18 novembre 2008
USA prospective Nov 2008
Les États-Unis se préparent à des troubles intérieurs majeurs
![]()

Au delà des indices boursiers qui ne donnent pas d’indication fiables sur l’état de l’économie réelle, les indices se multiplient de faillite du système. L’industrie automobile, principale industrie civile aux États-Unis annonce des fermetures d’usines et ne pourra pas éviter la catastrophe sans être rachetée par l’État. Ces fermetures en annoncent d’autres de sorte qu’il paraît difficile d’empêcher un doublement du chômage aux États-Unis en 2009. Les usines chinoises qui approvisionnent les super-marchés outre-Pacifique ferment en chaîne, ce qui implique que les rayonnages de ces super-marchés ne tarderont pas à être vides. Ainsi que nous l’avons annoncé il y a un an déjà, de nombreux États fédérés devraient bientôt se retrouver dans l’incapacité de payer les traitements de leurs fonctionnaires et par voie de conséquence dans l’obligation de fermer écoles et hôpitaux [12]. Déjà la Californie est officiellement menacée de faillite, c’est pourtant l’État fédéré le plus riche.
Plus d’un quart des États-uniens sont des retraités dont les pensions dépendent de placements financiers. La plupart d’entre eux risquent de se trouver rapidement sans ressources.
On n’imagine pas que l’expulsion de centaines de milliers de familles et leur relogement dans des campings municipaux ne tourne pas à l’émeute dans un pays où les armes sont en vente libre. Craignant les conséquences sociales de cette situation, le gouvernement fédéral s’est préparé à proclamer l’état d’urgence. Cette éventualité a été évoquée au Congrès lors du vote du Plan Paulson. Des troupes d’élite, spécialisées en Irak dans le maintien de l’ordre, ont été rapatriées et se tiennent prêtes [13].
Certains commentateurs envisagent que Washington cède à la tentation des années 30, lorsque pour sortir de la crise de 1929, il encouragea la guerre en Europe. Mais une telle option serait aujourd’hui inadéquate : la guerre ne peut plus être la solution car elle est précisément à la base du problème.
C’est pourquoi tout est entrepris pour masquer l’ampleur de la crise, tout au moins jusqu’à l’élection présidentielle du 4 novembre. Au besoin, de nouvelles liquidités seront injectées et les bourses occidentales suspendront leurs cotations. Une fois cette échéance passée, il appartiendra au prochain locataire de la Maison-Blanche de procéder à la liquidation des actifs et de tenter de le faire en préservant la paix civile
![]()
Le 30 septembre 2008, The Army Times révélait que la 1ère brigade de combat de la 3ème division d’infanterie US [1] avait été rapatriée d’Irak et affectée au maintien de l’ordre intérieur aux États-Unis [2]. Devant le tollé général, le journal a publié un démenti de son propre article.
Cependant tout laisse à penser que l’Administration Bush, inquiète des conséquences sociales de la crise financière et du Plan Paulson, envisage une répression brutale en cas d’émeutes.
Après avoir été traitée avec dérision dans la presse nationale, l’information a ému l’American Civil Liberties Union (ACLU), la puissante association de défense des droits de l’homme. Celle-ci a engagé une procédure FOIA pour se faire transmettre les documents officiels précisant les attributions exactes de cette unité militaire d’élite en matière de police [3].
De source diplomatique, on indique que Washington semble particulièrement craindre de mauvaises nouvelles économiques et des troubles civils durant la période de transition entre les deux présidents (4 novembre-20 janvier). Des démarches ont même été entreprises auprès des autorités financières des pays alliés pour envisager la possibilité de fermeture simultanée des Bourses en cas de crise politique aux États-Unis.
[1] Site officiel
[2] « Brigade homeland tours start Oct. 1 », par Gina Cavallaro, Army Times, 30 septembre 2008.
[3] « ACLU Demands Information On Military Deployment Within U.S. Borders », communiqué de l’American Civil Liberties Union, 21 octobre 2008.
25 octobre 2008
Analyse : Ces imbéciles qui gouvernent les Etats-Unis
23 octobre 2008
Faut-il encore croire les « experts » ?
Ces imbéciles qui gouvernent les Etats-Unis
HEDGES Chris
"la roue tourne mais le hamster est mort"
[ note du traducteur : le titre et la plupart des références et analyses sont probablement plus ou moins adaptabes à d’autres pays... ]
Notre oligarchie est incompétente pour gouverner, pour gérer l’économie, pour réagir devant les catastrophes naturelles, pour éduquer notre jeunesse, pour gérer les affaires internationales, pour créer des services élémentaires tels que la santé ou la protection des individus. Qu’elle soit encore au pouvoir, et qu’elle le sera encore à l’issue des prochaines élections, prouve notre degré d’incapacité à faire la part des choses entre nos illusions et la réalité. Nous croyons encore les « experts » et ces derniers se croient encore eux-mêmes. Ils tournent comme des mouches autour de John McCain et Barack Obama. Ce n’est que lorsque ces élites seront dénoncées comme des parasites incompétents et renversées que nous aurons un espoir de rétablir l’ordre social, économique et politique.
