L'observatoire de L'immo

L'observatoire de la bulle immobiliere en direct! Une piece de theatre de William Shakespeare en 4 actes ! Vous vous en doutez, une tragedie ! Mais que font les bulles de savon lorsqu'elle gonflent trop ?

08 décembre 2007

DOSSIER La finance et le Monde


BRÈVE /

La Crise de 1929 : la fuite en avant de Jacques Attali
17 décembre 2007 - 22:52

 


Dans une interview au Journal du Dimanche du 16 décembre intitulé « Nous risquons une crise de 1929 », Jacques Attali, ancienne éminence grise de François Mitterrand et nouvelle de Nicolas Sarkozy, à qui ce dernier a confié la présidence de sa Commission pour la croissance, montre qu’il voit toujours beaucoup plus juste dans ses analyses que dans ses propositions, surtout quand celles-ci pourraient nuire à ses multiples accointances dans la finance internationale.

D’abord le diagnostique, généralement incisif. Evoquant l’exemple de Jim Rogers, l’ancien associé de Soros qui vient d’annoncer qu’il quittait les Etats-Unis pour s’installer en Chine, Jacques Attali se lance d’abord dans un commentaire général sur le déclin des nations - américaine et européennes dans ce cas précis - lorsqu’elles sont incapables de corriger leurs erreurs. « Aujourd’hui, dit il, le grand mouvement, c’est le déclin relatif des Etats-Unis ». Et bien que « son remplacement par un autre cœur, indien ou chinois, n’est pas pour demain », les « Etats-Unis » dit-il, à juste titre, « font la démonstration d’un extraordinaire aveuglement devant leurs problèmes. La campagne électorale qui commence ne donne pas le sentiment qu’ils veulent réagir. Ils vont donc au devant d’une récession très profonde qui n’épargnera pas l’Europe ».

Résultat, “nous sommes au bord d’une récession », note Attali soulignant que la « crise de subprimes » - les crédits hypothécaires accordés à des ménages américains insolvables - a « détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10 % du PIB mondial, soit 4.000 milliards de dollars, c’est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l’explosion de la bulle Internet. » « Les subprimes sont révélateurs des excès des marchés financiers, qui ont crée des montages diaboliques afin de mutualiser leurs risques au détriment des plus pauvres ».

Au-delà, Attali souligne, à juste titre, que “cette crise n’est pas cantonnée au secteur du logement, car elle révèle que les banques ont re-prêté leurs prêts à n’importe qui, pour les racheter ensuite beaucoup plus cher. C’était à la mode. Devant la révélation de la folie que cela représente, on est passé, en une semaine, de l’euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque. Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 29. D’ailleurs, aux Etats-Unis et ailleurs, certains grands patrons de la finance me disent en privé : « Nous sommes en 1928 ».

Mais que propose-il pour en sortir ? Une réorganisation de fond en comble du système, un « New Deal » inspiré de celui de Franklin Roosevelt ? Proche de Felix Rohatyn et d’autres banquiers d’affaires particulièrement agressifs au niveau international, Attali plaide, au contraire, en faveur du retour aux taux d’intérêts bas qui permettraient de renflouer les intérêts aujourd’hui menacés par la crise, sans rien changer aux pratiques qu’il dénonce. Il propose ce qui reviendrait encore à une fuite en avant dans le financier.

Malgré le danger d’hyper-inflation qui voit le jour, Attali lance un appel à la FED - la banque fédérale de Réserve américaine - et à la Banque centrale européenne, pour qu’elles baissent leurs taux directeurs, afin de relancer la croissance. Et plutôt que de résoudre les problèmes fondamentaux, il s’emploie a dé-diaboliser l’image de l’inflation qu’ont nos concitoyens, les appelant à voir qu’une inflation de 5 à 6 % par an comme celle de la Chine, l’Inde ou d’autres pays émergents « n’est pas une tragédie ». Jacques Attali s’en prend correctement aux sociétés de la vieille Amérique et Europe où « le pouvoir appartient aux épargnants, eux-mêmes obsédés par la stabilité des prix et par leurs avantages fiscaux », une société où l’argent placé rapporte plus - 4 % en moyenne - que l’argent que l’on gagne en travaillant, qui, lui, ne rapporte que 2 % en moyenne ».

Si certains de ces symptômes sont bien réels, ce n’est pas une simple baisse des taux d’intérêts qui résoudra les problèmes. Faute d’une politique économique dirigiste orientant l’argent vers les grands programmes de recherche et d’investissement infrastructurel et industriel, les intérêts extrêmement bas que nous avons connus depuis des années ont servi à nourrir l’économie de spéculation financière qui aboutit aujourd’hui à une crise bien plus grave que celle de 1929.

Le problème n’est donc pas de choisir entre la politique des taux d’intérêts bas contre celle des taux élevés, mais bien de choisir entre une politique d’argent à bon marché qui permet toutes les spéculations financières ou le retour à une politique Rooseveltienne où l’Etat oriente l’argent vers les investissements à long terme dans la recherche, la production et le travail qualifié, pour le bien-être des populations actuelles et des générations à naître.










BRÈVES /

Panique à la City de Londres
8 décembre 2007 - 23:29

 

7 décembre 2007 (LPAC) - Un vent de panique souffle sur les élites bancaires de Londres après la baisse des taux imposée par la Banque d’Angleterre. Le quotidien britannique The Telegraph ecrivait que « Le marché craint que la banque centrale ait « perdu contrôle, » et que « la baisse des taux a échoué à faire tomber la peur ». « Un marché monétaire qui est hors de contrôle ». « Une seule baisse est insuffisante » car la bourse de Londres n’a pas réagi avec euphorie après l’annonce de la baisse.

De son coté, le prévisionniste financier Anatole Kaletsky développait l’argument dans le Times de Londres que les britanniques doivent suivre l’exemple de la Réserve fédérale américaine et continuer à baisser les taux. Sinon...

