de Bilderberg était d’exploiter au maximum la crise financière mondiale pour atteindre les objectifs que le groupe s’était fixés depuis de nombreuses années. Ceux-ci comprennent la création d’un département du trésor mondial, probablement en concomitance avec une banque centrale mondiale ou intégré à celle-ci, lesquels semblent en voie d’être incorporés au FMI. Cependant,
les États-Unis ont décidé récemment de congédier le général qui
supervisait la guerre en Afghanistan et de le remplacer par « le
lieutenant-général Stanley McChrystal, un ancien béret vert qui
commandait il y a peu de temps les Forces d’opérations spéciales
secrètes de l’armée en Irak [35] ». De 2003 à 2008, McChrystal était à
la tête du Joint Special Operations Command du Pentagone (JSOC), lequel
supervise les forces les plus cruciales de l’armée, y compris la Delta Force Donc,
vu les récents changements ainsi que le nombre élevé de représentants
de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à la conférence
Bilderberg cette année, il est probable que des décisions aient été
prises ou, à tout le moins, qu’il y ait eu des discussions concernant
l’escalade de la guerre en Afghanistan et de son expansion au Pakistan.
Toutefois, il n’est pas surprenant que le principal point à l’ordre du
jour ait été la crise financière mondiale. La prochaine année sera sans
aucun doute intéressante et l’élite espère certainement en faire une
année productive. The Bilderberg Plan for 2009: Remaking the Global Political Economy, publié le 26 mai 2009. | |
15 juin 2009
41 citoyens américains, anciens du Contre-terrorisme et de l'Agence du Renseignement remettent en cause le rapport officiel sur
Edifiant !
Lire le pdf
18 mai 2009 - Plus de 40 citoyens américains ayant travaillé pour différents services de Renseignement et de Contre-terrorisme ont sévèrement critiqué le compte-rendu officiel du 11 Septembre ; la plupart d'entre eux demandent une nouvelle enquête. Il est scandaleux que la majorité des Américains [NdT : des Occidentaux, y compris nos concitoyens français] soient maintenus dans l’ignorance totale de leurs déclarations publiques, conséquence immédiate du refus des organismes de la presse nationale [NdT : et internationale] comme des médias de masse de traiter cette question d’une extrême importance. La crédibilité de ces personnes et leur loyauté envers leur pays ne peuvent être mises en doute, ce que démontrent les années de service passées à collecter et analyser l'information, à planifier, et à effectuer des opérations cruciales pour la sécurité nationale des États-Unis.
Ces 41 personnes ont travaillé pour le Département d'État américain, l'Agence de la sécurité nationale (NSA), l'Agence centrale de Renseignement (CIA), le Bureau fédéral d’investigation (FBI), l'Administration fédérale de l'Aviation (FAA), Le Bureau des douanes et de la protection des frontières ainsi que pour diverses sections de l'armée des États-Unis. Ils sont présentés ci-dessous en fonction du service pour lequel ils ont travaillé
13 juin 2009
Les périls de la titrisation : La plus grosse escroquerie de tous les temps ? Les banquiers voleurs
Est-il possible de faire des centaines de milliards de dollars de profit sur des titres qui ne sont adossés à rien d’autre que des entrées virtuelles dans un livre de prêt ? ![]() Ce n’est pas seulement possible ; cela a été fait.
Et à présent, les gredins qui ont encaissé sur ces escroqueries ont
fait la queue à l’extérieur du bâtiment de la Réserve Fédérale pour
échanger leurs titres pourris contre des milliards de dollars de prêts
financés par les contribuables. Pendant ce temps, l’effondrement du
crédit a laissé le système financier en ruines et planté l’économie
comme un piquet de tente. Les files de chômeurs s’allongent et les
consommateurs réduisent leur budget sur tout, des soirées en ville aux
déplacements jusqu’à l’épicerie. Et tout cela est dû à l’escroquerie
financière pyramidale concoctée à Wall Street, qui s’est répandue à
travers l’ensemble du système mondial comme une épidémie agressive de
grippe. Ceci n’est pas une récession normale ; le système financier a
explosé par le fait de banquiers avides qui se sont servis de «
l’innovation financière » pour estropier le système et qui ont fait
gonfler la plus grosse bulle spéculative de tous les temps. Et ils
l’ont fait en toute légalité, utilisant un procédé peu connu qui
s’appelle la titrisation.
Tout est dit. Les banques n’ont jamais espéré que
les prêts seraient remboursés, ce qui explique pourquoi ils les ont
accordés à des emprunteurs sans revenu, sans caution, sans emploi et
avec un mauvais dossier bancaire. Cela n’avait aucun sens, en
particulier pour quiconque se fût jamais assis en face d’un banquier
méprisant, épluchant son profil d’emprunteur. Croyez-moi, les banquiers
savent comment récupérer leur argent, si c’est leur véritable intention
! Dans ce cas, cela n’avait aucune importance. Ils voulaient juste
maintenir à pleine vitesse aussi longtemps que possible leur racket de
fausse monnaie. Pendant ce temps, le Maestro Greenspan les encourageait
sur le banc de touche, chantant les louanges de la « nouvelle économie
» et le palier élevé de prospérité qui avait été atteint grâce au
capitalisme du laissez-faire. Pourquoi quelqu’un aurait-il pu se
préoccuper de ce que Greenspan pensait ? De toute façon, la FED n’est
qu’une filiale du cartel bancaire.
La même règle s’applique aux dérivés (CDS) en tant
qu’instruments titrisés qui ne sont pas non plus suffisamment
capitalisés, parce que mettre de côté des réserves diminue la capacité
de maximiser les profits. Tout se résume à la dernière ligne du bilan.
La raison pour laquelle les CDS sont si bon marché, comparés à une
assurance conventionnelle, est qu’il n’y a aucun moyen de savoir si
l’opérateur a la capacité de payer les indemnisations. C’est de la
fraude, sur une échelle gigantesque, ce qui explique pourquoi le
