18 octobre 2008
Les banksters aux manettes Video
L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.
La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.
D'ou vient tout cet argent ?
Comment peut-il y avoir TANT d'argent à preter ?
La réponse est... qu'il n'y en a pas.
De nos jours, L'ARGENT S'EST FAIT DETTE.
S'il n'y avait PAS DE DETTE
Il n'y aurait PAS D'ARGENT
Si tout ceci vous laisse perplexe, rassurez-vous, vous n'etes pas le seul ou la seule.
Très peu de gens comprennent ce système, meme si nous sommes tous touchés.
Ce long métrage d'animation, dynamique et divertissant, de l'artiste et
vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du
SYSTEME ACTUEL D'ARGENT-DETTE dans des termes compréhensibles pour tous
Nous vous présentons le chef d'oeuvre de Paul Grignon pour la première
fois disponible avec une bande son francaise et textes en francais !
18 septembre 2007
Ca se passe a Londres maintenant
Lâchée par ses clients, la banque Northern Rock lutte pour sa survie
Par Par Frédéric POUCHOT AFP - Lundi 17 septembre, 16h40
LONDRES (AFP) - La huitième banque britannique Northern Rock semblait lundi condamnée à trouver un repreneur au plus vite pour assurer sa survie, face à l'effondrement de son cours de Bourse et à l'hémorragie des clients qui ont déjà retiré deux milliards de livres d'économies.
En dépit des appels au calme du patron de la banque, Adam Applegarth, et des autorités, les épargnants se sont encore précipités lundi dans les succursales de la banque à travers le pays, dès l'ouverture des guichets qui avait été avancée d'une heure à 08H00 locales (07H00 GMT).
Le personnel peinait à absorber le flot de clients inquiets, et de longues files d'attentes s'étiraient toujours à la mi-journée.
A la Bourse de Londres, l'action du groupe a poursuivi sa chute, perdant encore 33,16% à 292,75 pence vers 11H00 GMT. Sa valeur boursière a fondu de 54% depuis jeudi, et de près de 75% depuis le début de l'année, tombant à 1,23 milliards de livres, soit 1,78 milliards d'euros.
De plus, en dépit des promesses du groupe d'augmenter la capacité de son site internet, l'accès aux comptes en ligne était toujours saturé, ce qui risquait d'accroître encore l'angoisse des clients et de les encourager à venir gonfler un peu plus les files d'attentes en agence.
Selon la BBC, deux milliards de livres (trois milliards d'euros) ont déjà été retirés des caisses de Northern Rock, soit le douzième des dépôts sous sa garde, depuis qu'elle a dû faire appel jeudi en urgence à la Banque d'Angleterre (BoE) pour se refinancer.
Northern Rock, spécialisée dans le crédit immobilier, n'arrivait plus en effet à emprunter d'argent auprès des autres banques, devenant ainsi l'une des premières victimes en Europe de la contraction du crédit.
Les autres établissements, auprès desquels Northern Rock finançait ses emprunts à hauteur de 75%, ne voulaient plus lui prêter de liquidités, s'inquiétant de sa possible exposition au marché des prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis ("subprime").
M. Applegarth a dû reconnaître dimanche, dans un entretien au Sunday Telegraph, que l'indépendance de son groupe était désormais compromise, alimentant dans la presse des spéculations sur une vente rapide à un concurrent.
Selon le Financial Times et le Daily Telegraph, le groupe est en quête active d'un repreneur, avec l'appui de la Banque d'Angleterre qui s'est engagée à garantir le financement de Northern Rock quel qu'en soit l'acquéreur.
Selon les deux quotidiens, la BoE avait fait échouer il y a une semaine une offre de rachat de la banque émanant de sa concurrente Lloyds TSB, en refusant justement de couvrir ses problèmes de liquidités.
Désormais, "un rachat serait la meilleure des solutions pour les actionnaires" de Northern Rock, ont estimé les analystes de la Deutsche Bank, tandis que ceux de Merrill Lynch ont affirmé que "c'est la fin de la partie pour le groupe sous sa forme actuelle", ne voyant pour seule issue qu'une acquisition, une nationalisation ou une restructuration drastique.
Les économistes s'inquiétaient également des possibles répercussions sur l'économie britannique. Selon Howard Archer, du cabinet Global Insight, "les images répétées de personnes faisant la queue pour retirer leurs économies pourraient alimenter les craintes que d'autres établissement financiers soient affectés, et augmenter l'inquiétude générale sur l'économie".