Kaletsky averti que « le système bancaire britannique est au bord d’un effondrement majeur, et la catastrophe totale a seulement pu être évité grâce au soutien financier - le plus large jamais vu dans le monde - à des sociétés privés par n’importe quel gouvernement. »

Le Telegraph d’aujourd’hui remarquait que les marchés n’ont pas du tout répondu comme ils auraient dû. Les taux sur les marchés financiers se sont envolés tandis que le marché des actions partait à la baisse. « Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque d’Angleterre a été obligé d’apprendre à grande vitesse que tout ce qu’il peut faire, c’est de balancer les manuels par la fenêtre, » écrit Edmund Conway, qui déclare que les banques centrales, au moins pour l’instant, ont « perdu le contrôle sur la politique monétaire. ».

Les marchés monétaires suivent leur propre cours sans tenir compte des directives du CPM, et « les marchés du crédit sont foudroyés par la peur ». Les banques ne se prêtent pas un centime entre elles, car elles sont paranoïaques sur les bilans qu’elles se présentent les unes aux autres.

Y aurait-il des fous dans la maison finance, tentés de jouer la carte de l’effondrement pour leurs propres intérêts ?



Secrets d’argent, intérêts et inflation

Par Rudo de Ruijter

08/10/2007



 

L’argent joue un grand rôle dans notre vie. Dans la société aussi, presque tout est déterminé par l’argent. Il est étrange que si peu de gens connaissent les jongleries grâce auxquelles l’argent prend naissance et disparaît. La plupart des gens voient que leur argent dévalue tous le temps, mais ils ne savent pas que c’est provoqué, avant tout, par le système d’argent lui-même. Pareillement, l’éternelle chasse à la croissance économique et la pression toujours croissante sur la productivité dans les pays industrialisés, sont causées par les principes de ce système. Le système d’argent peut aussi servir à l’oppression, par exemple des pays du Tiers Monde, ou être le motif de guerres, comme celle contre l’Irak. Aimeriez-vous faire un petit tour dans les coulisses ? Bienvenue dans le cirque des jongleurs de l’argent !

1. Création de l’argent

2. Inflation permanente

3. Les banques centrales ont besoin d’inflation

4. Caprices de la masse d’argent

5. La guerre contre l’Irak

6. L’oppression du Tiers Monde

7. L’arme de la Chine

8. L’inflation et la croissance économique

9. Encore plus de croissance ou une société durable ?

1. Création de l’argent

Des échanges, un besoin fondamental

Les gens ont besoin de produits et de services les uns des autres. Ils utilisent de l’argent pour leurs échanges. Bien entendu, il serait agréable que l’argent soit un instrument de change honnête. Mais ce n’est pas le cas. L’argent perd de la valeur tout le temps.

L’argent n’appartient pas à l’État

La plupart des gens pensent que l’argent est créé par l’État. Pourtant, la plupart des gouvernements ont peu ou rien à dire sur la masse monétaire de leur pays. Les banquiers ont pris ce pouvoir. Ils ont transformé cet instrument d’échange en un instrument lucratif en imposant le paiement d’intérêts. De façon permanente les banquiers encaissent des intérêts sur la quasi-totalité de l’argent au monde.

L’argent est créé par les banques commerciales

Les banques commerciales créent continuellement de l’argent pour des prêts. Elles créent cet argent tout simplement par l’inscription de chiffres dans les comptes bancaires des emprunteurs, qui peuvent ensuite dépenser ces montants, comme si c’étaient des billets de banque. Aujourd’hui la grande majorité de l’argent existe seulement sous forme de nombres dans des comptes bancaires. Par la loi, ces nombres ont la même valeur que des billets de banque et des pièces de monnaie.

Chaque banque commerciale est autorisée à créer de l’argent nouveau de cette manière. Dans les coulisses, commence alors les jongleries lucratives avec l’argent des autres. C’est que, en inscrivant des chiffres dans des comptes, ces montants sont comparables à des chèques sans provision. La banque elle-même n’a pas d’argent. Quand l’emprunteur dépense le montant inscrit en faisant un chèque ou un ordre de paiement, la banque utilisera l’argent des ses autres clients pour régler la dépense de l’emprunteur. Invisiblement, cet argent est pris dans leurs comtes de dépôts et d’épargne. Vous ne vous en rendrez pas compte. Les montants sur vos comptes restent inchangés. Et lorsqu’arrive le moment où vous voulez disposer de nouveau de votre argent, il y aura bien eu un autre emprunteur qui aura juste remboursé son emprunt à la banque. Ainsi vous ne vous apercevrez de rien. Par expérience, les banques savent que les clients ne retirent qu’assez peu d’argent de leurs comptes de dépôts et d’épargne, avant que d’autres versements arrivent sur ces comptes. Une petite réserve suffit pour faire face à leurs besoins courants. Dans beaucoup de pays la loi stipule le minimum des réserves que les banques doivent maintenir. C’est souvent quelque chose comme 10 pour cent. La plupart du temps ces réserves obligatoires sont alors maintenues à la banque centrale du pays.

Comme les banque utilisent l’argent des autres pour régler les dépenses faites avec l’argent nouvellement créé, elles ne peuvent pas en créer de façon illimitée. Dans la pratique près de 90 pourcent de tout l’argent sur les comptes de dépôts et d’épargne sert à régler les dépenses faites avec l’argent créé.

Cependant, l’argent sur les comptes de dépôt et d’épargne est pareillement de l’argent qui, auparavant, est sorti par magie du chapeau du banquier. Ainsi, le nouvel argent créé d’un coup de baguette magique est financé par de l’argent magique créé auparavant. Mais tant que personne ne le remarque, le jongleur recueille les applaudissements. Jetons un coup d’œil sur les conséquences.

Le manège des prêts

Les emprunts ont un effet caché. Quand l’emprunteur dépense l’argent, la personne qui le reçoit le déposera à sa banque. Cette banque, grâce à ce dépôt, peut émettre de nouveaux prêts. Ces prêts aussi, seront dépensés et deviendront des dépôts dans une banque suivante. Et ainsi de suite. Bien entendu, à chaque nouvelle ronde une banque encaisse des intérêts. C’est un vaste manège de création d’argent, qui gonfle la masse totale dans le pays.