système financier est entré en paralysie totale lorsque Lehman Bros a
fait faillite. Personne ne savait si les trillions de dollars dans les
contrats de caution seraient payés ou non. Il y a tout simplement plus
de demandes d’indemnisation qu’il n’y a d’argent dans le système. Les
crédits hypothécaires bidons et les fausses promesses de caution ne
signifient rien. « Montrez-moi l’argent ! » Le système est sous l’eau
et il ne peut pas être réparé par plus de liquidités par la FED en
claquant des doigts.
Note : [1] SPV = special purpose vehicle, véhicules spéciaux. Un SPV classique acquiert des crédits, avec une petite décote. En contrepartie, il émet des tranches d’obligations de risques divers. Parmi ces SPV existent des véhicules qu’on appelle « conduits ». Ils mettent d’un côté à l’actif des tranches d’obligations triple A provenant de la titrisation des crédits. En contrepartie, ils émettent du papier commercial (des obligations à très court terme). Ce papier commercial, baptisé ABCP (asset backed commercial paper), rapporte plus que les placements à court terme classiques, car il est garanti par des obligations à long terme, qui portent des taux plus élevés. Une autre forme de SPV sont les SIV (structured investment vehicles). D’un côté, on a toujours ces obligations triple A résultant de la découpe des crédits. De l’autre, les SIV émettent en contrepartie des papiers à moyen terme(medium term notes) mais aussi des « equity », des titres qui ressemblent à des actions. Là, il y a de grands problèmes. Car si la valeur des obligations triple A à l’actif du SIV chute de 3,5 %, l’equity perd 50 % de sa valeur. Comme aujourd’hui – les décotes sur les obligations triple A sont supérieures à 3,5% - beaucoup de SIV sont obligés de vendre. Mais vendre dans des marchés peu liquides exerce une pression supplémentaire sur les obligations qui perdent encore davantage de valeur, ce qui contraint le SIV à de nouvelles ventes… C’est un cercle vicieux. Certaines banques ont finalement pris leur responsabilité et les ont réincorporés en bilan. Mais cela crée une nouvelle tension sur le marché des liquidités, car il faut financer ces reprises. HSBC, Citigroup et d’autres ont repris sur leur bilan pour plusieurs dizaines de milliards de dollars de SIV. Cela les a poussés à thésauriser leur liquidité, bloquant le fonctionnement du marché interbancaire, ce qui explique pourquoi les banques centrales ont procédé, de manière concertée, à de grosses injections de liquidités. Et puis, on a encore inventé des véhicules plus instables, dont certains, basés sur des titrisations de titrisation, ont vu leur valeur tomber à zéro… | |
05 juin 2009
le monde prend le chemin d’un « Weimar planétaire » Juin 2009
Brèves
Jacques Attali : le monde prend le chemin d’un « Weimar planétaire »
Attali préparez-vous pour un Weimar planétaire !
par Hugues2
3 juin 2009 - 21:10
3 juin 2009 (Nouvelle Solidarité) – Cela aurait dû faire la une de toute la presse, au moins de toute la presse financière. Le 26 janvier, parlant à Paris au Forum international économique et financier (FIEF), l’ancien sherpa de François Mitterrand Jacques Attali a prononcé ce mot qui commence par H et que seuls Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade ont osé prononcer jusqu’ici : l’hyperinflation « à la Weimar ».
Peu importe si l’on se trouve en désaccord (ce qui est notre cas) avec les remèdes du docteur Attali, son diagnostic se démarque des lieux communs de la pensée sur ce sujet.
Attali commença son intervention en soulignant à quel point les discours officiels se voulaient rassurants. Quand une pierre risque de tomber sur la tête de quelqu’un, il faut lui dire, disait-il. Non pas pour le faire paniquer, mais pour lui permettre d’échapper à l’événement. En réalité, avance-t-il, la situation est bien pire en janvier 2009 qu’en janvier 2008. Si le pire n’est pas certain, il n’en demeure que le scénario du pire est le plus probable.
Suivit ensuite des chiffres qui parlent. Par exemple, la dette totale des Etats-Unis, quand on additionne les acteurs privés et publics, représentait en janvier 2008 l’équivalent de 350% du PIB américain, plus élevée qu’en 1929, quand elle n’a jamais dépassé les 300%. Un an plus tard, en janvier de cette année, cette dette représente 500% du PIB et atteint 54000 milliards de dollars. Ce que l’on fait avec les plans de renflouement des banques est comparable à donner de l’oxygène à un accidenté de la route. Au lieu de le transporter à l’hôpital, on tente de le faire survivre en lui donnant de l’oxygène. Pourtant, c’est précisément cet oxygène qui l’achèvera.
Un autre chiffre dévastateur est le lien entre les encours et les fonds propres des banques. Les encours montent à environ 84000 milliards et les fonds propres ne représentent que 4000 milliards, c’est-à-dire un ratio de vingt. Cette proportion ne doit jamais dépasser les 15%. Pourtant, pour certaines banques, le ratio dépasse les 50 !
Les Etats-Unis ont injecté environ 12000 milliards de dollars pour éviter que le système s’effondre. 1800 milliards de dollars sont allés aux banques américaines dont les fonds propres ne dépassent guère les 1300 milliards. Cela signifie « qu’elles sont, à ce point, techniquement en faillite ». La situation est identique pour les banques britanniques.
L’état de faillite du système bancaire s’exprime également par la différence entre la valeur des banques en bourse et la valeur qu’ils affichent sur le papier. La valeur des trois grandes banques françaises sur le marché est à peu près la moitié de leurs fonds propres. Cela provient du fait que le marché sait bien que ces banques possèdent des actifs toxiques qu’elles refusent de faire apparaître dans leurs comptes.