L'affaire pourrait également écorner la popularité du Premier ministre Gordon Brown. Des opposants conservateurs et libéraux-démocrates l'ont jugé en partie responsable, l'accusant de n'avoir pas lutté contre la spéculation immobilière et la spirale de l'endettement des foyers britanniques lorsqu'il était ministre des Finances, de 1997 à juin dernier.
Le mouvement qui a incité depuis vendredi des milliers de clients de la banque britannique Northern Rock à se rendre dans les agences pour vider leur compte est un exemple de panique bancaire, observé en quelques rares occasions depuis la crise de 1929.
18 juin 2007
Pour gagner plus, Sarkozy propose de gonfler la bulle immobilière
source: Nouvelle Solidarité
Le président Sarkozy, ouvertement soutenu par les collaborateurs français de l’oligarchie mondialiste, vient d’annoncer une série de mesures pour conforter ses précepteurs. Après une table ronde organisée à l’Elysée avec les 16 banquiers et assureurs les plus important du pays, Sarkozy a annoncé le lancement d’ « un plan d’action pour l’industrie financière », c’est-à-dire des mesures qui vont gonfler la bulle financière en France. Parmi les objectifs principaux on trouve évidemment la création d’un marché immobilier « sub-prime », modèle qui provoque une catastrophe financière aux Etats-Unis.
Le porte-parole de l’Elysée a dit que « l’industrie financière, qui emploie plus de 750.000 employés en France, joue un rôle essentiel en finançant l’économie et la compétitivité de nos entreprises. » Le plan devrai atteindre trois buts : « l’accès au crédit du plus grand nombre pour permettre à ceux qui ont des revenus irréguliers d’emprunter pour accéder à la propriété, faciliter le financement des entreprises et notamment des PME, renforcer la compétitivité de la place de Paris face à la prééminence de Londres. »
Selon le Monde, les professionnels de la finance « avaient le sourire », et se pressaient auprès des journalistes pour revendiquer « connaître personnellement M. Sarkozy ». Le président de GEMA, la compagnie d’assurance mutuelle, a déclaré "M. Sarkozy nous a expliqué qu’il avait un mandat et nous, les outils pour agir. Nous prendrons nos responsabilités !"
Rappelons que parmi les tuteurs financiers de Sarkozy nous trouvons Bernard Arnault, première fortune de France à la tête de LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) ; Antoine Bernheim, de l’historique banque d’affaire Lazard Frères, et désormais président des assurances vénitiennes Assicurazioni Generali ; Vincent Bolloré, le protégé de Bernheim et propriétaire d’une fortune coloniale acquise récemment en Afrique ; et Martin Bouygues patron de la plus grande compagnie de construction française.
La France, au regard de ces financiers, doit jouer un rôle de supplétif sur les marchés internationaux en « créant de la consommation » par le crédit, sans construire d’infrastructure, ni développer la production, mais en pillant une épargne qui est encore à 15 %, alors que le taux américain est négatif et le taux britannique très bas. Est-il bien raisonnable de venir au secours des bulles financières alors qu’elles se trouvent sur le point d’éclater ?
27 avril 2007
Apres le krack immo us, celui de l'espagne, la bulle en france
Voici une interview privee recuperee depuis le forum de la bulle immobiliere d'un specialiste tres connu travailant dans une banque aussi tres connue.
je vous laisse juger de l'ampleur de la bulle immobiliere en France, plus importante selon cet expert, que celle deja immense aux USA.
Mais vous le savez bien, le nuage de Tchernobyl a frole les frontieres francaises, donc pas de risque...
Voici l'interview : Lien
03 avril 2006
un banquier confirme la bulle et la stagnation, Avril 06
Par Marie Phoenix le 3 avril 2006
Nous
avons souvent donnné la parole aux particuliers, aux décideurs ou ou
encore aux professionnels afin de vous présenter - au fil des mois -
une analyse du marché immobilier. Nous avons suivi très attentivement
toutes les décarations de la BCE ou de la Banque de France, et en
particulier celles qui concernaient l'épineux dossier du surendettement
des ménages.
Aujourd'hui, le blog finance vous présente l'interview d'un banquier réalisée par Prix-immo le 29 mars 2006.