Chaque fois que les prêts, émis par une banque, arrivent comme dépôts à une banque suivante, une nouvelle ronde de prêts peut démarrer. Le schéma s’applique aussi quand l’argent d’un prêt est dépensé et revient comme dépôt à la même banque.

S’il n’y avait qu’une seule banque dans le pays, il deviendrait évident très vite, que cette banque crée continuellement plus d’argent en accordant des prêts, recevant l’argent peu après comme dépôts, accordant de nouveaux prêts, recevant cet argent de nouveau comme dépôts, et ainsi de suite.

Donc, l’effet du manège c’est que l’ensemble des banques créent toujours plus de prêts et encaissent plus d’intérêt tout le temps. Cela gonfle la masse d’argent de nombreuses fois. Mais, quand on y réfléchit, est-ce que nous, ou les banquiers, en deviennent plus riches ?

Les banques ont beau créer plus d’argent, mais elles ne créent pas magiquement plus de marchandises à acheter. Quand les gens ont davantage d’argent, mais qu’il y a toujours autant de choses à acheter, c’est tout simplement les prix qui augmenteront. Chaque unité monétaire perd alors un peu de sa valeur. Cela s’appelle l’inflation.

Donc, quand les banques mettent plus d’argent en circulation, la valeur de chaque unité monétaire descend. Et cela est vrai également pour les intérêts que les banques encaissent. Quand les banques émettent 10 fois plus de prêts et gonflent par 10 fois la masse de l’argent, les intérêts qu’elles encaissent valent aussi 10 fois moins.

La concurrence assure l’inflation

La plupart des pays n’ont qu’une devise officielle, mais de multiples banques commerciales qui émettent l’argent. Et, bien que les banques ensemble ne deviennent pas vraiment plus riches du gonflement de la masse d’argent, elles la gonflent quand-même. La seule raison pour cela est la concurrence entre elles. Lorsqu’on parle de concurrence entre entreprises, on dit généralement que c’est sain. Mais chez les banques, la compétition veut dire prêter le plus possible et donc un maximum d’inflation.

Pour chaque banque la concurrence est simplement une lutte pour encaisser davantage d’intérêts et pour augmenter sa part de marché et ses profits. La banque avec les meilleurs résultats se développera plus vite que les autres et, à la longue, pourra dévorer ses concurrents.

L’écart entre riches et pauvres

Pas tout le monde peut emprunter l’argent qu’il veut. Pour prêter de l’argent, la banque demande une garantie, qu’elle pourra saisir, si l’emprunteur manquait à ses versements. Ceux qui ont suffisamment de garanties peuvent obtenir des prêts et investir facilement. Les grandes entreprise payent même moins d’intérêt. La demande de garantie cause un élargissement continuel de l’écart entre les riches et les pauvres.

Pour chaque pays ceci est un danger qui guette en permanence. Comme ce sont les banques et non les gouvernements qui décident des prêts, les gouvernements ne peuvent que tenter de masquer les fissures sociales, mais ne pourront ni les guérir ni les empêcher.

Prêts pour investissements et consommation

Un effet des emprunts que tous les emprunteurs ne connaissent que trop bien, c’est que la somme principale doit être remboursée avec des intérêts. Un entrepreneur qui emprunte de l’argent pour des investissements devra produire un revenu supplémentaire pour payer ces intérêts. Les prêts pour les investissements ne sont pas seulement une vache à lait pour les banquiers. Ils peuvent aussi aider à générer plus d’activité économique. Le rôle utile des banques pour la société serait donc, qu’elles mettent à disposition des prêts pour des investissements.

Par contre, les prêts pour des articles de consommation, ne contribuent normalement pas à plus de consommation. Il est vrai, que grâce au crédit, l’achat d’un article se fait plus tôt. Cependant, cet avantage est anéanti par une plus longue période de pouvoir d’achat réduit, car le consommateur doit non seulement gagner l’argent de son achat, mais aussi l’argent pour les intérêts. Il achètera donc moins de produits de consommation avec son salaire. Et des intérêts qu’il paye à sa banque, il n’y a qu’une partie qui finit comme salaire des employés de la banque, et il n’y a qu’une partie de ces salaires qui sera utilisée pour acheter des produits de consommation. Donc, les prêts pour des produits de consommation mènent plutôt à une diminution des achats de de ces produits.

Où va l’argent ?

Dès que l’emprunteur a dépensé l’argent de son prêt, il est assez imprévisible ce que feront les détenteurs successifs de cet argent. Un garagiste peut le recevoir en vendant une voiture à l’emprunteur. Le garagiste pourrait payer cet argent comme salaire à un de ces employés. Ce dernier pourrait en utiliser pour payer son loyer. En fait, dès que l’argent entre dans le grand jeu des transactions parmi les gens, il peut servir à toutes les fins pour lesquelles nous utilisons de l’argent.

Pendant la durée des prêts, l’argent est transféré de banque à banque chaque fois que des détenteurs de comptes d’une banque effectuent des paiements à des détenteurs de comptes d’une autre banque. À cette fin la banque centrale gère un compte pour chaque banque et exécute ces transferts.

Parfois il est plus pratique d’utiliser des billets de banque et des pièces de monnaie. À la banque ou à un guichet automatique on peut retirer de l’argent de son compte. Quand on le dépense, la personne qui le reçoit l’apportera à sa banque et verra le montant apparaître sur son compte. L’argent peut prendre la forme d’argent comptant ou de nombres sur des comptes bancaires. Pour les paiements cela ne fait pas de différence.

Où finit l’argent ?

L’argent finit au moment où l’emprunteur rembourse la somme principale du prêt à sa banque. À ce moment la banque transfère l’argent du compte de dépôt de l’emprunteur à son compte de crédit. Le compte du crédit montrera alors que la dette a été réduite. L’argent est venu au monde en inscrivant un nombre sur le compte de l’emprunteur et disparaît en diminuant ce nombre jusqu’à zéro.

L’emprunteur doit aussi verser des intérêts à la banque. L’intérêt ne fait pas partie de l’argent que la banque a créé pour cet emprunteur. L’emprunteur doit travailler et l’obtenir d’autre argent en circulation. (Par définition, cet autre argent fait partie de la masse totale des prêts en cours dans le pays à ce moment.)