L’autre facteur aggravant de la situation financière vient du fait que les banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine mais aussi la Banque d’Angleterre et certaines banques centrales du système euro, au lieu de permettre aux banques de prêter de l’argent à l’économie, prêtent elles-mêmes directement aux entreprises en difficulté. Voilà ce qui permet de créer les conditions du pire.
Tous ces facteurs, considérés comme un tout, ajoutés au ralentissement de l’économie mondiale, provoqueront d’énormes besoins de financement pour les grands pays, qui auront besoin entre 50000 et 100000 milliards de dollars chacun ! Ces chiffres énormes, démontrent clairement que nous assistons à un effet de boule de neige. Cela aurait pu être évité. Trouver 100000 milliards de dollars sur les marchés des capitaux n’est guère possible pour un Etat. Seuls les Etats eux-mêmes peuvent dégager ce type de sommes d’argent. Mais les Etats, où trouveront-ils l’argent ? L’économiste américain Nouriel Roubini, sur son blog, vient d’écrire que l’Angleterre pourrait faire faillite d’ici peu. La dette publique américaine est elle aussi passée de 3 à 13% du PIB. Les gens me répondent, « oui, mais la Chine et les pays du Golfe pourraient nous tirer d’affaire ». Cependant, depuis la chute des cours du pétrole, le Golfe a des problèmes et la Chine, elle, ne dispose que de 2000 milliards de dollars. Ce n’est pas grand-chose par rapport aux montants que je viens d’évoquer.
Ainsi, le scénario du pire est vraisemblable, celui d’une grave dépression et d’une inflation importante.
Pour échapper à ce scénario, ce grand économiste propose ni plus ni moins que l’Europe s’endette pour éponger les pertes de la finance folle.
Pour notre part, une réorganisation de fond en comble du système, par une procédure de faillite ordonnée de l’ensemble du système financier international est la seule issue.
30 mai 2009
Qui veut réduire la population mondiale ?
Sous le titre « Le Club des milliardaires tente de juguler la croissance démographique », le Sunday Times du 24 mai a révélé la tenue d’une réunion secrète qui en dit long sur la volonté politique de l’oligarchie financière.
La rencontre, qui s’est tenue à New York le 5 mai dernier, a été organisée à l’initiative de Bill Gates, fondateur du monopole Microsoft, grand promoteur des simulateurs de meurtres sur ordinateur et parrain de Facebook, de Warren Buffet, spéculateur milliardaire et financier de la Fondation Gates, et de David Rockefeller. Au-delà de ces trois là, la petite sauterie a réuni Michael Bloomberg, maire de New York et fondateur de l’agence d’information financière du même nom ; George Soros, spéculateur et parrain du lobby de la drogue ; Peter Peterson, fondateur du groupe financier Blackstone et grand avocat de l’austérité budgétaire ; Julian Robertson, patron du fond Tiger Management ; John Morgridge, ancien pdg de Cisco Systems ; Eli Broad, spéculateur immobilier ; David Rockefeller Jr, fils du premier ; Ted Turner, fondateur de CNN ; et Oprah Winfrey, animatrice phare de la télé américaine.
La réunion a débuté par une présentation de chacun des participants sur la cause qu’il défend, mais très vite, nous apprend le Times, la discussion s’est transformée, sous l’impulsion de Bill Gates, en un consensus sur la « surpopulation », comme la cause supérieure qui englobe les autres. Un autre participant a confié qu’ils étaient aussi parvenus à un consensus pour mettre en place une stratégie « dans laquelle la croissance démographique serait attaquée comme menace écologique, sociale et industrielle ». Les participants ont souligné leur « besoin d’être indépendant des agences gouvernementales qui se révèlent incapables d’affronter le désastre que tous nous voyons venir ». De prochaines réunions sont d’ores et déjà prévues pour organiser la mise en œuvre de cette stratégie.
L’existence de cette réunion a d’abord été révélée le 20 mai par irishcentral.com puis par ABC News, le New York Times et le New York Post, mais aucun des ces médias n’avait rapporté cette volonté de soumettre la population humaine dans un plan d’action aux conséquences meurtrières.
Il est notable que toutes ces personnes soient de grands philanthropes, en particulier dans le domaine de la conservation de la nature, mais aussi pour les programmes humanitaires, où la charité privée et l’aide au développement a supplanté les grands projets d’infrastructures et les transferts technologiques, qui sont le seul chemin des peuples et des nations vers l’indépendance économique et la souveraineté politique.
25 mai 2009
Analyse Mai 2009 : LA FIN PROGRAMMÉE DE LA DÉMOCRATIE
21 mai 2009
Jean Ziegler : s’inspirer de la Déclaration d’indépendance américaine !
Au cours d’une conférence à Rennes, le jeudi 14 mai, l’écrivain et homme politique suisse, Jean Ziegler, membre du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, n’a pas mâché ses mots en dénonçant « l’ordre du monde du capitalisme globalisé » comme étant « meurtrier » et en appelant à un Tribunal de Nuremberg pour juger les responsables de la crise financière actuelle.
Jean Ziegler a présenté son dernier ouvrage, La Haine de l’Occident où il évoque, comme il l’a déclaré à Rue 89, la « remontée d’une haine raisonnée et argumentée qu’opposent les peuples du Sud à l’ordre du monde crée par l’Occident ». La cause : « aucun des buts du millénaire – réduction de la pauvreté et de la faim extrême, réduction de l’analphabétisme, de l’eau polluée, des épidémies qui frappent et qui dévastent le sud — n’est atteint, au contraire. Toutes les cinq secondes un enfant de moins de 10 ans meurt de faim, 5 000 personnes meurent chaque jour de faim ou de ses suites et 923 millions de personnes, un homme sur 6 sur la planète, sont gravement et en permanence sous-alimentées. »
Jean Ziegler trouve, cependant, que la crise actuelle nous ouvre « une extraordinaire chance », puisque « la légitimité de ce capitalisme de la jungle qui domine la planète depuis quinze ans a volé en éclats ». « Aujourd’hui on voit bien que c’était un mensonge pur et simple, le masque est tombé, et, derrière, apparaissent les vrais acteurs : des banquiers avides, obsédés par le gain, cyniques, arrogants, qui ont ruiné des économies entières parmi les plus puissantes. »