"Interrogé lors du salon de l'immobilier de Grenoble, Joël Saxod, chargé d'affaires à la Caisse d'Epargne des Alpes a confié à Prix-Immo.com ses constatations sur le marché immobilier, et nous informe de la politique adoptée actuellement par les établissements bancaires face à la montée des prix.
Prix Immo : En tant que banquier, quelles tendances constatez-vous sur le marché immobilier ?
Joël Saxod : Comme le confirment tous les professionnels, on voit les prix se stabiliser un peu partout en France. Nous sommes dans une période de légère augmentation des taux directeurs, mais la concurrence entre établissements bancaires nous incite à proposer des taux toujours très avantageux. A la caisse d'épargne, la dernière remontée des taux n'a pas de répercussions sur les crédits que nous proposons.
La hausse de ces dernières années, très largement due à la faiblesse des taux d'intérêt, a amené les ménages à s'endetter sur de très longues durées. Il y a 5 ans, la plupart des crédits étaient d'une durée maximale de 20 ans. Aujourd'hui, 80% des dossiers de prêt que nous réalisons sont d'une durée de 25 ans. Les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un financement, même avec des durées longues.
P. I. : La situation vous inquiète-t-elle ? Durcissez-vous votre politique d'acceptation des dossiers ?
J. S. : Bien que nous ne constatons pas de baisse des prix pour l'instant, les délais de vente se rallongent considérablement depuis quelques mois, ce qui attire toute notre vigilance.
Nous sommes confrontés à un phénomène de plus en plus fréquent, que je n'avais pas vu depuis 1996 : beaucoup de clients qui achètent un bien avec un prêt relais, en attendant de revendre l'ancien, ont des difficultés à trouver preneur au prix espéré, bien souvent trop élevé, et se retrouvent parfois dans une situation financière difficile. On appelle cela une mévente. Les clients sont ainsi dans l'obligation de baisser significativement le prix de vente du bien pour éviter de payer trop d'intérêts du prêt relais. Cela montre à quel point le marché est arrivé en haut de cycle.
En ce qui concerne notre politique d'acceptation des dossiers, nous ne comptons pas rendre plus difficile l'accès aux emprunteurs. En revanche, nous sommes de plus en plus regardant sur la qualité du bien, et nous allons probablement à l'avenir demander une expertise, surtout pour un prêt relais ou un projet d'investissement. Si le prix est surévalué, nous rejettons le dossier.
Nous avons régulièrement sur la table des dossiers d'achat de "ruine" avec travaux, dont les demandeurs voudraient trouver parfois 120% du financement, sans aucun apport. Ces cas, qui ont fait monter le marché jusqu'à maintenant, et qui trouvaient une réponse positive il y a un an, sont désormais très surveillés. Les achats spéculatifs le sont également, car les gens sont beaucoup trop optimistes quant au prix qu'ils pensent pouvoir obtenir de la revente future de leur bien. Beaucoup de clients ont l'impression que le marché peut continuer de monter de 20% par an éternellement, et notre devoir est de les ramener à la raison.
Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre de risque, les marges que nous avons sur les crédits sont très faibles à cause de la concurrence interbancaire.
P. I. : L'immobilier est-il un placement rentable ?
J. S. : Les produits défiscalisants comme les "De Robien" sont largement surestimés par certains commerciaux qui tentent de les présenter comme des placements miracles. Nombreux sont ceux qui ne se rendent pas compte que le marché locatif a légèrement baissé, et n'a auparavant pas augmenté dans les mêmes proportions que les prix de vente, ce qui procure un rendement médiocre au placement. Les avantages fiscaux ne suffisent pas pour rendre ce genre d'opération intéressante, sauf peut-être pour les ménages fortement fiscalisés.
P. I. : Pensez-vous que nous sommes dans une bulle immobilière ?
J. S. : Je pense que nous sommes effectivement dans une bulle. Pour éviter qu'elle n'éclate, les particuliers doivent revenir à la raison. En tant que banque, nous avons un rôle fondamental à jouer dans la régulation, ce que nous faisons en étant très regardant sur les biens.
La sévérité des banques doit redonner de la raison aux prix.
Les agences immobilières ont leur rôle à jouer également, et ont donc leur part de responsabilité dans la hausse fulgurante des prix. Les agents doivent participer à la régulation du marché en raisonnant les vendeurs, faute de quoi nous irons droit vers un retournement.
S'il devait y avoir un retournement, les petites agences seraient condamnées, sachant que 45% du marché est contrôlé par les grosses enseignes. Mais je ne pense pas qu'on en arrive là.