Donc, l’argent cesse d’exister au fur et à mesure que les prêts sont remboursés. Et si tous les prêts étaient remboursés, il n’y aurait plus aucun argent. Cependant, pour le moment, il y a des océans d’argent et sur tout cet argent les banques encaissent des intérêts.

Non-banquiers comparés aux banquiers

Dans la société l’argent circule. L’argent vient vers vous quand vous produisez ou faites des choses que d’autres veulent. L’argent roule dans l’autre sens, quand vous achetez des choses ou faites travailler des gens pour vous. Eventuellement vous pouvez épargner un peu pour plus tard. Les banquiers font cela différemment. Ils prennent tout simplement de l’argent des autres et le dépensent. Cela est basé sur le principe que l’argent leur appartient, puisque c’est eux qui l’ont créé. Ainsi les banquiers trouvent logique, qu’ils ont le droit d’encaisser un loyer. En effet, dans certains pays les intérêts s’appellent « rente », ce qui vient de l’anglais « rent », et veut dire « loyer ». Nous ne possédons pas l’argent, nous le louons.

Bien que tout le monde utilise l’argent, les banques font toujours payer ce loyer par le premier utilisateur, l’emprunteur. Nous verrons plus loin, comment les banques font payer les autres utilisateurs également.

Les banques ne peuvent pas être considérées comme des entreprises commerciales normales. Elles se sont déclarées propriétaires de tout l’argent et font payer la population pour le louer.

Fin de durée

Presque tout l’argent est temporaire. Les prêts terminés doivent être remplacés par de nouveaux prêts pour maintenir de l’argent en circulation. Les prêts commencent à des moments différents et ont des durées différentes. Souvent l’emprunteur rembourse chaque mois une partie de son prêt. Cela signifie, que chaque somme d’argent en circulation a sa propre date de fin, la date prévue pour le remboursement par l’emprunteur.

Le montant total de l’argent en circulation détermine de combien d’argent nous disposons pour nos transactions et, à la longue, cela détermine le niveau général des prix des produits et des services.

Transactions

Pendant sa vie l’argent est un moyen d’échange pour des transactions. Une transaction a lieu quand deux parties la trouvent intéressante. « A » trouve que l’argent qu’il obtient est plus intéressant et « B » trouve la voiture d’occasion plus intéressante. Un échange a lieu. Maintenant « A » a l’argent et « B » la voiture et tous deux sont satisfaits.

Les transactions peuvent inclure un paiement pour une valeur ajoutée. Quand un boulanger fait du pain, il ajoute son travail à la farine, au lait et à la levure. Le travail qu’il effectue représente la valeur ajoutée. Quand il vend le pain, la transaction n’est pas juste un échange de propriété, mais elle inclut aussi le paiement de la valeur ajoutée.

En lui-même, le montant total des transactions dans un pays ne donne aucune indication sur la valeur ajoutée, ni sur la valeur des biens et des services produits dans ce pays.

2. Inflation permanente

L’inflation des prix signifie que l’argent que nous détenons perd de la valeur. Cette inflation peut fluctuer énormément au cours du temps. Il y a beaucoup de théories économiques, qui offrent des explications sur les causes. Cependant, ces théories expliquent plutôt des augmentations et des baisses des prix parmi des produits et des services. Ils n’expliquent pas pourquoi les hausses de prix sont permanentes. L’inflation de prix permanente a une cause différente. Nous ferons un tour rapide à travers quelques causes d’inflation. Mais, pour commencer, éliminons la confusion entre l’Indice des Prix à la Consommation et l’inflation des prix.

Indice des Prix à la Consommation et inflation des prix

L’inflation des prix mène au mécontentement de la population. C’est pourquoi beaucoup de pays utilisent un Indice des Prix à la Consommation (IPC), qui montre des chiffres plus agréables. [1], [2], [3] Donc, quand les politiciens ou les fonctionnaires utilisent le mot « inflation », ils sous-entendent le plus souvent les changements dans l’Indice des Prix à la Consommation.

L’indice est basé sur une comparaison annuelle du coût d’un panier de produits pour un ménage « moyen ». Le contenu du panier varie d’un pays à l’autre, et il en est des même pour les méthodes pour calculer l’indice. Un pays peut inclure le coût de la nourriture, du carburant et du logement ; un autre pays peut laisser ces coûts en dehors. [4], [5] Certains pays publient les catégories de produits qu’ils ont dans le panier [6]. mais, en général, les produits précis restent secrets. Néanmoins, certains bureaux de statistiques révèlent quelques tours de passe-passe, qu’ils pratiquent pour obtenir des indices flatteurs. Par exemple, ils changent périodiquement le contenu du panier. Les produits dont le prix augmente trop en sont sortis et remplacés par d’autres meilleur marché. Ou, quand le prix d’un produit reste stable, mais que la qualité s’améliore, ils comptent l’amélioration de la qualité comme une baisse de prix. Ainsi, pour les ordinateurs dans le panier, le Bureau Central des Statistiques (CBS) au Pays-Bas compte une baisse de prix de 64 pour cent entre 1998 et 2003 ! Et voilà l’indice qui baisse ! [7]

Donc, le contenu du panier est adapté périodiquement. La justification est : « quand les prix montent, les ménages adaptent leurs achats aussi ». Et que signifie cette politique d’adaptation pour l’indice ? Eh bien, puisque le ménage moyen défini ne peut pas dépenser plus qu’il gagne, l’augmentation du coût du panier est automatiquement limitée à l’augmentation de ses revenus. En effet, le ménage défini ne peut pas payer des prix plus élevés. Aussi, l’indice de Prix à la Consommation n’est qu’une grande tromperie. Il exprime plus l’évolution des revenus du ménage moyen, que la montée des prix.

Sauf indication contraire, dans cet article l’expression « inflation des prix » se réfère à l’augmentation réelle des prix dans toutes les transactions et non à quelque IPC. Et dans cet article, « inflation monétaire » signifie, en premier lieu, l’augmentation de la masse d’argent. J’y reviens dans un instant.