Mais, prévient Ziegler, « c’est la chance énorme de cette tragédie qui commence aujourd’hui, déclenché par les prédateurs de New York ». « Tout d’un coup les gens vont se réveiller en Occident. La France est une très vieille et vivante démocratie où l’information circule, où la presse est libre, et quand quelqu’un souffre, ils commencent à penser et de cette pensée peut naître un nouvel ordre mondial, un nouveau contrat social planétaire, dans le dialogue entre Nord et Sud, une justice, la fin de la faim, la fin du massacre du Sud par l’Occident. »
Ziegler qu’il était favorable à un tribunal de Nuremberg pour juger ses responsables. Allant plus loin cependant, il a incité les auditeurs à lire la Déclaration d’indépendance américaine qui cite, parmi les droits inaliénables de l’homme, le droit à la poursuite du bonheur. Il souligna qu’il est écrit dans cette déclaration, que lorsque les pouvoirs en place empêchent les gens d’accomplir cette poursuite du bonheur, les peuples ont le droit de les renverser. C’est cette magnifique déclaration, inspirée, non de Locke comme on le dit souvent, mais de Leibniz, qui fut l’étincelle qui déclencha la Révolution américaine, ainsi que la tentative avortée de révolution en France.
17 mai 2009
La Caisse des dépôts enregistre la première perte de son histoire, Mai 2009
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Jeudi 16 avril 2009
La Caisse des dépôts enregistre la première perte de son histoire
Considérée comme le bras financier de l'État, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a enregistré une perte nette de 1,468 milliard d'euros en 2008, la première depuis la création de l'institution il y a près de 200 ans.
AFP -
La Caisse des dépôts (CDC) a enregistré en 2008 une perte nette de
1,468 milliard d'euros, sa première perte en près de 200 ans
d'histoire, plombée par d'importantes provisions sur son portefeuille
de participations, selon un communiqué publié jeudi.
Ces provisions, qui atteignent trois milliards d'euros, sont liées à la
baisse de valeur des actions détenues par la Caisse des dépôts, du fait
de l'effondrement des marchés boursiers à l'automne.
Le directeur général de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet, cité
dans le communiqué, a souligné qu'il s'agissait de moins-values
latentes et que ces actions n'avaient pas été vendues.
Pour lui, la perte de la CDC "porte la marque de l'engagement d'actionnaire de long terme de la Caisse des dépôts".
La CDC a précisé que hors éléments exceptionnels, soit sans ces
provisions, le résultat net récurrent est positif, à 1,535 milliard
d'euros.
Les fonds d'épargne, section distincte du reste du groupe qui gère
notamment les ressources provenant du Livret A, ont dégagé un bénéfice
de 108 millions d'euros, en forte baisse notamment du fait de
dépréciations d'actifs.
16 mai 2009
Nature de la crise financière : Le système est conçu pour exercer un contrôle total sur les individus
Nature de la crise financière : Le système est conçu pour exercer un contrôle total sur les individus Le Rapport de l’Iron Mountain revisité Par Richard C. Cook |
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Le 12 mai 2009 |
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Ce
qui m'impressionne dans la crise financière actuelle, c’est la
l’absence quasi totale de soi-disant progressistes, pour apprécier
l'ampleur de ce qui se passe ou le degré d'intelligence derrière elle.
Combien diront, par exemple, que la débâcle a été manigancée
délibérément, par la création puis la destruction des bulles
d'investissement de la dernière décennie ? Quand
le système financier crée une bulle, il fait monter le prix des avoirs
au-delà de leur valeur réelle en tant que richesse en production ou en
stock. Quand la bulle éclate, la valeur des avoirs chute. Ceux qui ont
des liquidités les achètent alors à bon marché. Quand la poussière est
retombée, un peu plus de richesse a été concentrée dans moins de mains.
Les riches s'enrichissent, et les gens ordinaires se retrouvent dans un
état d'endettement plus profond, dans la pauvreté, et la pression
s’exerce au bon plaisir des maîtres financiers. Les
progressistes pensent que le système devrait être « réformé. »
Peut-être que le système bancaire a besoin d'être réglementé à nouveau
ou même nationalisé. Peut-être serait-il possible aux familles
confrontées à la perte de leur maison d’obtenir des mensualités de
remboursement plus basses auprès du tribunal des faillites. Peut-être
que le gouvernement plutôt que le secteur privé devrait gérer le prêt
aux étudiants. Ce
que nous ne parvenons pas à reconnaître, c’est que le système lui-même
est totalitaire. Cela signifie qu'il est conçu pour exercer un contrôle
total sur la vie des individus. Nous sommes habitués à utiliser cette
étiquette en pensant à des anachronismes de l’histoire, comme le
Communisme ou le Fascisme. Nous ne comprenons pas que le Capitalisme
mondialiste financier et le gouvernement qui le protège, le permet ou
même le contrôle, sont aussi totalitaires. Ce
qui est arrivé au cours de la dernière année, quand le système
financier a fait apparemment faillite pour renaître seulement grâce à
l’énorme renflouage gouvernemental, fait partie d'un mouvement qui
existe depuis des décennies, voire des siècles. La manière dont les
contrôleurs travaillent a été étalée en 1967, quand Dial Press a publié la copie d’une fuite du Rapport de l’Iron Mountain.
Il s'agissait d'une étude mise sur pied par une équipe d’universitaires
et d’analystes, qui s’étaient rencontrés à New York, dans
l'installation souterraine abritant le Hudson Institute. Ce
rapport commençait par assimiler la guerre à un principe central
organisateur de la société. Il déclarait : « La guerre elle-même est le