« Leur incapacité d’imaginer qu’un être humain puisse être motivé par autre chose que l’intérêt les rend incapables, ne serait-ce que d’imaginer, d’évoluer dans le cadre d’un désintéressement qu’on appelle l’intérêt public » a dit le philosophe canadien John Ralston Saul, dont les livres « La Civilisation inconsciente » et « Les Bâtards de Voltaire - La dictature de la raison en Occident » s’en prennent avec virulence à nos élites oligarchiques. « C’est comme si la révolution industrielle avait provoqué un traumatisme sévère, qui perdure encore et qui efface la mémoire chez certains. Pour eux, l’histoire moderne a jailli d’une explosion, la révolution industrielle. C’est la pensée idéologique standard : une étoile filante traverse le ciel, une météorite explose, et l’histoire démarre. »
Nos élites – ceux du Congrès, ceux de Wall Street et ceux qu’on nous prépare dans nos universités et écoles de commerce prestigieuses – n’ont pas les capacités pour réparer cette pagaille financière. En réalité, ils vont l’aggraver. A cause de l’éducation qu’ils ont reçue, ils n’ont aucune conception du « bien commun ». Ce sont des bureaucrates médiocres, timorés, sans imagination qui ont été formés à la gestion de systèmes. En guise de solutions, ils ne peuvent concevoir que des petites retouches qui feront plaisir aux milieux d’affaires. Ils ne pensent qu’en termes de chiffres, de profits et de promotions personnelles. Ils sont capables de refuser des soins médicaux aux malades pour augmenter les bénéfices d’une compagnie, tout comme ils sont capables de faire appel à l’argent des contribuables pour fourguer des systèmes d’armement couteux à quelques dictatures sanglantes. Les conséquences sur le plan humain ne figurent jamais dans leurs bilans. Le système démocratique, pensent-ils, est un effet collatéral du libéralisme économique. Et ils servent docilement le marché.
Andrew Lahde, de Santa Monica, Californie, est le gestionnaire de « hedge funds » qui a fait un profit de 870 pour cent l’année dernière en pariant sur un effondrement des « subprimes ». Il vient de fermer son fond de placement, pour cause d’affaires trop risqués avec des banques défaillantes. Dans sa lettre d’adieu à ses investisseurs (*), il s’en prend violemment aux élites.
Parlant de la classe oligarchique, il dit :
« Les fruits pendants, c’est-à-dire ces idiots dont les parents ont payé la prépa, Yale et le MBA d’Harvard, étaient à ramasser. Ces gens qui étaient la plupart du temps indignes de l’éducation qu’ils ont (supposément) reçue se sont élevés jusqu’aux sommets de firmes comme AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers et à tous les niveaux du gouvernement. Toutes ces choses qui soutiennent cette aristocratie n’ont abouti qu’à rendre plus facile pour moi de trouver des gens assez bêtes pour être de l’autre côté de mes transactions. Dieu bénisse l’Amérique ». (**)
« En ce qui concerne le gouvernement, j’aurais une modeste proposition à faire. » poursuivit-il. « D’abord, je voudrais souligner les failles les plus évidentes, où des propositions de lois ont sans cesse été présentées au Congrès ces huit dernières années, des lois qui permis de contrôler les pratiques de ces institutions qui sont pour la plupart aujourd’hui défuntes. Ces institutions ont régulièrement rempli les coffres-forts de tous les partis politiques en échange d’un rejet des ces projets de loi dont l’objectif était de protéger le citoyen de base. C’est un scandale, et pourtant personne n’a l’air de le remarquer ou de s’en préoccuper. Depuis la mort de Thomas Jefferson et Adam Smith, je dirais qu’il y a une pénurie de véritables philosophes dans ce pays, du moins de ceux qui se consacrent à améliorer le gouvernement. »
La démocratie n’est pas un produit des marchés libres. Démocratie et Capitalisme sont antagonistes. La Démocratie, comme la responsabilité individuelle, n’est pas basée sur la recherche d’un profit personnel mais sur l’abnégation. Une démocratie qui fonctionne doit, au nom des citoyens, défier les intérêts économiques des élites. Ce n’est pas le cas. Les patrons et les officiels du gouvernement qui tentent de réparer l’effondrement économique sont en train de consacrer de l’argent et des ressources au secteur financier parce que tout ce qu’ils savent faire, c’est gérer et maintenir des systèmes existants, pas les changer. Mais les systèmes financiers ne sont pas des abstractions scientifiques ou mathématiques qui existent indépendamment des êtres humains.
Lors d’une interview téléphonique, Saul a dit :
« Lorsque l’élite commence à croire à la réalité de l’argent, la crash n’est pas bien loin. Ils ont abandonné toute réflexion. Ils se sont mis dans l’impossibilité de se regarder dans la glace et de réfléchir, de distinguer inflation, spéculation et simple esbroufe. Ils en sont incapables. Et lorsque vous leur dites, « hé, ceci n’est pas du réel », ils répondent, « oh, mais vous ne comprenez pas, vous êtes vieux jeu, vous en êtes encore à raisonner en termes de production » sans oublier le « c’est de l’économie élémentaire, voyons ». Ca ne rate jamais. »
« Le problème, c’est qu’il y a une crise, il y a une perte de repères chez tous ceux qui sont au pouvoir, et je ne parle pas que de George Bush, c’est quelque chose de très, très profond » dit Saul. « Il y une nécessité de repenser l’économie et la politique. Il faut repenser toute la méthode d’analyse de la Banque Mondiale. Si j’étais le Secrétaire du Trésor - pas un type comme Henry Paulson, je veux parler d’un Secrétaire du Trésor ou d’un Ministre des Finances normal - et si je disais, « bon, les gars, on a un problème, on va réunir tous les fonctionnaires expérimentés. Messieurs, dames, nous avons un grave problème, il faut trouver quelque chose ». Eh bien, ces gens-là en seraient incapables parce qu’on en est déjà à la quatrième génération de ce qu’on pourrait appeler les gestionnaires globalistes néoconservateurs (en résumant un peu brutalement). Alors ils vont consulter leurs subalternes qui à leur tour vont consulter ceux en dessous et ainsi de suite. Et il n’y en aura pas un seul pour proposer une alternative. On entendra peut-être quelques petites variations, mais pas d’opinions divergentes. Il est donc très difficile de changer les choses parce qu’ils ont éliminé toute opposition interne. C’était le même problème en Union Soviétique, non ? »
Saul releva que, dans les années 20, en Allemagne, Italie et la France, les trois premiers objectifs du mouvement corporatiste, du moins pour ceux qui ont fini par rejoindre l’expérience fasciste, était « le transfert du pouvoir entre les mains de groupes d’intérêt économiques et sociaux, l’interférence du privé dans des domaines normalement réservés au public » et « la suppression des frontières entre l’intérêt privé et l’intérêt public – c’-est-à-dire la remise en cause de l’idée même d’intérêt pubic. »
On n’a pas déjà entendu ça quelque part ?
