L'observatoire de L'immo

L'observatoire de la bulle immobiliere en direct! Une piece de theatre de William Shakespeare en 4 actes ! Vous vous en doutez, une tragedie ! Mais que font les bulles de savon lorsqu'elle gonflent trop ?

13 août 2007

Analyse LEAP2020 etat de la crise immo-financiere americaine, Aout 2007

Crises immobilières : Au-delà des « prêts à risque », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale


Nous sommes maintenant au bord du gouffre. Il ne s’agit pas simplement d’un krach financier, mais d’une désintégration du système financier, économique, culturel et social dans lequel nous avons vécu depuis plus de 40 ans.


Extrait GEAB N°13 (15 mars 2007)



 

Crises immobilières : Au-delà des « prêts à risque », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale

 

 

LEAP/E2020 a anticipé en détail le déclenchement de la crise des « subprime mortgages » (prêts immobiliers à risque ») depuis plus de six mois, en précisant que la fin 2006 et le début 2007 marqueraient l'explosion de cette « bulle immobilo-financière ». Le rythme des faillites de sociétés de crédit américaines spécialisées dans ce type de prêts est désormais quasi-quotidien. Les médias (et les « régulateurs ») découvrent avec « surprise » que nombre de ces sociétés étaient en fait maintenues artificiellement en activité depuis des mois par les grandes banques et établissements financiers (1) qui avaient massivement investi dans ce secteur si rentable (2).


 

Dette hypothéquaire totale (Etats-Unis)

Dette hypothéquaire totale (Etats-Unis)

 

Ainsi, pour LEAP/E2020, non seulement le marché n'est qu'au début de la prise de conscience de l'ampleur de la bulle dans le secteur des prêts immobiliers à risque, mais surtout il va découvrir dans le mois à venir deux axes de contagion particulièrement lourds de conséquences, notamment en ce qui concerne les grands établissements de crédits US (et opérant aux US). Ces derniers vont être fortement affectés par cette crise à trois niveaux :

a/ leurs engagements sur les prêts immobiliers à risque vont se transformer en dettes massives : Par exemple, New Century, dont la dette vient d'être classée « en faillite » par Standard&Poor's (3), va représenter un « trou » de plus de 8 milliards USD pour les banques qui l'ont porté ces derniers mois : Morgan Stanley (engagé pour 2,5 milliards USD), Citigroup, Bank of America, Crédit Suisse, Goldman Sachs, Barclays, Ixis Real Estate (4).
Actuellement toutes les grandes banques impliquées dans ce marché multiplient les « margin calls » destinées à se « couvrir » au maximum du fait de l'effondrement des valeurs des prêts qu'elles ont achetées et revendues sur les marchés financiers. Mais la plupart des sociétés de crédits immobiliers à risque sont en fait des coquilles vides depuis des mois qui ne vivaient plus que des lignes de crédit autorisées par ces mêmes grandes banques (5), dont les grandes banques d'affaires comme Lehman Brothers ou bien Merryl Linch, ou les bras financiers de grandes entreprises comme General Motors (6).

b/ les faillites vont s'étendre hors du secteur des seuls établissements spécialisés dans le crédit à risque : En effet, la crise va s'étendre aux prêts immobiliers dans les catégories directement supérieures à celle dite « à risque », d'une part parce que les banques vont par précaution rendre plus difficile le refinancement des prêts (or ce sont plus de 2.000 milliards USD de prêts immobiliers qui arrivent à terme de refinancement cette année) ; et d'autre part parce que nombre d'établissements de crédit ont en fait prêté sans précaution y compris aux catégories censées être moins risquées comme les « narrow subprime », « Alt.A », « near prime » et même « prime » (7). Ainsi contrairement à ce que répètent les médias financiers, la crise des prêts à risque est en fait une crise qui va toucher près de la moitié des prêts immobiliers américains effectués ces deux dernières années (8).