système social de base, dans lequel d'autres modes d'organisations
sociales secondaires sont en conflit ou conspirent. C'est le système
qui a gouverné la plupart des sociétés humaines connues, comme il le
fait aujourd'hui. » Le
rapport disait que, « L'autorité fondamentale d'un État moderne sur sa
population réside dans sa puissance militaire. » Il disait que toute
défaillance de volonté de la part de la classe dirigeante pourrait
entraîner une « véritable dissolution des institutions militaires. »
L'effet sur le système serait, selon le rapport, « catastrophique. » L'apparition
de ce rapport a fait sensation lors de sa sortie au début de la guerre
du Viêt-nam. Dans le gouvernement, les fonctionnaires n'ont pas fait de
commentaire, et le rapport s'est évanoui dans l'histoire. Mais
certaines de ses parties correspondent précisément à la situation en
2009. Ceci
parce que le rapport esquissait comment la population civile d'un pays
développé pourrait être contrôlée, même en l'absence de grande guerre
perturbant leur vie quotidienne. L’un de ces moyens était défini
ainsi : « Un ... substitut possible au contrôle d’ennemis potentiels de
la société est la réintroduction, sous une forme compatible avec la
technologie moderne et la marche politique, de l'esclavage .... La mise
au point d'une forme sophistiquée d'esclavage pourrait être une
condition préalable absolue au contrôle social .... » (Cité dans Rule by Secrecy de Jim Marrs, 2000). Nous
voyons aujourd'hui le développement de ce genre de « forme sophistiquée
d'esclavage. » Comment pourrait-on appeler autrement le système qui
soumet la population à la hausse vertigineuse de l’endettement des
individus et des ménages, à un écart grandissant entre les riches et
les autres, à une guerre justifiée par la lutte contre le
« terrorisme, » à l'érosion des libertés individuelles, à l’expansion
incessante du pouvoir alloué aux militaires et à police, à l'écoute
électronique généralisée, à l'absence totale pour les hommes politiques
de l’obligation de rendre compte de leur malhonnêteté et délits, à des médias se consacrant exclusivement à la mise sur pied de la propagande, etc Rien
de tout cela ne semble être en déclin sous l’administration de Barack
Obama. Même la reprise économique, que Obama tente d'organiser grâce à
un énorme déficit budgétaire keynésien, est attendue par les
économistes comme une nouvelle période de « chômage, » comme celle de
2002-2005. Naturellement, les chômeurs ou ceux qui craignent le chômage
sont faciles à contrôler. Et la série permanente de guerres terrestres
en Asie, provoquées par George W. Bush pour le contrôle des ressources
et la puissance géopolitique contre la Russie et la Chine, se
poursuivent sans relâche. Rien de tout cela n’est accidentel. Comme le Rapport de l’Iron Mountain le précisait il y a quatre décennies, c'est ce qui a été prévu tout le temps. Article original en anglais : The
Nature of the Current Financial Crisis: The System is designed to exert
Total Control over the Lives of Individuals, The Report from Iron
Mountain Revisited, publié le 9 mai 2009. Traduction : Pétrus Lombard. |
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LES ENJEUX DE LA CRISE FINANCIÈRE
12 mai 2009
Crise systémique : le chaos
Lire l'article (Mondialisation.ca)
Un grand marché transatlantique à l’horizon 2015 (reseau voltaire)
Jean-Luc Mélenchon: "Le futur grand marché transatlantique"
par politistution
13 avril 2009
La philosophie d'epicure, ecoutez et adoptez
09 avril 2009
Conseils pour anticiper les prochaines étapes de la crise
Au moment où la crise sort de sa phase d’impact pour entrer en phase de
décantation, et où les premières conséquences commencent à exploser
dans de nombreux secteurs et régions, LEAP/E2020 a choisi pour ce GEAB
N°30 d’avoir recours à un système de questions/réponses pour aider ses
lecteurs à évaluer au mieux les prochaines étapes de la crise. 2009
constituera la première année du processus de réorganisation du système
global hérité de 1945, 1971 et 1989. Il faut donc s’attendre à de
considérables bouleversements et transformations à côté desquels ceux
de 2008 ressembleront à une simple répétition. Nous avons donc regroupé
les questions de nos lecteurs et d’un nombre croissant de journalistes
du monde entier, pour tenter de rendre aussi conviviales que possible
ces explications.
1. Cette crise est-elle différente des crises ayant précédemment affecté le capitalisme?
LEAP/E2020 : Lorsque, le 15 février 2006, nous avons forgé l’expression
“crise systémique globale” dans le deuxième numéro de GEAB, nous avons
défini ce concept comme une rupture générale de la gouvernance mondiale
telle que nous l’avons connue ces dernières décennies (essentiellement
depuis la 2° guerre mondiale). En effet, depuis 1945 – et plus
particulièrement depuis 1989, le pilier de l’ “ordre mondial” est
constitué par les Etats-Unis, se fondant sur un mélange de suprématie
militaire et financière. Ce leadership est relayé par un certain nombre
de pays Alliés, appartenant pour la plupart à l’OTAN (le Royaume Uni en
particulier) plus le Japon. C’est cet « ordre mondial » qui s’effondre
avec la crise systémique globale, pour être progressivement remplacé
par une nouvelle architecture de gouvernance globale, impliquant
plusieurs nouveaux acteurs et imposant une refonte complète de tous les
outils de la gestion mondiale. Entre autres choses, comme nous l’avons
anticipé depuis 2006, ceci signifie la fin du système financier
organisé de manière pyramidale – Wall Street au sommet de la pyramide
secondé par la City. Sur le front monétaire, la situation se résume à
l’effondrement du “Mur Dollar », pour établir un parallèle avec celui
du Mur de Berlin qui marqua en 1989 la fin de l’autre puissance
dominante du monde de l’après 2° guerre mondiale, à savoir l’URSS.
D’après nous, la crise actuelle n’a rien à voir avec la