« Il existe une poignée de gens qui n’ont pas connu les honneurs des grands media, qui n’ont pas été écoutés, qui ont été marginalisés de toutes les manières possibles et imaginables, » dit Saul. « Il y en a quelques uns et on pourrait faire appel à eux. Mais ensuite, à qui transmettre les instructions ? Ceux à qui ils transmettraient les instructions ne vont pas comprendre les instructions parce que cela ne fait pas partie de leur éducation. C’est comme un général qui voudrait mener une guerre de guérilla et qui se rendrait soudainement compte que ses officiers ne savent que creuser des tranchées. Comment réussirait-il à leur faire faire quelque chose pour laquelle ils n’ont jamais été formés ? C’est ainsi que l’on aboutit à cette sorte de désarroi, de confusion interne, et la menace du populisme. Nous avons déjà connu le populisme, mais là ce serait bien plus fort, plus effrayant, plus violent. »
Nous avons beau élire des représentants pour mettre fin à la guerre, la guerre continue. Nous avons beau demander aux élus de faire interdire les écoutes téléphoniques illégales de Bush, les lobbyistes des compagnies de télécommunication font en sorte qu’elles continuent. Nous avons beau les supplier de ne pas faire un cadeau de 850 milliards de dollars d’argent des contribuables aux élites de Wall Street… Nous avons beau vouloir un vrai système de sécurité sociale, le sujet n’est même pas abordé lors des débats présidentiels. En tant qu’individus dans ce système, nous n’avons aucune importance.
« J’ai parlé à plusieurs juges de Cours Suprêmes, à plusieurs reprises dans différents pays, » m’a déclaré Saul, « et je leur demandais « écoutez, dans vos jugements, pouvez-vous distinguer les affaires relevant d’un contrat social de celles relevant d’un contrat commercial ? » et la réponse est toujours « nous ne pouvons plus faire la distinction ». C’est là le cœur du problème. On n’a plus le concept de l’autre, l’individu n’a plus de devoirs envers le collectif. Et on ne peut pas l’avoir puisque tout le système légal a glissé ces 50 dernières années vers une confusion croissante entre le contrat social et le contrat commercial. Ce sont pourtant deux choses totalement distinctes. Le contrat social lie les individus dans le cadre d’un intérêt collectif, il implique une responsabilité individuelle, la capacité de comprendre l’autre. Le contrat commercial n’est qu’un contrat commercial. On ne peut pas les confondre. En fait, ils ne sont pas faits l’un pour l’autre. Le contrat commercial ne fonctionne correctement que lorsque le contrat social fonctionne dans une démocratie. »
Ceux qui vivent du fruit de leur travail (« la classe ouvrière » dans le texte original – ndt) et qui ont désespérément emprunté de l’argent pour survivre lorsque leurs salaires réels ont dégringolé, devront désormais faire face à une stagnation ou même un déclin de leurs revenus au cours des prochaines années, peut-être même des prochaines décennies, sans pouvoir accéder à de nouveaux crédits. Pendant ce temps, le budget national est en train d’être asséché au profit d’intérêts commerciaux spéculateurs. Le gouvernement – seule institution que les citoyens ont qui soit assez puissante pour protéger leurs droits – a été affaiblie, devient anémique et de moins en moins capable de venir en aide à la masse de citoyens qui vont connaître une période de privations et de souffrances inconnues depuis les années 30. La consommation, ce moteur dispendieux de l’économie US, est en déclin. Les ventes au détail aux Etats-Unis ont chuté de 1,2 pour cent au mois de septembre. La baisse est pratiquement le double des 0,7 pourcent prévus par les analystes, et la consommation des ménages représente deux tiers de l’activité économique aux US. 160.000 emplois ont été perdus le mois dernier et 750.000 emplois ont été perdus l’année dernière. Les répercussions de l’effondrement économique ne font que commencer.