Théorie de l’inflation par les coûts

La théorie de l’inflation par les coûts dit, que l’augmentation des coûts est responsable de l’inflation des prix, comme l’augmentation des coûts de salaires, des matières premières importées ou des taxes sur la consommation. [8]

Théorie de l’inflation par la demande

La théorie de l’inflation par la demande dit, que l’inflation des prix apparaît quand la demande excède l’offre. [9] L’augmentation de la demande peut être causée par des activités d’ exportation, par des réductions d’impôts ou par l’accroissement de la masse monétaire. Des fluctuations dans la demande peuvent aussi se produire, quand les consommateurs économisent plus d’argent et, quelques temps après, commencent de nouveau à le dépenser.

Prévisions s’accomplissant elles-mêmes

Les prévisions de l’inflation des prix affectent aussi l’inflation des prix réelle. Les fabricants et les commerçants ont en général des listes de prix, qui sont valides six mois ou un an. Ils doivent inclure un pourcentage pour l’inflation prévue. Cela augmente immédiatement les prix, et contribue ainsi à l’inflation réelle. Il en va de même pour les banquiers. Quand ils accordent des prêts, ils prévoient que les intérêts, qu’ils encaisseront pendant la durée du prêt, représente de moins en moins de valeur au cours du prêt. C’est pourquoi ils comptent d’office une marge supplémentaire. Ce coût supplémentaire contribue à l’inflation réelle.

Augmentation de la masse d’argent

Si l’inflation par la demande et l’inflation par les coûts survenaient sans expansion de la masse d’argent, quelques prix monteraient et d’autres baisseraient. Toutefois, nous voyons plutôt des prix qui montent plus vite que d’autres, mais rarement des prix qui baissent. C’est parce que, au cours du temps, la masse d’argent s’accroît par toujours plus de prêts en cours. Cela s’appelle l’inflation monétaire.

Bien entendu cela affecte les prix dans les transactions, toutefois, jamais de manière égale. Pratiquement, quand la masse d’argent augmente, l’argent supplémentaire crée des possibilités pour des augmentation de prix dans chaque transaction consécutive. Nous pouvons présumer, que, quand d’autres facteurs inflationnistes sont au travail quelque part, par exemple une grande demande, l’argent supplémentaire y cause un supplément d’augmentation des prix.

L’inflation monétaire est la cause de la montée des prix permanente, que nous observons au fil du temps. C’est la seule inflation qui compte au fil des années et des décennies.

L’inflation, en premier lieu, se réfère au gonflement de la masse monétaire. Ceci cause l’augmentation des prix. Aujourd’hui nous employons aussi le mot « inflation » pour l’augmentation des prix elle-même. Notons encore, que dans le cas, où la masse d’argent augmente, et simultanément la productivité augmente aussi, il peut arriver que les prix moyens n’augmentent pas ou augmentent moins vite. L’argent disponible se diffuse alors sur un plus grand nombre de produits et services, ce qui aide à maintenir les prix stables.

3. Les banques centrales ont besoin d’inflation

Il peut sembler que l’inflation se maintienne assez naturellement d’elle-même. Quand les prix montent pendant la durée des prêts, les nouveaux prêts doivent financer des choses plus chères et doivent donc être plus élevés. À tout moment la cause de l’inflation serait l’inflation elle-même. Cependant, ce n’est pas un « perpetuum mobile » qui est responsable de l’inflation, mais une politique claire et ouvertement reconnue par les banques centrales. [10], « La stabilité des prix est définie comme une augmentation annuelle de moins de 2% de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (HICP) pour la zone euro. », [11]. L’inflation est une composante de notre système bancaire.

Comme exposé plus tôt, la concurrence entre les banques rend certain qu’elles émettent le maximum de prêts possible selon les circonstances. Par conséquence, pour monter ou baisser l’inflation, les banques centrales ont seulement besoin d’assouplir ou de resserrer l’émission des prêts.

La façon la mieux connue des banques centrales pour influencer l’inflation est la modification du taux d’intérêt. Cela est destiné à influencer les emprunteurs potentiels. Dans les mots de la Banque Centrale Néerlandaise (DNB) : « L’intérêt agit comme la pédale d’accélération et de frein de l’économie. Par une augmentation du taux d’intérêt, les prix baisseront, ou au moins monteront moins vite. Par une dimunition du taux d’intérêt les prix monteront plus vite. » [12]

Une manière pour l’expliquer est que, quand le taux d’intérêt monte, les gens emprunteront moins. Et lorsque moins de prêts finis sont remplacés par de nouveaux prêts, il y aura moins d’argent dans le pays. Avec le temps, vous pouvez acheter davantage avec chaque unité monétaire. Les prix baissent. Mais prêtez attention à ce que la DNB a ajouté : « ou au moins monteront moins vite. » Ici la banque centrale n’a pas l’intention de voir les prix baisser. Dans ce cas-là, apparemment, la masse d’argent peut toujours grossir, mais juste un peu plus lentement.

Quand la banque centrale baisse le taux d’intérêt, la raison est claire : permettre encore plus de prêts et laisser la masse d’argent croître encore plus vite. Bien entendu, les taux d’intérêt ont aussi de l’effet sur l’épargne. Quand l’intérêt sur l’épargne baisse, plus de gens préfèreront dépenser leur argent.

Les banques centrales ne peuvent pas diriger l’inflation sur des prix spécifiques, comme ceux du pain, des bicyclettes ou des machines. Elles influencent plutôt l’augmentation du volume global des prêts, l’inflation monétaire. L’argent supplémentaire ne se propage jamais de façon équilibrée à travers l’économie. Il augmente plutôt les effets d’autres facteurs, comme la montée des coûts ou celle de la demande.

Quand l’économie ne peut absorber plus d’inflation et que l’argent ne se propage pas de façon suffisamment équilibrée, des bulles se produisent. A ce moment-là, des masses d’argent de plus en plus grandes circulent, par exemple, sur le marché boursier ou sur le marché immobilier, où l’argent est gagné en faisant monter les prix. Les entreprises aussi sont de plus en plus souvent achetées et vendues comme si elles étaient les jouets financiers.

