10 octobre 2008
Immobilier : la chute des prix frappe à la porte
Immobilier : la chute des prix frappe à la porte
Logement. Tous les types de logements et presque toutes les régions sont touchés.
TONINO SERAFINI
Pschitt. La bulle immobilière commence à se dégonfler. Même les notaires et les agents immobiliers qui multipliaient depuis un an les contorsions sémantiques pour éviter d’employer les mots «baisse des prix» reconnaissent désormais que le marché amorce une sérieuse décrue. Il faut dire que la «brutalité des événements de l’été», selon les termes du président de la Fnaim (1) René Pallincourt, oblige à prendre acte d’un retournement perceptible depuis juin 2007. Cet été «chaud» s’est caractérisé par une chute du nombre de transactions dans le neuf comme dans l’ancien, par un recul sensible de la construction et… par une baisse trimestrielle des prix des logements de 2,9 %, selon l’Observatoire des marchés de l’ancien de la Fnaim publié hier (voir carte ci-contre).
Récession. Tous les segments du marché sont touchés les appartements (- 2,3 %) comme les maisons (- 3,5 %). Cette «tendance baissière devrait se poursuivre en fin d’année», a admis René Pallincourt. Comment prétendre le contraire, alors que le pouvoir d’achat des ménages est à la baisse, que les taux d’intérêt remontent, que la crise financière menace et que l’Insee prédit une récession ? Le marché a radicalement changé. Fini les années fastes quand les clients se bousculaient dans les agences, et lorsque le vendeur dictait son prix. L’attentisme est désormais de mise, les acheteurs se font rares. La Fnaim admet une «baisse de l’activité de 10 à 15 %». Récemment, le Conseil supérieur du notariat a fait état d’une chute de 25 % du nombre de transactions dans les métropoles régionales. Hier, lors de la présentation des statistiques, des responsables locaux de la Fnaim ont pris la parole pour apporter leurs constats du terrain. «Aujourd’hui les acquéreurs font le prix», a pointé Jean Chavot, agent immobilier à Lyon. «Des mandats de vente que nous avons en portefeuille sont renégociés pour fixer un prix en adéquation avec le marché.» Les tarifs sont donc revus à la baisse, ce qui n’estpas toujours facile à avaler. «Nous devons faire preuve de pédagogie avec les vendeurs », confie-t-il à Libération. Le représentant de la région Paca, Patrick Siksik, témoigne pour sa part d’un marché «attaqué par tous les bouts». Sur la Côte, «les logements pas trop chers sont encore trop chers» pour la clientèle locale, «désolvabilisée» par des hausses répétées de prix au cours de la dernière décennie. Les produits haut de gamme, recherchés par les étrangers, souffrent aussi, la clientèle internationale se faisant plus rare. «Depuis fin 2007 les Russes ont presque disparu», confie-t-il. Décidément la crise n’épargne personne !
Purge. Pas même la région Ile-de-France, considérée comme une forteresse dans le domaine de l’immobilier. Là encore, les transactions sont en chute libre avec 42 000 logements vendus de mai à juillet 2008 contre 49 000 pendant la même période en 2007 (- 14,4 %), selon des chiffres dévoilés par Me Jean-Marie Montazeau, responsable de la conjoncture immobilière à la Chambre des notaires Paris-Ile-de France. Comme les agents immobiliers de la Fnaim, ces officiers ministériels ont acté un vif retournement du marché. La purge est loin d’être finie. «Les tendances constatées en septembre dans les offices […] sont évidemment à un ralentissement très net de l’activité», a souligné Me Humbert, le président de la Chambre. Pour l’instant, les statistiques des notaires ne révèlent pas encore de baisse des prix : les chiffres dévoilés hier traduisent même une hausse moyenne de 1,2 % de l’immobilier francilien au cours du deuxième trimestre et de 6,6 % sur un an (+10,1 % à Paris). Mais ces chiffres ne rendent pas compte des réalités actuelles du marché ces statistiques étant fondée sur des ventes ficelées lors de compromis signés début 2008. Pour la Fnaim, qui collecte des chiffres plus récents, la hausse à Paris est de 2,6 % sur un an. «Les prix des logements proposés à la vente aujourd’hui commencent à baisser», a admis un notaire. «Les acheteurs ne veulent plus, et ne peuvent plus se soumettre aux prix demandés par les vendeurs», a pointé Me Jérôme Dray. «Une baisse des prix de 10 à 15 % n’a rien d’alarmant quant on sait que les prix ont plus que doublé en dix ans.» Il suffisait de le dire. Depuis 1997, l’immobilier à Paris a flambé de 184,1 %.
(1) Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier).
05 janvier 2006
Claque, PAP et baisse de 25% vers Montpellier...
Les prix se negocie a -25 % au alentours de Montpellier, voiici le temoignage d'un couple de particuliers en recherche d'achat