Je ne pense pas que George W. Bush ou Barack Obama ou John McCain ou Henry Paulson soient des fascistes. Je pense qu’ils font plutôt partie d’une cabale de capitalistes ingénus, médiocres et inconscients qui, petit à petit, sont en train d’affaiblir les structures politiques et économiques au point où notre démocratie deviendra si impuissante qu’elle en sera balayée, et probablement avec un fort soutien populaire. Le seule question est comment cela se produira. Le déclin sera-t-il lent et régulier comme à la fin de l’Empire Romain lorsque le Sénat n’était plus qu’une farce ? Y’aura-t-il une puissante réaction d’extrême-droite en provenance des cercles extérieurs au sérail politique traditionnel, comme en Yougoslavie, et la montée en puissance d’un fascisme chrétien ? Y’aura-t-il une crise nationale qui permettra à ceux au pouvoir de balayer les droits constitutionnels au nom de la sécurité nationale ?
Je ne sais pas. Mais je sais que tant que notre oligarchie sera au pouvoir, rien de bon ne nous attendra. Soit nous réussissons à rétablir la notion de l’intérêt public, ce qui implique une révolte contre l’élite et le démantèlement des structures corporatistes, soit nous assisterons à l’agonie de la démocratie.
traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info
27 septembre 2008
La crainte d’un krach financier mondial plane sur l’Europe, Sept 08
La crainte d’un krach financier mondial plane sur l’Europe par Stefan Steinberg |
|
Mondialisation.ca, Le 25 septembre 2008 |
|
L’élite dirigeante européenne est sous le choc et considère avec incrédulité ce qu’elle craint être la plus sérieuse crise du capitalisme mondial depuis le krach de Wall Street en 1929. La Banque centrale européenne (BCE) a réagi à la faillite de la banque d’affaires américaine, Lehman Brothers, en injectant des liquidités massives afin de soutenir les marchés boursiers européens. Lundi, la BCE avait procédé à des appels d’offre rapides pour injecter 30 milliards d’euros dans les marchés monétaires en déclarant dans un communiqué qu’elle était « prête à contribuer à des conditions ordonnées sur le marché monétaire en euros. » La démarche de la BCE fut suivie de celle de la Banque nationale suisse (BNS) qui a également fourni des liquidités supplémentaires alors que les marchés boursiers d’Europe et d’Asie poursuivaient leur plongée. Anticipant une baisse brutale des cours de la Bourse anglaise, la Banque d’Angleterre est intervenue lundi à hauteur de 5 milliards de livres (6,3 milliards d’euros) pour apaiser les marchés. Le ministère allemand des Finances, la Bundesbank (banque centrale allemande) et la Bafin (autorité allemande des marchés financiers) ont tous tenté de restaurer le calme sur les marchés allemands en publiant un communiqué conjoint disant que l’exposition des banques allemandes à Lehman serait gérable. Ni les efforts entrepris par les banquiers des banques centrales européennes pour rassurer les esprits ni les injections massives de liquidités n’ont réussi à apaiser les craintes des marchés. Lundi, l’indice des valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 britannique a chuté de 5 pour cent alors que le Dax allemand est tombé de 4,7 pour cent, pour atteindre son plus bas niveau depuis deux ans. Les valeurs bancaires ont été le plus durement touchées. Lundi, après les pertes considérables sur les marchés boursiers et la crainte de l’effondrement du plus grand assureur américain, l’American International Group (AIG), les banques européennes intervenaient une fois de plus mardi, la BCE injectant 70 milliards d’euros supplémentaires et la Banque d’Angleterre 20 milliards de livres (25,1 milliards d’euros) de plus. Une fois de plus, les injections massives de liquidités ne sont pas parvenues à stabiliser les marchés. Mardi, le FTSE 100 de Londres a plongé en dessous de 5.000 points pour la première fois depuis sept ans. Les valeurs allemandes ont poursuivi leur chute. L’indice Dax 30 [indice de référence des valeurs des trente blue chips allemandes] a baissé de 98,99 points à 5965,17, soit un recul de 1,63 pour cent. Le principal indice français, le CAC a enregistré lundi une forte baisse de 3,78 pour cent et mardi de 1,96 pour cent. Contrairement aux déclarations officielles faites en Allemagne, l’ampleur totale de l’implication des principales banques européennes dans Lehman Brothers est énorme. Mardi, par exemple, il a été rapporté que la banque publique allemande Kreditanstalt für Wiederaufbau (Banque pour la reconstruction, KfW) avait transféré par erreur 300 millions d’euros à Lehman Brothers le jour même où la banque américaine déposait son bilan, tandis que l’établissement bancaire helvétique UBS annonçait qu’il s’attendait à des pertes identiques d’au moins 300 millions d’euros en raison de son implication avec Lehman Brothers. UBS, le numéro 1 de la gestion de fortune, avait déjà été dû rayer 37 milliards de dollars d’actifs liés à la crise du crédit hypothécaire des subprimes américains. Selon le journal économique allemande Handelsblatt il est possible que la totalité du fonds d’urgence mis sur pied par un consortium de banques allemandes pour s’assurer contre les crises soit absorbée par l’effondrement de Lehman. Le Fonds de garantie de dépôt de la fédération des banques allemandes (BdB) est évalué à 4,6 milliards de dollars, une somme qui sera entièrement engloutie pour éponger 6 milliards d’euros de dettes des filiales de Lehman en Allemagne. Les pertes de 6 milliards d’euros provenant de l’effondrement de Lehman représentent la plus grosse perte de l’histoire de la finance allemande. La Grande-Bretagne est encore plus exposée à la crise financière américaine. Après l’effondrement de la banque Northern Rock en début d’année, le premier établissement de crédit immobilier de Grande-Bretagne, la Halifax Bank of Scotland (HBOS) se trouve également au bord de la faillite. Ses actions en bourse ont dégringolé mardi de 40 pour cent et il semblerait qu’elle puisse être rachetée par Lloyds TSB. D’autres importantes banques européennes pourraient être entraînées dans le tourbillon financier dans des conditions où entre avril et juin l’ensemble des économies de l’Union européenne avait déjà rétréci de 0,2 