Commentaires
Le discours de ce banquier nous rappelle le rapport du Sénat sur la probalité d'un krach immobilier, qui a conclu que plus il tarde plus il sera violent. Je pense qu'il est utopique d'espérer que, "...pour éviter qu'elle n'éclate, les particuliers" reviennent "à la raison"..., par contre les banques et les agences immobilières ont -doivent - jouer un rôle de régulation dans le secteur.
Et la question qui vient naturellement, les pouvoirs publics, pourtant omni-présents en France, vont-ils suivre de plus près (sans le réguler mais en plaçant un garde fou) ce marché, ou sous prétexte qu'il s'agit d'un marché privé, le laisseront-ils à la dérive ?
Il semblerait qu'il y ait une certaine réticence à le cadrer, motivée en partie par le fait que l'état est l'un principaux gagnants de cette hausse : ne perçoit-il pas impôts et taxes divers qui proviennent du BTP et de l'immobilier ? Puis l'Etat vend également son patrimoine à un rythme beaucoup plus soutenu.
En effet, non seulement les professionnels, agents immobiliers, notaires sont plus riches en période "faste" et "dynamique", mais l'ETAT tire un énorme profit de la bulle sous forme de taxes et droits divers. Et puis, un krach immobilier ne serait pas bon pour le moral des Français, propriétaires à 56%.... surtout en période électorale.
07 février 2006
Immobilier et surendettement (6) : la BCE invite à la prudence, le nombre de prêts chute.
Immobilier et surendettement : la BCE invite à la prudence, le nombre de prêts chute.
Par Marie Phoenix le 7 février 2006
Un communiqué de presse de la Banque de France daté du 3 février 2006, nous apprend qu'un nouvel organisme de régulation bancaire tire la sonnette d'alarme sur les prêts à l'habitat. Il s'agit de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui vient de publier une enquête réalisée en janvier 2006 sur les conditions d'exercice du crédit dans la zone euro.
Le but de cette enquête est d'analyser le comportement des banques face
au crédit. Ce document assez technique met en évidence les motivations
des banques et leur politique en matière de prêts et les risques
qu'elles pensent prendre en prêtant de l'argent aux particuliers (il
s'agit essentiellement d'emprunts immobiliers).
Les banques ont accordé moins de prêts à l'habitat au cours du dernier trimestre 2005, 15% de moins que sur la moyenne des 3 trimestres précédents. Ce resserrement des facilités de crédit est dû au sentiment de risque accru qu'ont les banques. Cette prudence est liée à deux facteurs : d'abord une dégradation des conditions économiques générales qui pourraient engendrer des difficultés de remboursement des emprunts, mais aussi les perspectives du marché immobilier, désormais perçu comme nettement "plus tendu".
Le document auquel la Banque de France se réfère est disponible sur le site de la BCE : www.ecb.int dans la rubrique intitulée "Statistics" et nous apprend que la demande de prêts à l'habitat n'a pas faibli au 4ème trimestre 2005. Ce maintien de la demande a même surpris les banques qui ne s'attendaient pas à un tel nombre de candidats à l'achat. Toutefois, pour le premier trimestre 2006, elles s'attendent à une chute brutale des demandes de prêts. Le bruit persistant d'un blocage du marché et les premiers témoignages d'invendus y sont certainement contribué.
A travers ce langage toujours un peu emmitouflé (la saison s'y prête !), la BCE indique nettement qu'elle partage pour la zone Euro les inquiétudes de la Banque de France, comme nous vous l'avions signalé hier dans notre article : Immobilier et surendettement (5) : l'avertissement de la Banque de France.
Voici la présentation de l'objectif de cette enquête que la BCE va réaliser tous les trimestres et qui sera diffusé à toutes les banques et organismes de prêts concernés. "The Eurosystem has developed a survey of bank lending in the euro area. The main objective of the survey is to enhance the Eurosystem's knowledge of financing conditions in the euro area and hence to help the Governing Council of the ECB to assess monetary and economic developments as an input into monetary policy decisions. It is designed to complement existing statistics on retail bank interest rates and credit with information on supply and demand conditions in the euro area credit markets and the lending policies of euro area banks.