fin du capitalisme ni même avec une quelconque crise du capitalisme.
Elle a en revanche tout à voir avec la fin d’une ère politique marquée
par la domination mondiale d’un seul pays, les Etats-Unis ; et
jalonnée, depuis les années 1970 et Bretton Woods II, par une série
d’aberrations et d’excès dans les domaines financiers et monétaires,
dûe au fait que les Etats-Unis sont de moins en moins capables
d’assumer leur rôle de pilier du monde. Atlas est épuisé et le monde
qu’il porte se décompose.
La nature systémique de la crise permet d’éclairer un
point important: la crise est en train d’affecter les bases mêmes de
l’organisation globale existante dans les domaines de la finance, de la
monnaie, de l’économie et de la politique ; elle vient de problèmes
anciens qui n’ont pas été résolu en temps utile (comme expliqué
ci-dessus) ; par conséquent, aucune solution de court-terme, par plus
que « plus de mesures du même genre » ne sont en mesure d’enrayer le
développement de la crise.
Une tendance cependant semble émerger nettement de la
phase d’impact de la crise : l’équilibre entre intérêts publics et
privés évolue durablement vers un modèle européen ou asiatique, avec
notamment un retour des autorités publiques/étatiques, pas seulement en
matière de régulation mais aussi dans le domaine des services publics.
La privatisation des services publics, la gestion privée des biens
collectifs et des services, sont en passe de devenir des idées aussi
obsolètes que le contrôle collectif des moyens de production l’est
devenu depuis la chute du Rideau de Fer. Le discours dominant des
élites éduquées à l’ “Occidendale » ces deux dernières décennies
appartient déjà au passé. 2008 a fourni les premiers signes de cette
tendance, 2009 clouera leur cercueil intellectuel.
Evolution de la base monétaire des Etats-Unis et indication des crises majeures corrélées (1910 – 2008) - Source : Federal Reserve Bank of Saint Louis / Mish's Global Economic Trends Analysis
2. Cette crise est-elle différente de la crise des années 1930 ?
LEAP/E2020 : Comme le suggère la réponse précédente, les racines de la
crise sont fondamentalement différentes de celles de la crise des
années 1930. En 2007, nous avons intitulé la crise en gestation la
“Très Grande Dépression américaine” pour insister sur le fait qu’il
s’agissait d’une crise des Etats-Unis et de leur position dans le
monde. En utilisant le mot « dépression » au lieu de « récession »,
nous voulions indiquer qu’il s’agirait d’une crise socio-politique
autant que financière et économique. Et en ajouter l’adverbe « très »,
nous soulignions que cette crise serait de bien plus grande ampleur que
la « Grande Dépression ». On compte en effet trois grandes différences
entre les contextes respectifs de la crise des années 30 et de celle
qui nous occupe :
Premièrement, le monde d’aujourd’hui est beaucoup plus
intégré que dans les années 1930 ; par conséquent, cette crise-ci est
réellement la première crise vraiment globale. Celle des années 1930
était en fait essentiellement limitée aux Etats-Unis et à l’Europe.
Deuxièmement, nos sociétés dépendent beaucoup plus de la
sphère financière qu’il y a 80 ans. Le crédit (en particulier le crédit
à la consommation) est la clé de la croissance de nos PNB depuis
plusieurs décennies, et donc l’impact de la débâcle financière
affectera plus profondément et plus durablement nos sociétés qu’il y a
70 ans.
Troisièmement, les Etats-Unis – qui sont l’épicentre de la
crise globale actuelle – étaient une puissance ascendante dans les
années 1930 alors qu’ils sont maintenant une puissance en déclin.
L’impact de la crise va donc renforcer les tendances négatives qui
affectent aujourd’hui les Etats-Unis alors que, dans les années 1930,
l’impact de la crise s’est trouvé considérablement amorti par les
tendances positives qui affectaient par ailleurs les Etats-Unis.
En résumé, depuis près de trois ans maintenant, LEAP/E2020
n’a cessé de répéter que la crise serait plus forte et plus longue que
dans les années 1930, en particulier pour les Etats-Unis qui en sont
l’épicentre mais aussi pour tous les pays fortement liés aux sphères
économiques et stratégiques des Etats-Unis. La déroute financière et
économique du Royaume-Uni, symbolisée par l’effondrement de la Livre
Sterling, illustre parfaitement cette analyse.
3. La crise est-elle aussi grave en Europe et en Asie qu’aux Etats-Unis ?
LEAP/E2020 : La différence principale se situe entre, d’une part, les
Etats-Unis (et tous les pays directement liés comme le Royaume Uni, le
Canada, le Mexique, Israël…) et, d’autre part, la zone Euro et le cœur
de la puissance économique asiatique (Chine, Japon, Corée du sud).
Les Etats membres de l’UE hors de la zone Euro seront
frappés plus durement que ceux de la zone Euro, comme nous l’avons déjà
expliqué dans plusieurs GEAB. Et ceux d’entre eux qui dépendent le plus
du système économique et financier des Etats-Unis (comme le
Royaume-Uni, ou la Suisse pour ce qui est du domaine financier), seront
au moins aussi affectés que les Etats-Unis, voire davantage. Au sein de
la zone Euro, nous assisterons à une récession « normale » ou plus
probablement à une stagnation ou stagflation d’ampleur réduite, avec
une croissance comprise entre -1 et +1% jusqu’en 2011 ; alors qu’en ce
qui concerne les Etats-Unis, on parle de dépression de longue durée
(environ une décennie, d’après les analyses développées dans le GEAB
N°23), avec une croissance négative de -2% en moyenne pour les 2/3
prochaines années, impliquant troubles sociaux, perte d’influence
globale, etc… Le Royaume Uni suivra un schéma identique.
Pour faire simple : au sein de la zone Euro, en moyenne et
contrairement aux Etats-Unis (et au Royaume Uni), nous ne prévoyons pas
de désindustrialisation sur une décennie, de bulle immobilière
démesurée, d’effondrement des principales institutions financières, de
renflouage général de nombreuses grandes entreprises dans différents