pour cent. La Grande-Bretagne et l’Espagne qui avaient aussi été durement touchées par une grave crise immobilière connaîtraient déjà la récession. Selon l’Institut économique de Kiel, la première économie d’Europe, l’Allemagne, sera également affectée par la récession cette année. Face à la montée de l’inflation de par l’Europe, et dont les taux dépassent 4 pour cent dans de nombreux pays, les analystes économiques redoutent déjà la stagflation au sein de l’Union européenne. Les politiciens français et allemands ont lancé des platitudes euphorisantes à la ronde en déclarant que les données fondamentales des économies et du système bancaire européens étaient saines et en meilleur état que les données américaines. Mais les analystes ont émis des avertissements sombres indiquant tout le contraire en soulignant qu’il n’est pas possible que l’Europe ne soit pas touchée par l’effondrement continu des institutions financières américaines. En signalant les implications d’une menace de faillite imminente de l’assureur AIG, le New York Times a relevé que les banques européennes possédaient trois quarts des 441 milliards de dollars d’actifs de l’AIG liés aux crédits immobiliers à risque assurés et détenus par un consortium de banques. Ces titres exposent les institutions financières européennes à d’énormes risques en cas de défaillance de l’AIG. Dans son article, paru lundi dans le quotidien Frankfurter Rundschau, Jan Pieter Krahnen parlait du « grand danger d’une onde de choc » qui pourrait ensevelir les banques allemandes et européennes au cas où en Allemagne la confiance placée dans le genre de contrat assurant le risque de crédit (credit default swaps, CDS) préconisé par Lehman Brothers et AIG serait ébranlé. Mercredi, le journal Süddeutsche Zeitung intitulait son interview avec un expert financier, « Le pire est à venir. » Un certain nombre de commentaires quasi apocalyptiques sont parus dans la presse britannique, disant que la crise actuelle est au moins comparable à l’effondrement financier de 1929. Larry Elliot, le rédacteur en chef des pages économie du Guardian a intitulé son papier « Cette semaine, le krach est nucléaire et la Grande-Bretagne va ressentir les pires retombées. » Il a écrit : « Il est clair que les événements du week-end rendent bien plus probable une récession prolongée et profonde. Oublions tout ce qui a été dit d’un atterrissage en douceur ou d’une récession si forte et courte qu’on la remarquerait à peine. Comme les choses se présentent actuellement, la question est de savoir à présent s’il s’agit d’un effondrement total du système financier avec les institutions s’écroulant comme un jeu de quilles ou si un resserrement rigoureux du crédit sur une période prolongée entraînera une baisse des prix immobiliers, une chute des dépenses à la consommation, de plus faibles investissements et une hausse du chômage. » « Il ne fait aucun doute qu’il s’agit du choc financier le plus grave depuis 1929, » poursuivit-il. Dans un article paru dans le journal de droite Daily Mail, Alex Brummer rappelle que les premiers signes de gonflement de la crise internationale remontaient aux problèmes qu’a connus une banque européenne. « La crise du crédit a débuté », écrit-il, « le 9 août de l’année dernière après que l’une des premières banques privées françaises, BNP Paribas, ait annoncé la suspension du calcul des valeurs liquidatives de deux de ses fonds d’investissement parce qu’ils contenaient des titres toxiques. » Il poursuit en se référant à « des dizaines sinon des centaines de milliards de pertes sur des titres basés sur des produits dérivés liés aux subprimes » pour conclure, « Ce n’est que maintenant que la taille véritable du trou noir est reconnue chez Lehman, Merrill Lynch, AIG et ailleurs. Chez Lehmann par exemple, le chiffre des dépréciations a plus que doublé en passant de 17 milliards de livres sterling à 44 milliards de livres sterling en l’espace de la seule semaine passée. » L’éditorial du journal Mail précise, « Des décennies durant, nous avons adoré l’idole or. Les premiers ministres et les présidents se sont agenouillés devant ses gardiens. Les monarques de l’argent, les courtiers de la richesse, les prétendues sources de la sagesse ont tenu en bride l’Europe et les Etats-Unis, rabaissant tous ceux qu’ils croisaient sur leur chemin… Aujourd’hui, nous nous réveillons pour découvrir que pareils à de nombreux magiciens d’Oz, ces personnalités pleines d’assurance sont en réalité de vieux hommes insensés, parfois aussi des jeunes, marmonnant en coulisse des incantations vides de sens, » « Une façon de voir le capitalisme est à présent discréditée », conclut-il. Willem Buiter, professeur d’économie politique européenne à la London School of Economics a fait la déclaration la plus claire sur les implications de l’effondrement financier aux Etats-Unis. Dans le Financial Times, Buiter a dit en parlant des 85 milliards de dollars de renflouement de l’AIG par le gouvernement américain, « Le plus grand supermarché d’assurance du monde, dont le bilan dépasse mille milliards de dollars, a été nationalisé parce qu’on le suspectait d’être trop gros et trop interconnecté mondialement pour faire faillite ! » Il a poursuivi en précisant, « Derrière cette décision extraordinaire se cachait le fait que l’échec de l’AIG aurait accru les risques, réels et supposés, des contreparties de par le système financier des Etats-Unis et du reste du monde, au point qu’aucun établissement financier n’aurait voulu accorder un crédit à un quelconque autre établissement financier. Les crédits aux ménages et aux entreprises non financières auraient été le domino suivant à tomber, et voilà ! Un Armageddon financier parfait. »
| |
25 janvier 2008
2008 : Phase de plein impact global de la Très Grande Dépression US
2008 : Phase de plein impact global de la Très Grande Dépression US
D'ici l'été 2008, la crise financière initiée par les prêts immobiliers
américains subprimes va se transformer en une crise de beaucoup plus
grande ampleur avec l'implosion du marché des Credit Default Swaps
(CDS). Cela marquera un nouveau point d'inflexion de la phase d'impact
de la crise systémique globale... (page 2)
Lire communiqué public
Enfin !