The survey addresses issues such as credit standards for approving loans as well as credit terms and conditions applied to enterprises and households. It also asks for an assessment of the conditions affecting credit demand. The survey is addressed to senior loan officers of a representative sample of euro area banks and will be conducted four times a year. The sample group participating in the survey comprises around 90 banks from all euro area countries and takes into account the characteristics of their respective national banking structures."
La Banque de France avait déjà lancé des appels à la prudence.
Immobilier et surendettement : l'avertissement de la Banque de France.
Immobilier et surendettement : l'avertissement de la Banque de France.
Par Marie Phoenix le 6 février 2006
La commission bancaire réunit sous l'égide de la Banque de France
les superviseurs des banques et établissements de crédits opérant sur
le territoire national. Outre un bilan de l'activité écoulée, elle a
pour but d'informer les "prêteurs" sur la tendance et les mettre en garde contre les risques. Cette fonction de régulation est essentielle car le système bancaire repose avant tout sur la confiance du public.
"Organe collégial présidé par le Gouverneur de la Banque de France, la Commission bancaire
est chargée de contrôler le respect par les établissements de crédit et
par les entreprises d’investissement (hors sociétés de gestion de
portefeuille) des dispositions législatives et réglementaires qui leur
sont applicables et de sanctionner les manquements constatés (article
L613-1 du Code monétaire et financier).
Elle veille également à la qualité de leur situation financière et au respect des règles de bonne conduite de la profession."
Dans son dernier rapport daté de novembre 2005,
la Banque de France met en garde contre les risques notables qui pèsent
sur les prêts immobiliers et sur le caractère durable de leurs
performances. La pierre plombe le budgét des Français, et leur solvabilité est en berne.
"Ainsi, il est préoccupant que des opérations de financement développées à grande échelle telles que les prêts à l'habitat soient réalisées à des taux si bas qu'ils couvrent à peine les coûts de production et figent la structure de taux des actifs pour de nombreuses années. Dans ce contexte, les conditions d'octroi des nouveaux prêts[...], à l'inverse de l'évolution constatée actuellement, doivent être rigoureuses."
Le langage des banquiers est toujours un peu cotonneux et engoncé. Mais l'avertissement est clair : la Banque de France conseille vivement à toutes les banques d'arrêter de prêter sans précautions sur de longues durées.
Que craint la banque de France ?
Que les contreparties, c'est-à-dire les hypothèques prises sur les maisons et appartements achetés à crédit, soient "incertaines sur leurs résultats futurs". Pas très optimiste sur le marché immobilier, la Banque de France !
Que faut-il en conclure ?
Au cours de la commission bancaire, la Banque de France a mis vertement en garde l'ensemble des établissements bancaires contre le laisser-aller actuel qui prévaut dans l'obtention des prêts à l'habitat. Le président de la commission a rappelé les banques à leur responsabilité sociale, à leur devoir de prévenir et de contenir le surendettement des particuliers. Il leur a aussi rappelé les risques qu'ils encourraient en cas de baisse de l'immobilier et de défaillance des emprunteurs, à savoir d'être obligés de recourir à la saisie des hypothèques (c'est-à-dire des biens immobiliers achetés à crédit) ce qui serait politiquement inacceptable.
La Banque de France déraille-t-elle ?
Pas vraiment, elle est même tout à fait dans le vrai si on regarde l'augmentation phénoménale de l'endettement des ménages en 2004-2005. Il y là un vrai risque pour la nation tout entière, quand les ménages suivent l'exemple déplorable de l'Etat et s'endettent au-delà du raisonnable. Qui paiera en cas de défaillance ?
Dernière minute : l'avertissement a visiblement été entendu, et le tour de vis se met en place. La revue Patrimoine, citée par Bourarama, nous signale que : "Les banques européennes sont plus réticentes à accepter un prêt immobilier,
selon les résultats trimestriels de l'enquête sur la distribution du
crédit bancaire réalisée par la Banque centrale européenne. Les banques
ne veulent plus faciliter l'accès au crédit des ménages car elles
estiment que le marché immobilier est devenu
de plus en plus risqué. 20 % des banques interrogées envisagent
19 janvier 2006
Inquietude de la banque des banques
| Economie | ||
|
18/01/2006
Le boom du crédit immobilier inquiète la banque des banques centrales
L'accès de plus en plus facile au crédit immobilier présente des risques à la fois pour les ménages et pour les marchés financiers, selon la Banque des règlements internationaux. Or la probabilité d'un retournement de tendance est plus elevée qu'il y a quelques années.