Bien que les banques centrales admettent que l’inflation fasse partie de leur politique, elles mettent plutôt en avant des raisons économiques. La plupart du temps ces raisons ont l’air plausible et sont richement pourvues en commentaires par des économistes et des journalistes. Cependant, la plupart d’entre eux oublient, qu’en premier lieu, ce sont les banques centrales elles-mêmes qui ont besoin de l’inflation.

Inflation : Les banques centrales ont besoin de revenus

Les banques centrales ont obtenu le pouvoir de contrôler le volume de la masse monétaire, d’influencer l’inflation et les intérêts, et de dicter des règles aux institutions financières. Avec ce pouvoir elles peuvent influencer l’économie. Elles ont obtenu des lois pour détenir ce pouvoir. Si elles dépendaient des autres pour leurs revenus, leur pouvoir pourrait rapidement s’éroder. C’est pourquoi elles gagnent leurs propres revenus. [13], [14]

Les banques centrales gagnent leur revenus avec des opérations monétaires. Une source de revenu très lucrative c’est d’emprunter de l’argent quand l’intérêt est bas et de le prêter quand l’intérêt est élevé. Comme opération monétaire, le but est le suivant. Quand le taux d’intérêt chez les banques commerciales baissent trop, (par une baisse dans la demande d’emprunts) la banque centrale emprunte de grands volumes d’argent aux banques. De cette manière il restera moins d’argent en circulation. Cela cause une augmentation dans la demande de prêts et les taux d’intérêt chez les banques commerciales pourront remonter. En d’autres temps, quand les taux d’intérêt montent trop, la banque centrale prête de l’argent aux banques. Ainsi elles peuvent fournir davantage de prêts à leurs clients et lorsque la demande s’assouvit, les taux d’intérêt baisseront. [15]

Les bénéfices que les banques centrales obtiennent avec ces opérations, seront d’autant plus grands que l’écart entre les taux bas et les taux élevés est important. Pour ces bénéfices, la présence d’inflation est essentielle. Sans inflation, les taux d’intérêt resteraient plutôt bas. [16] Il n’y aurait guère de différence entre les taux bas et les taux élevés. Par ailleurs, ces opérations permettent également aux banques centrales d’augmenter leur bilan, de devenir plus grandes. Elles achètent plus de papiers de valeurs (prêtent plus d’argent) qu’elles n’en vendent.

Beaucoup de banques centrales disent vouloir maintenir l’inflation autour de 2 pour cent. Avec le mot « inflation » elles veulent dire l’augmentation de l’Indice des Prix à la Consommation [17], et non pas la vraie inflation, qui est beaucoup plus élevée. [18]

Inflation : obliger la population à payer pour l’usage de l’argent

L’inflation est non seulement une nécessité pour le revenu des banques centrales, mais aussi un moyen pour exercer de l’influence sur les utilisateurs de l’argent. Par l’inflation la population paye – même contre sa volonté – pour l’utilisation de l’argent. Les banques encaissent les intérêts des emprunteurs. De cette manière on a l’impression que seuls les emprunteurs payent pour l’argent créé. Mais voyons comment ça marche quand il y a de l’inflation.

Grâce à l’inflation, l’emprunteur a l’avantage que les mensualités qu’il doit à sa banque représentent moins de valeur au fur et à mesure que le temps passe. Ces mensualités concernent les intérêts et le remboursement de la somme principale. Les intérêts forment le revenu de la banque. Nous pouvons être certains, que la banque prévoit l’inflation et compte d’office un peu plus d’intérêt. Donc, pour les intérêts, l’inflation ne donne pas un avantage à l’emprunteur. Mais il n’en est pas de même pour la somme principale. C’est que la banque n’a besoin que du remboursement du montant nominal qu’elle a inscrit dans le compte de l’emprunteur. Peu importe, si au fil du temps cette somme a perdu de leur valeur. Il suffit que le total des montants remboursés soient identiques au montant inscrit dans le compte de l’emprunteur au départ, pourque le prêt soit terminé et l’argent ait finit d’exister. La dévaluation des montants à rembourser pour la somme principale constitue donc un avantage pour l’emprunteur.

Cet avantage pour l’emprunteur peut être calculé séparément pour chaque mensualité. Et quand nous calculons aussi l’inflation supportée par les usagers consécutifs de l’argent créé par ce prêt, les totaux s’avèrent approximativement identiques.

Dans cet exemple la ligne rouge montre le montant total des transactions réalisées avec l’argent du prêt pendant sa durée. La perte de valeur par l’inflation est dissimulée dans les 60 transactions. Quand l’inflation est de 2 pour cent, c’est en moyenne 0,167 % par transaction. La perte de valeur pour les utilisateurs de l’argent égale l’avantage pour l’emprunteur.

Dit plus simplement : si l’emprunteur doit payer 6 pour cent d’intérêt (sur la somme principale) et profite d’une inflation de 2 pour cent (sur la somme principale), son avantage égale 2/6 des intérêts. [19] Les utilisateurs de l’argent perdent une valeur égale par l’inflation. Les banques ne perdent pas. Elles ont prévu l’inflation et ont compté un peu plus d’intérêt à l’avance.

En d’autres mots, l’effet de la politique d’inflation des banques centrales c’est qu’une partie des paiements des intérêts est déplacée de l’emprunteur vers les autres utilisateurs. De cette façon, les autres utilisateurs payent des intérêts pour l’usage de l’argent !

Manipulation de l’inflation et des intérêts

Avec l’autorité de déterminer l’inflation et l’intérêt les banquiers centraux ont le pouvoir. Ils peuvent nous faire épargner plus, investir plus, consommer plus, spéculer plus et toujours travailler plus dur.

Comme montré ci-dessus, l’inflation est un intérêt que les utilisateurs d’argent doivent payer. En plus, l’inflation pousse la population à travailler plus dur et à concurrencer pour obtenir un peu de l’argent supplémentaire mis en circulation et de compenser la perte de valeur de l’argent qu’ils détiennent.