22 septembre 2007
Greenspan Confronted By Activists
Alan est devant ses 'juges'...c'etait un dieu et la gloire en quittant ses fonctions..il devient la bete noire a present, ca me fait penser aux pseudos commissions d'enquetes du 11 septembre
L'Amerique a peur a present..elle cherche ses coupables...
Ce documentaire video en anglais est exceptionnel, fini le ton freutre et le politiquement correct, mondain, a present c'est tres agressif et virulant, c'est normal, l'economie des speculateurs a detruit la vraie economie americaine, derriere celle ci il y a des millions de foyers..en fait il explique tout simplement que cette ideologie a sacrifiee la classe moyenne (et pauvre) au profil des classes les plus riches, 2 millions d'emplois ont ete detruits l'annee derniere, soit 10% des ressources dans le secteur de la production...
A suivre de TRES pres...
If there were a tsunami warning for the US economy, it would be blaring at an ear-splitting 120 decibels right now!
Any
rational person can see that the US economy is on the verge of
collapse. We have record budget deficits, unfettered globalization
producing record trade deficits, a plummeting dollar, massive
unemployment, out-of-control illegal immigration, a declining housing
market, a record number of anti-competitive mergers which destroy jobs,
and corporate-controlled healthcare which is bankrupting millions of
Americans.
The destruction of America's middle class is
happening at so many different levels, in so many different ways, that
the task of even summarizing our situation is mammoth.
These issues also affect workers throughout the European Union and in other industrialized nations.
Please feel free to post your comments. Your feedback is welcome!
Edward S. Solomon, Esq.
Editor, NewPublicPolicy
Qui est le Senateur Bernie Sanders ?
Etiqueté indépendant, Sanders est rattaché administrativement aux démocrates du Congrès. Il a succédé au Sénat à James Jeffords, également un élu indépendant. Sanders est le seul élu au Congrès à se désigner comme social-démocrate voire socialiste.
13 septembre 2007
Le krack financier et la bouffe
Le krach financier arrive dans les assiettes
3 septembre 2007
Article publié dans le journal Nouvelle Solidarité
Par Karel Vereycken et Bertrand Buisson
« Si nous vivons un ralentissement mondial, ça n’affectera pas les produits agricoles car les gens mangent quand même », a dit un courtier en matières premières, cité le 19 août par Bloomberg. Cynisme ? Le krach financier d’août 2007 a mis fin aux illusions d’un système financier casino et les spéculateurs compulsifs se rabattent donc sur les matières premières pour tenter de sauver leur peau. Le marché mondial des matières premières de Chicago, le CBOT, voit son volume d’affaires battre des records chaque année depuis 2002 (spéculation à la baisse), mais depuis les premiers mois de 2007, le phénomène s’est accéléré avec une hausse des transactions de 17 % (spéculation à la hausse).
Ce cancer spéculatif n’est pas nouveau. Michel Deloingce, président de la Commission sociale de l’Association nationale de la meunerie française, faisait remarquer après la hausse du prix du pain en 2006 - déjà emmenée en partie par la hausse des cours mondiaux du blé - que « la volatilité des cours est accentuée désormais par des marchés financiers et notamment dans notre pays par le MATIF (Marché à terme des instruments financiers), sur lequel des opérateurs, qui n’ont parfois rien à voir avec les métiers de la filière, se livrent à des spéculations sur les prix à terme des matières premières. » Le « rendu Rouen », la référence du prix du blé en France, a bondi de 86 % depuis un an ! Les prix du maïs, de l’orge et du lait flambent. Goldman Sachs et Marc Faber, suivis de pratiquement tous les groupes de spéculateurs, conseillent d’investir sur les marchés agricoles, avec des instruments de levier pour pouvoir jouer plusieurs fois sa mise.
En conséquence, le coût des produits alimentaires augmente. Le prix du pain va encore s’élever d’au moins 5 centimes cette année. La baguette payée 70 centimes en septembre 2006, déjà majorée de 5 centimes une première fois, puis à nouveau de 5 centimes, aura vu son prix s’envoler de 13 % au cours des douze derniers mois. Pourtant le cours du blé avait déjà atteint de tels sommets dix ans plus tôt, mais à l’époque, les prix de l’énergie et des loyers étaient relativement bas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, bien au contraire, et c’est l’ensemble des produits de base des boulangers et pâtissiers dont les prix explosent : comme pour le blé, le cours du cacao s’envole, tandis que les sous-produits de l’agriculture comme le beurre et les œufs pâtissent de l’explosion des prix céréaliers. C’est l’ensemble du système agro-alimentaire, où les prix étaient déjà en hausse à cause d’une baisse générale de la production et des stocks, qui est frappé par la spéculation. Les céréales étant consommées par le bétail et la volaille, le prix de la viande, des œufs et du lait explose. Pâtes, yaourts, biscuits, bière... - l’ensemble des produits alimentaires manufacturés suit le mouvement. Le prix du beurre a doublé cet été en Allemagne et le palais breton risque de se faire à la margarine.