secteurs (banques, assurances, usines…), de situation déficitaire à
tous les niveaux (collectivités locales, état, ménages, commerce,
paiements…), etc… Les conséquences de la crise pour la zone Euro sont
de “nature gérable” même par des responsables de qualité médiocre comme
c’est le cas actuellement (bien entendu, ce serait mieux de bénéficier
d’un excellent leadership) ; tandis qu’aux Etats-Unis et au Royaume
Uni, à moins que des politiques de dimension historique n’émergent au
cours des 6 prochains mois, la crise est condamnée à suivre une
trajectoire tragique.
En Asie, ou plus précisément au cœur du triangle de
puissance Chine-Japon-Corée du sud, la situation est intermédiaire
entre les Etats-Unis et la zone Euro. En 2009, cette région
enregistrera certainement un important ralentissement, comparable à une
forte récession compte tenu des besoins en matière de croissance (même
si les chiffres de croissance restent positifs, ils ne seront pas assez
importants pour répondre aux besoins de la région en matière d’emploi
par exemple). LEAP/E2020 tend à considérer ces trois pays comme une
entité commune ; nous anticipons en effet qu’en 2009/2010, en raison de
la crise, ils vont devoir se rapprocher considérablement les uns des
autres s’ils veulent stimuler leur propre sauvetage. Après un choc
puissant en 2009, ils devront agir rapidement dans le sens d’une
croissance régio-centrique. Ce processus se passera bien sûr aux
dépends des liens qui relient actuellement chacun d’entre eux aux
Etats-Unis.
Evolution de la répartition en matière d’émission d’obligations d’état en Europe (en euros) 09/2008 (à gauche) vs moyenne 09/2007-08/2008 (à droite) -Source : Banque centrale Européenne
4. Les mesures entreprises actuellement par les Etats du monde entier sont-elles suffisantes pour juguler la crise ?
LEAP/E2020 : Lorsque les Etats prennent des mesures pour empêcher leurs
principales banques de faire faillite en y injectant des financements
publics et en exigeant d’être représentés au sein de leur conseil
d’administration, nous pensons que ce sont de bonnes mesures d’urgence.
Mais lorsque, au contraire, ils se mettent à acheter des actifs pourris
et/ou qu’ils n’exigent pas de siéger aux conseils d’administration
(alors que des financements publics ont été injectés), nous estimons
que ce sont des mesures insuffisantes. Le rachat d’actifs pourris ne
fait que repousser en direction de l’Etat (et in fine du contribuable)
le coût de la sortie de crise, sans apporter la moindre stimulation à
l’économie. Cela consiste simplement à sauver ceux qui ont commis des
erreurs sur le dos des contribuables.
Ne pas entrer au conseil d’administration des banques et
décider ainsi donc de ne pas avoir d’influence sur les décisions de ces
banques, rend d’autant plus probable que dans quelques mois, parce que
ces mêmes banques n’auront pas remis en route les crédits qu’ils ont
promis, elles devront être entièrement nationalisées. Comme nous
l’avons expliqué dans une autre partie de ce numéro du GEAB, nous
pensons que les principales banques sont face à un risque de complète
nationalisation d’ici le printemps si elles ne sont plus en mesure de
remplir leur rôle de prêteur.
En Europe, les gouvernements sont en train de s’approprier
la part du lion en matière d’émission d’obligations d’état, comme le
montre le tableau ci-dessus. A un certain point, ces gouvernements
décideront d’aller plus loin et de se substituer aux banques qui ne
réagissent pas rapidement.
D’après LEAP/E2020, pour limiter de manière significative
les conséquences et la durée de la crise, il existe trois priorités à
aborder au cours des 2/3 prochains mois dans cet ordre précis :
. préparer les systèmes sociaux à une énorme vague de
chômage en 2009/2010 afin qu’ils soient en mesure de faire face à une
augmentation du nombre de chômeurs et de la durée des périodes de
chômage
. empêcher la faillite des collectivités locales et /ou
une réduction importante de leurs investissements/services/salaires
. lancer des plans d’investissement en infrastructures
pour, dans un an, avoir créé de nombreux emplois en ayant adapté nos
infrastructures au monde de demain.
Evolution de la répartition en matière d’émission d’obligations d’état en Europe (en euros) 09/2008 (à gauche) vs moyenne 09/2007-08/2008 (à droite) -Source : Banque centrale Européenne
En complément de notre réponse concernant l’impact comparatif de la crise sur les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie, nous souhaitons ici souligner que la présence de systèmes sociaux développés en Europe constitue un énorme atout par rapport aux continents qui ne disposent pas de tels systèmes. En 2009 en effet, les autres continents seront confrontés au dilemme suivant : devoir créer quasiment ex-nihilo des systèmes de protection sociale (indemnités de chômage et couverture santé, pour l’essentiel) ou bien se retrouver confronté à des troubles sociaux de grande échelle.
Mercredi 08 Avril 2009
Le marche immobilier en France, vire au crash pour les pros
Marché immobilier, ça baisse dans tous les coins
Tendance. Depuis an, les transactions et les prix ont fortement chuté dans plusieurs villes.
TONINO SERAFINI
Maison à vendre à Lille, en janvier 2009. (AFP/Archives)
L’immobilier décroche. L’ampleur du retournement est telle qu’elle se mesure avec des statistiques à deux chiffres. En 2008, le nombre de transactions a baissé de 20 % : au total 746 400 ventes ont été conclues l’an dernier, contre 929 300 en 2007, selon des chiffres rendus publics hier par le Conseil supérieur du notariat (CSN). Loin de s’améliorer, la conjoncture dans ce secteur prend désormais des allures de débâcle : le nombre de transactions en janvier-février a chuté de 37 % comparé à la même période en 2008.