Le boom des crédits immobiliers et la dette grandissante des ménages inquiète la "banque des banques centrales". Dans un rapport,
la banque des règlements internationaux (BRI ) estime que l'accès de
plus en plus facile au crédit immobilier présente des risques, à la
fois pour les ménages qui s'endettent et pour les marchés financiers. Or, souligne le rapport, cette tendance à l'expansion des crédits immobiliers – et la hausse des prix qui l'accompagnent – n'est pas sans risque. Car même si pour le moment, d'après des tests menés en amont par les banques centrales, les banques ont des réserves pour affronter des défauts de paiements, la machine pourrait se détraquer de manière plus importante. Justement parce que l'environnement a changé : la qualité des emprunteurs n'est plus aussi élevée et la sophistication des crédits rend les choses plus compliquées. La tendance pourrait donc se retourner "d'une manière qui nuise gravement à l'activité économique générale". Et malheureusement, "la probabilité d'une telle évolution est plus élevée qu'il y a seulement quelques années" estiment les auteurs. "Une bulle immobilière est plus dangereuse qu'une bulle boursière car le choc est plus important, rappelait Michel Aglietta, professeur d'économie à Paris X, en marge d'une présentation. Non seulement parce que l'effet richesse est plus important et qu'il concerne une palette de ménages plus large, mais aussi parce que le marché immobilier est moins liquide. Il n'y a donc pas de retour rapide à l'équilibre en cas de choc". Pour les marchés financiers, la BRI voit dans le développement de nouveaux produits financiers complexes liés à l'immobilier une nouvelle source de volatilité en cas de choc. Autrement dit, la bourse pourrait tanguer plus fort si le marché immobilier secoue. La BRI appelle donc les banques centrales à se montrer extrêmement vigilantes. Elle les encourage à diversifier au maximum les indicateurs avancés qu'elles utilisent, à s'assurer de la très haute qualité de leurs données sur les prix immobiliers et surtout à s'échanger leurs informations. Car le développement de la globalisation financière a brouillé un peu les pistes. Et il devient difficile de savoir qui supportera in fine le risque en cas de déraillement. Ingrid Vergara | ||
02 janvier 2006
La Banque de France s'alarme d'une "croissance à crédit"
La Banque de France s'alarme d'une "croissance à crédit"
LE MONDE | 27.12.05 | 13h01 • Mis à jour le 27.12.05 | 13h14

our une croissance plus dynamique, les Français doivent-ils s'endetter plus ? Pour la Banque de France, qui, de manière générale, n'aime pas la dette — qu'il s'agisse de celle des Etats ou de celle des particuliers — cela ne fait pas de doute. La réponse est non.
Dans son dernier bulletin mensuel, publié lundi 26 décembre, elle s'alarme que l'endettement des Français ait dépassé, à la mi-2005, le niveau sans précédent de 62 % de leur revenu disponible, contre près de 40 % en Italie et 100 % en Allemagne. Soit une augmentation, en l'espace de dix ans, de plus de 13 points, dont 5 points depuis fin 2003.
Nombre d'éléments ont concouru à cette hausse : des taux d'intérêt très bas, des banques moins exigeantes, mais aussi des incitations fiscales mises en place par Nicolas Sarkozy, quand il était ministre de l'économie, pour favoriser le crédit à la consommation. Dans ce contexte, les Français ont puisé dans leurs économies. Le taux d'épargne, qui était encore supérieur à 17 % il y a quelques années, a baissé pour atteindre aujourd'hui 15,6 %.
" Bercy est très favorable à la poursuite de cet endettement des ménages, avec l'idée saugrenue que l'on aurait une marge de manoeuvre pour endetter nos ménages", regrette un dirigeant de la Banque de France, où l'on pointe que le nombre de dossiers présentés aux commissions de surendettement a plus que doublé entre 1995 et 2002, et qu'il a encore progressé de plus de 30 % entre 2002 et 2004.
Dans son bulletin mensuel, l'institut d'émission se félicite de "l'absence, en France, d'un dispositif juridique d'hypothèque rechargeable", qui permet à un propriétaire endetté, au fur et à mesure qu'il rembourse son emprunt immobilier, de contracter de nouveaux emprunts, assis sur la valeur de son bien et non pas sur ses revenus. Ce mécanisme, s'il devait voir le jour en France, affirme la Banque de France, aurait "un effet significatif sur la distribution du crédit, notamment en direction de populations qui en sont actuellement écartées".