 

Evolution du ratio Garanties hypothécaires/Crédit total des banques commerciales US (source CHS)

Evolution du ratio Garanties hypothécaires/Crédit total des banques commerciales US (source CHS)

 

c/ L'effondrement du marché des prêts à risque est en train d'entraîner dans sa chute l'un des vecteurs préférés des marchés financiers ces dernières années (9) : Le CDO (Collateralized Debt Obligation – titre dont la valeur est adossée à des créances notamment sur l'immobilier). Ainsi en 2006, ce sont près de 150 milliards USD de nouveaux CDO hypothécaires qui ont été absorbés par le marché américain (sur un marché des CDO atteignant désormais près de 1.000 milliards USD) dont l'immense majorité basés sur des prêts à risque (10). Et on assiste ces jours-ci à un effondrement de ce marché qui va entraîner avec lui celui des acquisitions à effet de levier (LBO) qui ont dopé les marchés financiers ces dernières années car les CDO étaient en général les « combustibles » de ce type d'opération (11). D'autre part, d'une manière générale, la déroute des prêts immobiliers à risque entraîne le grand retour de l'aversion au risque, comme l'avait annoncé LEAP/E2020 dès la fin 2006. Et bien entendu, cette tendance précipite la crise des hedge funds (dont la bonne santé dépendait de ces produits financiers dérivés) déjà bien mal en point depuis quelques semaines (12).


 

Evolution du marché des CDO - source WSJ

Evolution du marché des CDO - source WSJ

 

En résumé, le secteur financier américain et l'ensemble des opérateurs impliqués sont en train de s'enfoncer dans une crise généralisée et très profonde (13) puisque ce sont les ressorts de la croissance des opérateurs financiers US qui sont désormais atteints. Et ce ne sont ni les « hélicoptères » déversant des liquidités (chers à Ben Bernanke) (14) sur une économie déjà engluée dans l'argent facile, ni les actions désormais quasi-quotidiennes de la « Plunge Protection Team » (cf. GEAB N°8) qui pourront durablement renverser la tendance. En ce domaine, les autorités financières américaines en sont au stade des dirigeants politiques et militaires US en Irak : les seules options restantes sont toutes de mauvaises solutions.

L'équipe LEAP/E2020 reviendra sur les conséquences de cette situation dans ses recommandations, mais il est certain que ce trimestre sera le dernier avant longtemps à pouvoir encore offrir de bons résultats pour les opérateurs financiers.


 

 

--------
Notes:

(1) Pour avoir une première idée du type de banques US qui peuvent être particulièrement exposées, lire ce très intéressant article de Philip van Doorn dans The Street du 14/03/2007, intitulé « Banks with most subprime exposure ».

(2) Tout au long de ces derniers mois, alors que l'équipe de LEAP/E2020 anticipait l'effondrement en cours du marché des prêts à risque et des opérateurs financiers associés, la presse spécialisée s'est faite le porte-parole d'une remarquable opération de manipulation des investisseurs en relayant sans la moindre mise en garde les déclarations positives des banques d'affaires sur les établissements de crédit concernés, alors même que ces banques d'affaires étaient lourdement impliquées dans le marché des prêts à risque. Le meilleur exemple est peut-être cet article de MarketWatch/DowJones du 1er Mars 2007 (« New Century upgraded at Bear Stearns ») titrant sur le fait que Bear Stearns valorisait à la hausse les actions de New Century, soit dix jours avant que sa cotation soit suspendue et des poursuites judiciaires contre ses dirigeants entamées par les autorités californiennes. Pourtant, en rachetant récemment ECC Capitals, une société de prêts à risque (cf. Yahoo Finance, 12/02/2007), Bear Stearns, comme tous ses collègues de Wall Street, était bien devenu un acteur de ce marché, donc fortement soupçonnable de ne plus donner des avis impartiaux.

(3) Reuters, 12/03/2007

(4) « New Century on bankrutpcy's doorstep », Reuters, 12/03/2007

(5) “Goldman Sachs warns of ‘dead bodies' after market rurmoil”, Telegraph, 06/03/2007

(6) “GM may take almost $1 billion charge for mortgages”, Bloomberg, 06/03/2007

(7) « Prime or not so prime : an exploration of US housing finance in the new century », Allen Frankel, Bank of International Settlement, Quarterly Review, March 2006

(8) « Mortgage liquidity du jour: Underestimated no more », Credit Suisse/Narreia, 12/03/2007

(9) Pour ceux qui ne maîtrisent pas bien ces différents termes et techniques financières, voir le très bon article de wikipédia sur le thème de la « titrisation ;.