L’inflation pousse aussi les gens à ne pas garder l’argent dans leur poche ou sous leur matelas, mais à le dépenser ou bien à le déposer à la banque pour un peu d’intérêt. De cette manière la plus grande partie de l’argent est toujours à la disposition des banques.

Quand l’intérêt est élevé, les gens épargnent plus. Quand l’intérêt est bas, les gens dépensent, empruntent et investissent davantage.

Ce que nous pensons intéressant à faire à un moment donné, dépend en grande partie de ce que la banque centrale veut que nous fassions.

4. Caprices de la masse d’argent

Comme mentionné ci-dessus, la masse d’argent dont la société dispose, c’est le total des montants de prêts encore à rembourser. En fait, c’est curieux. Car quel serait le rapport entre les montants qui restent encore à rembourser et l’argent dont la société a besoin pour bien fonctionner ? Qu’est-ce que les besoins des emprunteurs et leur capacité à rembourser ont à faire avec le besoin d’argent du reste de la société ? Si vous achetez une maison demain, et, avec votre prêt, mettez en circulation de l’argent pour vingt ans, qu’est-ce que cela aurait à faire avec les besoins de l’économie dans 10 ou 15 ans ? Rien du tout.

En réalité, la société dispose d’une masse d’argent au hasard, résultant de prêts émis dans le passé et composés de ce qui en reste à rembourser. Chaque jour des parts sont remboursées et de nouveaux prêts sont émis. En raison du volume colossal de la masse monétaire la population ne remarque guère les variations. En théorie, les banques centrales pourraient centraliser toutes les informations sur les prêts émis et savoir exactement combien d’argent il existera encore demain, dans deux jours ou dans dix jours. Avec des opérations monétaires elles pourraient maintenir la masse d’argent assez stable. Cependant, comme mentionné ci-dessus, cela n’est pas la politique des banques centrales. Elles ne font que grossir la masse d’argent.

Il existe des théories qui disent, que sans inflation l’économie ne pourrait pas être dirigée. L’un des principaux arguments est, que, quand la masse d’argent n’augmente pas, on ne pourrait pas diminuer les salaires dans les cas où les conditions économiques l’exigeraient. « Les salaires effectivement payés devraient alors etre baissés et les employés n’accepteraient jamais cela. » Et « quand la masse d’argent augmente, les diminutions de salaires peuvent être cachées, en augmentant les salaires moins vite que l’inflation. »

Ainsi, les défenseurs de cette théorie comprennent, que l’inflation c’est berner le peuple et ils soutiennent, qu’on peut pas faire autrement. Cependant, leur théorie ne tient pas la route. Car, si la masse d’argent reste stable, certains prix monteraient tandis que d’autres baisseraient. L’acceptation des gens pour des variations dans leurs salaires serait très différente comparé à aujourd’hui, où, depuis des décennies, les prix ne font que monter. En outre, quand on maintient la masse d’argent stable, il est tout à fait possible de maintenir les salaires stables quand l’économie tourne moins fort, si, durant des périodes prospères, les revenus supplémentaires sont formés par des participations dans les profits et des réductions d’impôts.

Le système d’argent d’aujourd’hui n’a pas comme point de départ une quantité d’argent qui conviendrait aux besoins de l’économie. Le système d’aujourd’hui garantit seulement que les banques encaissent des intérêts sur tout l’argent qui existe, que la compétition entre elles entraîne une inflation monétaire maximale, et que les banques centrales sécurisent leurs revenus et leur pouvoir. Pour le reste l’économie n’a qu’à s’accomoder de l’argent qui se trouve d’être là, par hasard, à un moment donné.

5. La guerre contre l’Irak

L’argent est exprimé en devises. Chaque pays a une devise officielle. Aux États-Unis c’est le dollar. Le dollar est très utilisé en dehors des Etats-Unis aussi. Depuis 1973 la quantité de dollars hors des États-Unis augmente tout le temps plus vite. Les Etats-Unis paient la moitié de leurs importations avec des dollars pour lesquels ils ne délivrent rien en retour. Ces dollars demeurent indéfiniment à l’étranger et forment la dette extérieure des Etats-Unis. De cette façon les États-Unis importent à chaque minute pour 1,25 million de dollars de marchandises et de services « gratuitement » (ou, pour ceux qui ont encore l’espoir de recevoir quelque chose en retour un jour, « à crédit »). Les sommes sont simplement rajoutées à la dette extérieure. Cette dette est si élevée maintenant, que les États-Unis ne peuvent plus la rembourser. Donc les États-Unis sont en faillite.

L’une des raisons principales pour laquelle le monde entier accepte néanmoins toujours des dollars, c’est parce que la majorité du gaz et du pétrole du globe doit être payée en dollars. De cette façon les États-Unis ont aussi l’avantage de pouvoir disposer librement de ces réserves de gaz et de pétrole. Car, pour les payer, les États-Unis peuvent toujours créer autant de dollars qu’ils veulent. Pour les Etats-Unis il est donc primordial que les ventes de gas et de pétrole restent en dollars. Néanmoins, l’Irak, qui a la deuxième plus grande réserve pétrolière mondiale, est passé à l’euro le 6 novembre 2000. [20] Bien que les États-Unis aient cherché une manière pour rétablir leur influence en Irak depuis de nombreuses années, ce passage à l’euro rendait la guerre inévitable. Le dollar s’affaiblissait et en juillet 2002 la situation devenait tellement critique, que le FMI lançait un avertissement que le dollar pouvait s’effondrer. [21] Quelques jours plus tard les plans d’attaque étaient débattus à Downing Street. [22] Un mois plus tard Cheney proclamait qu’il était sûr maintenant que l’Irak avait des armes de destruction massive. [23] Avec ce prétexte les États-Unis ont envahi l’Irak le 19 mars 2003. Discrètement ils ont rétabli la vente de pétrole irakien en dollars le 5 juin 2003. [24] Donc maintenant, au moins financièrement, les États-Unis disposent de nouveau librement des réserves pétrolières irakiennes. (Et pendant que les journalistes envoient des reportages de guerre de Bagdad, le pétrole est exporté de Bassora.) Depuis le printemps 2003, l’Iran aussi est passé à l’euro et depuis le 8 juin 2006 la Russie vend son gaz et pétrole en roubles. (Vous pouvez en lire plus à ce sujet dans « Coût, méfaits et dangers du dollar ») [25] Note : Derrière le conflit entre les États-Unis et l’Iran il y a plus qu’un conflit de devises. Dans les coulisses il est aussi question de la formation d’un cartel du marché mondial des combustibles nucléaires. Vous pouvez en lire plus à ce sujet dans « Hold-up sur le marché des combustibles nucléaires. » [26])