Or, c'est justement ce que compte faire le gouvernement : il travaille à la mise en place, au printemps 2006, d'un prêt hypothécaire rechargeable (Le Monde du 27 décembre). "On s'expose à des chocs, en cas de retournement des prix de l'immobilier ou de hausse des taux d'intérêt", craint-on à la Banque de France, qui cite l'exemple de la Hollande, où "l'éclatement de la bulle immobilière est à l'origine des mauvaises performances de la croissance ces dernières années".
"C'est pour cela que nous avons adopté une solution prudente, explique-t-on à Bercy, au fur et à mesure que l'emprunteur remboursera son crédit immobilier initial, il pourra souscrire à de nouveaux emprunts. Mais seulement à hauteur de ce qu'il a remboursé, pas à hauteur de ce que vaudra alors son bien."
"La croissance française se fait à crédit, s'emporte un dirigeant de la Banque de France, ses moteurs ne sont pas sains. Elle est tirée par la consommation, tandis que les déséquilibres externes se sont gravement détériorés : nous sommes passés d'un excédent externe de plus de 2 % du produit intérieur brut (PIB), à notre entrée dans l'euro, à un déficit de même ampleur aujourd'hui."
Nombre d'économistes sont d'un avis contraire. C'est bien parce que la consommation est le moteur exclusif d'une croissance peu dynamique qu'il faut la soutenir, jugent-ils. Et ce, d'autant plus que plusieurs mécanismes de soutien à la consommation arrivent à expiration.
"Les effets de richesse sur la consommation devraient s'estomper en raison de la stabilisation attendue du marché de l'immobilier", note ainsi Laure Maillard, économiste chez Ixis CIB. Les propriétaires, dont les biens se sont fortement valorisés ces dernières années, se sont sentis plus riches. Un effet purement psychologique qui les a poussés à dépenser plus.
Qui plus est, les mesures exceptionnelles, comme le déblocage anticipé des plans d'épargne salariale, ne devraient pas être reconduites. Enfin, l'harmonisation des smic, qu'avait rendue nécessaire la mise en place des 35 heures et qui s'était traduite par des hausses du salaire minimum, s'est achevée en 2005.
"A quelques mois des élections, le gouvernement devait faire quelque chose. Cela dit, alors qu'un rebond se dessine, ce n'est pas mal", estime Philippe d'Arvisenet, économiste à la BNP Paribas. Qui met en garde : "Il ne faudrait pas que la hausse des achats de biens durables par crédit, que pourrait autoriser le prêt hypothécaire rechargeable, entraîne une hausse des importations de ces biens." Dans ce cas, le surplus de consommation ne créerait pas de la croissance, au contraire.
Au ministère de l'économie, on estime que la mise en place du prêt hypothécaire ne répond pas seulement à une logique conjoncturelle. Et ce, d'autant que l'accélération des salaires et la maîtrise de l'inflation gonflent le pouvoir d'achat des Français. Il a augmenté de 1,6 % en 2004 et devrait afficher une hausse de 1,9 % en 2005 et de plus de 2 % en 2006, selon l'Insee.
Plus fondamentalement, au ministère de l'économie, on considère qu'aujourd'hui, "les ménages ne profitent pas suffisamment de leur patrimoine. Et qu'un recours plus grand au crédit leur permettrait de mieux lisser leur consommation sur l'ensemble de leur vie".
Encore faudrait-il que les mentalités évoluent, dans un pays où le taux d'épargne est traditionnellement élevé et le recours au crédit limité. Et que les réseaux bancaires français, connus pour leur frilosité, soient un peu plus audacieux...
Virginie Malingre et Cécile Prudhomme
CHIFFRES
Crédits
En octobre, l'endettement des Français avait progressé de 10,9 % sur un an. A titre de comparaison, en 2002, il était en hausse de 7,1 %. Les crédits immobiliers représentent 70 % des crédits, les crédits à la consommation 17,7 %. Plus du quart des ménages ont un crédit à la consommation.
Taux
La majorité des prêts immobiliers est à taux fixe, mais la part des crédits à taux variable augmente. Elle représente 30 % des crédits accordés.
Durée
Si les ménages contractent des prêts immobiliers pour une durée moyenne de quinze à vingt ans, celle-ci tend à s'allonger, constate la Banque de France.
Article paru dans l'édition du 28.12.05