La version officielle généralement exposée dans les journaux pour justifier cette situation consiste à blâmer les Chinois et les Indiens, trop nombreux et devenus friands de céréales, et le changement climatique responsable de mauvaises récoltes. Mais l’accroissement démographique, la hausse du niveau de vie des classes moyennes consommatrices et les aléas climatiques sont des données que l’organisation économique humaine doit pouvoir anticiper. En réalité, ce sont les politiques systématiques de libre-échange qui ont conduit à une destruction de l’appareil productif, et surtout le manque total d’anticipation sur les besoins agricoles par les pouvoirs publics, qui ont accepté, sous le joug du GATT puis de l’OMC, d’abandonner leurs politiques de production et de réserves pour se reposer uniquement sur les « marchés mondiaux ». Résultat : aujourd’hui, les stocks de riz et de céréales sont au plus bas depuis 28 ans alors que de nombreux agriculteurs ont abandonné leur activité.
C’est le cas, par exemple, des « petits » producteurs laitiers de nombreux pays, ne pouvant plus faire face aux niveaux élevés de l’investissement de base, avec les prix écrasés auxquels leur production était achetée. La France compte encore 3,8 millions de vaches laitières, élevées par 100 000 agriculteurs, mais 5000 de ces éleveurs abandonnent chaque année leur activité pour pouvoir continuer à vivre. Pour les remplacer, de grandes exploitations laitières ont été installées dans certaines zones du monde comme en Haïti ou dans l’Idaho, où les ouvriers sont souvent traités comme des esclaves. Ainsi les agriculteurs du monde entier se retrouvent en compétition les uns avec les autres, ne pouvant survivre que grâce aux subventions publiques tandis que les grands cartels céréaliers multinationaux jouent les arbitres. Nous en vivons aujourd’hui les conséquences avec la destruction du tissu économique et du travail humain.
Résumons-nous : les vautours de la spéculation, associés aux principaux intérêts financiers mondiaux, ont dans un premier temps organisé une baisse des prix sur les marchés agricoles, créant ainsi une situation de pénurie. Dans un second temps - aujourd’hui - ils se précipitent sur les produits de ces marchés pour spéculer à la hausse. Et en même temps, ils promeuvent les agro-carburants, impliquant un retrait des céréales, du colza, du soja, de la betterave et de la canne à sucre du secteur alimentaire, pour accélérer les anticipations haussières sous des prétextes plus ou moins écologiques. Il faut donc bien voir cette hausse des prix des matières premières agricoles, accroissant le coût de l’alimentation et condamnant le niveau de vie des populations, non comme un phénomène isolé, mais comme la conséquence scandaleuse, dans l’économie physique, de la désintégration financière mondiale.
Dès 1995, et dans son programme présidentiel de 2007, Jacques Cheminade avait déjà vu venir ce drame*.
Aujourd’hui, la première mesure à prendre est de mettre les spéculateurs au pain sec et d’organiser les marchés agricoles mondiaux en vue de la production à long terme, par des négociations entre Etats, et non pour faire régner un libre-échange au sens de l’OMC, qui n’est autre que la loi de la jungle.
* Ce que Jacques Cheminade disait dès 1995 :
« L’étonnant dans le système européen et mondial actuel, est précisément que l’on ne pousse pas partout les feux de la production alors que les besoins mondiaux, avec l’augmentation de la population, la disponibilité décroissante de terres arables et l’évolution vers un régime alimentaire plus carné, non seulement dépassent la production mais devraient rapidement s’accroître.
« Comment expliquer ce paradoxe ? La réponse est simple : les intérêts financiers qui dominent les marchés mondiaux visent à mettre les agriculteurs de tous les pays en concurrence, afin de faire baisser les prix des produits agricoles et des terres. Une fois cet objectif atteint, dans les conditions d’un effondrement du système financier et monétaire international que ces intérêts savent inéluctable, ils pourraient mettre la main sur les terres et les instruments de production à bas prix et tirer, espèrent-ils, du déséquilibre entre une offre raréfiée et une demande croissante tous les avantages d’une très forte hausse des prix. Cela s’appelle, en termes boursiers, accaparer un marché. ».
12 septembre 2007
Banques Espagnoles prises dans l'engrenage
|
BRÈVES /
Les banques distribuent des milliards pour sauver les hedge funds auxquels elle sont enchaînées
8 septembre 2007 - 17:45
7 septembre 2007 (LPAC) - La semaine dernière la banque publique du Land de Saxe en Allemagne Sachsen LB s’est retrouvée en banqueroute en essayant de renflouer son « conduit » irlandais Ormond Quay. S’en est suivi la vente en urgence de Sachsen LB elle-même à LBBW, une autre banque régionale publique. C’est maintenant Kestrel, un SIV (Véhicule d’investissement structuré) de la banque d’Etat allemande West LB, qui est devenu insolvable sur sa dette à court terme, et qui se déleste de ses actifs pour essayer de couvrir ce trou, comme le rapporte le quotidien britannique The Independent. Est-ce que West LB va devoir tenter un sauvetage comme Sachsen LB ?