(10) « Mortgage shakeout may roil CDO market », Wall Street Journal, 13/03/2007

(11) « CDO may bring subprime-likebust for LBOs and junk bonds », Bloomberg, 13/07/2007

(12) « Man group drops on key hedge fund's woes”, MarketWatch/DowJones, 07/03/2007

(13) « Subprime Titanic Hits Iceberg: Wall Street Abandons Ship", Richard Benson, PrudentBear, 22/02/2007

(14) « Speech by Ben Bernanke », US Federal Reserve, 21/11/2002


 

Jeudi 09 Août 2007



 

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Engrenage dangereux

Le figaro / Publié le  11 août 2007

Actualisé le 11 août 2007 : 21h22


Au cours des dernières quarante-huit heures, les banques centrales européenne, américaine et japonaise ont injecté entre 150 et 200 milliards de dollars dans le circuit financier mondial. Ces sommes absolument colossales, inégalées depuis les attentats du 11 septembre 2001, démontrent qu'il ne s'agissait pas simplement de mettre un peu d'huile dans les rouages de la grande horlogerie mondiale du crédit. Mais bien d'éviter une défaillance majeure. D'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre, le système tout entier risquait de se gripper et de restreindre considérablement l'offre de crédit, le carburant de l'économie.

 

Les banques centrales ont donc fait ce qu'il fallait pour empêcher ce qu'elles appellent une « crise systémique », scénario noir dans lequel les établissements financiers tombent les uns après les autres comme des dominos. Concrètement, la BCE, la Réserve fédérale et la Banque du Japon ont fourni en urgence d'énormes quantités d'euros, de dollars et de yens à des dizaines de grandes banques commerciales qui craignaient de ne pas pouvoir faire face à leurs besoins ni à ceux de leurs clients. Leur intervention a été rapide, massive et efficace. Bref, le pire a été évité.

 

Mais les dérèglements de la planète financière n'ont pas disparu pour autant. Depuis quelques semaines, plusieurs engrenages défectueux sont apparus. D'abord aux États-Unis où des établissements financiers et des fonds d'investissement ont subi des pertes parfois fatales sur le marché du crédit immobilier. Puis en Europe et dans le reste du monde.

 

La crise révèle que des pans entiers du système financier mondial reposent sur des bases fragiles. C'est le cas notamment des fameux crédits « subprime », ces prêts immobiliers accordés à des ménages américains modestes. Un nombre croissant d'entre eux, étranglés par les dettes, ne peuvent plus rembourser. En Californie, les saisies immobilières ont augmenté de ce fait de 170 % en six mois, jetant des milliers de familles à la rue. Le président Bush s'en est d'ailleurs ému cette semaine. Cette crise qui a plongé les établissements prêteurs spécialisés dans de grandes difficultés - certains ont fait faillite - touche aujourd'hui les banques et les fonds d'investissement qui les ont financés, leurs actionnaires, leurs clients, etc. C'est ainsi que les craquements du système financier se multiplient, comme des fissures sur la glace de printemps.

 

Les turbulences de la planète financière n'ont pour le moment guère perturbé le reste de l'économie. Les banques centrales sont d'ailleurs les premières à délivrer des messages rassurants à ce sujet, voyant même dans la crise actuelle une saine purge. Et les perspectives de croissance restent bonnes en Europe comme aux États-Unis. Mais les mondes de la finance et de l'économie « réelle », comme l'on dit, ne sont pas étanches. Il est évident que si les difficultés du secteur financier devaient s'aggraver, cela finirait assez rapidement par avoir un impact sur les conditions de financement des entreprises et des particuliers. La menace est sérieuse.

 



Posté par immopourlesnuls à 23:11 - A LA UNE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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