Aucune ville ne semble épargnée, y compris les marchés réputés les plus solides. A Paris, place forte de l’immobilier s’il en est, c’est la berezina : les ventes réalisées en janvier 2009 ont dégringolé de 47 % par rapport au même mois l’an dernier. Tous les segments du marché sont concernés : les maisons, les appartements, le neuf, l’ancien.
Mauvais cap. On est loin de l’«atterrissage en douceur» qu’escomptaient les professionnels il y a encore un an et demi, lorsque le marché a commencé à manifester des signes d’essoufflement après dix années de hausse. Entre 1997 et 2007, les prix des maisons et des appartements ont plus que doublé, écartant un nombre croissant d’acquéreurs dans l’impossibilité de suivre cette hausse effrénée, y compris en s’endettant pendant parfois trente ans. Aujourd’hui, le retournement semble à la hauteur des excès passés. L’atterrissage vire au crash. «Au point de mettre en péril l’équilibre économique de certains offices notariaux […], dont l’équilibre repose sur le nombre de ventes immobilières», admet le président du CSN, Me Jean-Pierre Ferret. Près de 1 000 emplois (sur les 50 000 collaborateurs que comptent les 4 500 études notariales) ont été supprimés, surtout par le non-remplacement des partants à la retraite. Des notaires ont recours à «des prêts conjoncturels et à des prêts de trésorerie» auprès de la Caisse des dépôts pour passer ce mauvais cap.
Ce dur retour à la réalité au terme de dix années fastueuses vaut aussi pour les agents immobiliers. Ces derniers font état d’une baisse du chiffre d’affaires de 30 % en moyenne en ce début 2009 par rapport à 2008, selon une enquête réalisée par la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier), auprès de 480 adhérents et publiée hier. Eux aussi ont réduit les effectifs de 11 %, face à une chute des ventes moyennes «de 25 % au cours des deux premiers mois de 2009 comparé à la même période en 2008», commente Gilles Ricour de Bourgies, un des responsables de la Fnaim.
Pour vendre un bien, il faut désormais cinq mois contre trois mois précédemment. Un tiers des agents immobiliers qui ne faisaient jusqu’ici que de la transaction déclarent s’être diversifiés dans l’activité locative pour trouver d’autres recettes. Enfin, face à la difficulté de trouver des acheteurs, 51 % des vendeurs «sont ouverts à renégocier une baisse des prix» de leur bien, indique l’enquête. «Le marché a intégré le repli des prix», souligne René Pallincourt, le président de la Fnaim. Selon lui, les vendeurs ont compris qu’ils doivent accepter de vendre leur bien à un niveau «inférieur à celui qu’ils s’étaient fixé initialement».
Divergence. L’Observatoire des marchés de l’ancien de la Fnaim, également publié hier, fait état d’une baisse des prix de l’immobilier ancien de 9,8 % en moyenne nationale entre le premier trimestre 2009 et le premier trimestre 2008. Cette tendance devrait se poursuivre sur le reste de l’année.
Dans l’Observatoire de la Fnaim, de nombreuses grandes villes affichent des baisses supérieures à 10 %, notamment à Aix-en-Provence, Cannes, Grenoble, Toulon (voir la carte). Mais, parfois, les chiffres de la Fnaim divergent avec ceux des notaires. Ainsi, pour Paris, la Fédération d’agents immobiliers annonce une baisse des prix de 4,9 % pour l’année 2008, alors que les notaires font état d’une très légère hausse de 2,5 %. Quoi qu’il en soit, même les notaires admettent que le reflux des prix arrive. Il devrait être de - 5 % à - 10 % cette année. Les acheteurs de la capitale vont être contents.
07 avril 2009
OCDE : la plus grave récession de mémoire d’homme
OCDE : la plus grave récession de mémoire d’homme
1er avril 2009
Les graphiques établis par l’OCDE pour faire le point sur la situation à l’approche du G20 permettent de juger rapidement de l’ampleur exceptionnelle d’une récession à l’échelle mondiale que les analystes de l’organisation décrivent comme « la plus profonde et la plus synchronisée de mémoire d’homme ». Activité économique, production industrielle, commerce international, crédit, secteur immobilier, chômage, déficits budgétaires, tous les indicateurs sont - ou vont - passer au rouge. Cette crise est déjà plus forte que celles qui avaient suivi les deux chocs pétroliers, et l’OCDE prévoit qu’elle devrait s’aggraver encore durant l’année, provoquant une contraction de l’activité comprise en 4 et 7% sur l’ensemble des pays appartenant à l’organisation. Une grande incertitude continue de régner, jugent les analystes, car les prévisions publiées dépendent de la réussite de l’assainissement du secteur financier avant la fin de l’année. Mais comme le notait Munchau, l’OCDE s’inquiète que le ralentissement ne détériore encore la solvabilité des établissements et elle précise que ses prévisions pourraient également être remises en cause par une crise monétaire ou une crise bancaire touchant les pays européens de l’est ou les pays émergents. Nous avons sélectionné les principaux indicateurs publiés par l’OCDE.
Contre Info, 1er avril 2009
Ci dessus : Un écart de production sans précédent - Différence entre le potentiel économique (estimé) et l’activité réelleLa croissance s’est effondrée - PIB réel, corrigé de l’inflation

Le ralentissement sur deux trimestres consécutifs le plus marqué depuis l’après guerre - Comparaison par rapport aux précédentes récessions.

Une récession synchronisée - pourcentage de pays de l’OCDE subissant un ralentissement

Plongeon de la production industrielle

Effondrement du commerce mondial - Taux de croissance trimestriel annualisé, 1970 à aujourd’hui

Augmentation du chômage - Projections

Taux de chômage

Crédit
Forte contraction du crédit

Durcissement des conditions d’octroi de crédit

Immobilier
USA : Augmentation des saisies et des défauts ou retards de paiements

Chute marquée du nombre de permis de construire - Période octobre à janvier, variation par rapport à l’année précédente

Baisse des prix dans l’ensemble des pays

Inflation
Baisse marquée de l’inflation

Risque déflationniste

Déficits publics

Synthèse des prévisions