Dans le même temps, le Daily Telegraph rapporte que la filiale de la banque britannique Barclay’s, BarCap, tente de boucler un sauvetage de Mainsail II, un de ses SIV. Mainsail II gère 4,5 milliards de dollars, et est contrôlé par le groupe de hedge funds Solent Capital qui a été lui-même durement frappé par la crise financière. Cette tentative est la seconde après que BarCap ait organisé le sauvetage de son SIV Cairn High-Grade Funding pour 6 milliards de dollars.
Une source économique bien informée de Paris rapporte que si les banques centrales semblent avoir évité jusqu’ici le krach grâce à l’injection massive de liquidités, une deuxième phase, qui sera bien pire, est en marche. Au point où nous en sommes, les hedge funds qui ont perdu gros sur les marchés, vont devoir rembourser et se restructurer, ce qui veut dire que les banques qui leur ont prêté énormément d’argent vont être plongées dans de graves ennuis.
Cette source a également souligné la gravité de la situation en Espagne, qui selon lui est la pire de toutes l’Europe avec la Grande-Bretagne. Les pertes y sont énormes et les banques espagnoles ayant fourni l’ensemble des prêts vont être frappées de plein fouet dans les mois qui viennent. Les plus grandes banques espagnoles sont pris dans l’engrenage et en particulier Banco Santander (liées à la Banque royale d’Ecosse de la monarchie britannique) et Banco Bilbao, désormais BBV. Pour ce qui est de la partie subprime de cette crise, le pire reste à venir, car la majorité des hypothèques subprime aux Etats-Unis ont été contractées en 2006. Ce qui va mener à une troisième phase dans l’effondrement qui frappera directement le dollar.
08 septembre 2007
La BCE et FED deviennent des pompiers piromanes, pas le choix
LA BCE ET LA FED JETTENT DE L’ESSENCE SUR LE FEU
7 septembre 2007 - 16:32
7 septembre 2007 (Nouvelle Solidarité) - Hier, la Banque Centrale Européenne (BCE) et la Réserve Fédérale américaine (Fed) ont injecté près de 100 milliards de dollars dans le système bancaire au bord de la rupture. Depuis la crise ouverte du mois d’août, les banques privées n’ont eut de cesse de recourir aux largesses des autorité monétaires afin d’apaiser leur besoin de liquidités, sans quoi les acteurs financiers seraient déjà mort de soif.
Jeudi, la BCE a encore pompé 42 milliards d’euros sur le marché monétaire pour « apaiser les tensions » comme le dit Reuters. Depuis le 9 août, La BCE a prêté en urgence près de 300 milliards d’euros. N’ayant d’autre choix face à la spirale dans laquelle sont prises les grandes banques britanniques, et notamment la Barclay’s, même la Banque d’Angleterre s’est résolu à injecter de l’argent dés la semaine prochaine. D’après l’AFP, elle pourrait financer 26 milliards d’euros de prêts au réseau bancaire. De son côté, la Fed à injecté 31,25 milliards de dollars, sa plus grosse injection depuis le 10 août.
Si ces injections s’arrêtent, les marchés s’ecrouleront, et si ces injections continuent, sans pour autant pouvoir empêcher au final la chute des marchés, l’inflation actuelle deviendra hyperinflation. Dans la zone euro, la masse monétaire « M3 » s’est accru en juillet à un rythme annuel supérieur aux mois précédent, à +11,7 %.
Espagne, la peur au ventre
L’ESPAGNE VIT DANS LA PEUR IMMOBILIÈRE
7 septembre 2007 - 16:23
Le 6 septembre 2007 (Nouvelle Solidarité) - L’état inquiétant de la bulle immobilière retient de plus en plus l’attention de l’opinion publique espagnole, selon le correspondant madrilène du quotidien Le Figaro.
Puisqu’un nombre considérable de familles est criblé de dettes immobilières, une véritable peur règne devant toute éventuelle hausse des taux imposés par la Banque Centrale Européenne (BCE).
Si l’Espagne a profité d’un taux de croissance élevé de 4 %, l’endettement immobilier s’élève à 540 milliards d’euros, soit 70 % du produit intérieur brut (PIB) espagnol ! Depuis des mois la Banque d’Espagne dénonce la flambée inquiétante de l’endettement des ménages, un endettement qui a progressé de 18,5 % cette année alors que la dette dédiée au logement aurait elle progressée encore plus vite (20,2 %).
Selon le porte-parole de l’Organisation des consommateurs et usagers espagnols (OCU) Enrique Garcia, « Un foyer sur quatre en Espagne doit rembourser un prêt immobilier, dont certains courent sur quarante ans (...) Or 98 % de ces prêts ont été contractés à taux variable, ce qui est très préoccupant. »
Déjà à l’heure actuelle, les familles endettées consacrent en moyenne 44 % de leur revenu brut au paiement de leurs traites immobilières, estime la Banque d’Espagne. Un économiste ajoute que « C’est de la folie, nous sommes déjà bien au-delà des 35 % recommandés, alors imaginez si les taux d’intérêts continuent de grimper. » En deux ans, les mensualités ont augmenté de 23 % en moyenne. Résultat, 80.000 ménages espagnols seraient dans l’incapacité d’honorer leur dette.
La presse ibérique se fait de plus en plus l’écho d’histoires de couples trentenaires de la classe moyenne, obligés de mettre en location leur appartement et de retourner vivre chez leurs parents.