6. Oppression des pays du Tiers Monde

L’avantage des importations gratuites (1,25 million de dollars par minute) existe seulement pour autant que les dollars restent en permanence à l’étranger. Si les autres pays les utilisaient pour acheter des marchandises et des services aux États-Unis, alors il n’y aurait pas d’avantage. Mais depuis 30 ans les États-Unis importent plus qu’ils n’exportent. Plus que nul autre ils maîtrisent l’art de maintenir les dollars à l’étranger.

Par exemple, la Banque Mondiale et le FMI accordent des prêts en dollars aux pays du Tiers Monde depuis les années 60. La politique est de fournir autant de prêts que possible, de façon que ces pays ne pourront jamais les rembourser. [27] Ainsi ils sont éternellement coincés par la charge croissante des prêts et des intérêts. Autrement dit, la soi-disant aide aux pays en voie de développement n’est rien d’autre que de l’oppression. Et l’alègement de la dette claironné par les pays industrialisés ne représente qu’à peine un pour cent. [28]

7. L’arme de la Chine

Le gouvernement chinois ne veut pas de commerce en dollars dans son pays. Les dollars gagnés par les exportateurs chinois sont échangés contre de l’argent local par la banque centrale chinoise. La banque centrale chinoise a un stock énorme de dollars. En mars 2007 environ 1.000 milliards de dollars. [29] En fait ceci constitue une arme plutôt efficace contre des agressions éventuelles par les États-Unis. Quand la Chine le voudra, elle pourra offrir des wagons pleins de dollars sur les marchés de changes et faire baisser le cours du dollar, ou même le faire s’effondrer d’un coup sec. [30]

8. Inflation et croissance économique

Notre système monétaire, régit par les banques, l’intérêt et l’inflation, existait déjà à notre naissance. Il fait partie de notre environnement « naturel ». C’est pourquoi il est difficile de voir son influence sur notre vie et sur la société. Tout ce que nous pouvons dire à son sujet peut facilement être considéré comme normal. Nous ne savons pas mieux. Les effets du système sont partout, même dans notre manière de penser et dans nos convictions.

Ainsi nous trouvons que c’est une évidence, que l’économie n’est saine que quand elle grandit. Le concept de la « croissance économique » a été canonisé par les économistes, les politiciens et tous ceux qui comprennent ou croient comprendre la société. En Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord nous avons aspiré à la croissance économique depuis le début de la révolution industrielle, avec succès. Le système a fait ses preuves.

Ce n’est pas par hasard que notre système monétaire est basé sur l’inflation éternelle et notre économie sur la croissance éternelle. Quelques banquiers habiles ont conçu le système de cette façon au début du siècle dernier. [31] L’intérêt et l’inflation formeraient un revenu permanent pour des banques, comme contrepartie du simple tour de passe-passe de faire sortir de l’argent de leur chapeau. Les prêts mèneraient à davantage d’activité économique. Les gouvernements et la population viendraient quémander toujours plus de prêts. Cela se mariait parfaitement aux développements de l’âge industriel. La mécanisation, l’exploitation des mines, l’agriculture intensive, les ressources coloniales, la production à grande échelle, la concurrence entre nations, les guerres et les reconstructions, la croissance explosive des populations, les travailleurs étrangers, les femmes au travail, le développement du secteur des services, le boum de l’informatique, tout menait à une croissance économique. La croissance économique était synonyme de prospérité. Aujourd’hui, en Europe de l’Ouest, nous parlons toujours en termes de croissance économique. Cependant, en raison de l’aplanissement de la croissance de la population, cela ne peut plus être obtenue qu’en augmentant la pression sur chaque employé. Les routes de la croissance économique et de la prospérité se séparent.

L’inflation agit comme une carotte devant le nez de l’âne. Tout le monde commence à courir plus vite pour obtenir une part de l’argent supplémentaire mis en circulation. Et tout en courant, personne n’échappe au paiement pour l’usage de l’argent. Grâce à l’inflation tout le monde participe au paiement des intérêts aux banques. Et si, en courant tous plus vite, nous augmentons notre richesse, nous pouvons être presque certains que les intérêts seront augmentés. En jargon bancaire ont dit alors que l’économie est surchauffée et doit être ralentie. Jusqu’à ce que nous devrons courir plus vite de nouveau.

Expansion mondiale

Entretemps, les banques se sont faites remarquer. Avec leur tour de magie elles ont conquis le monde. Partout les banques ont pris le pouvoir sur l’argent et obligent les populations à payer de l’intérêt et de l’inflation. Partout, excepté en Chine, les banques centrales ont obtenu des lois spéciales, pour diriger - indépendamment de la volonté du gouvernement local - le niveau des intérêts et de l’inflation. Après l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord d’autres pays développent actuellement leur économie. Pour les banques cela veut dire de nouveaux gouvernements et populations, qui veulent obtenir de l’argent du chapeau.

En fait cela ne fait pas beaucoup de différence que les banques centrales soient des banques d’État ou privées. Presque partout, elles ont obtenu un statut spécial, qui leur accorde un haut niveau d’indépendance par rapport au gouvernement local. Ensemble avec les banques commerciales, elles déterminent combien de prêts sont émis, de combien d’argent dispose la société et combien doit payer la population.

9. Encore plus de croissance ou une société durable ?

La politique de la plupart des banques centrales se fonde sur la croissance permanente de la masse monétaire. En Europe de l’ouest et en Amérique du Nord cette croissance de l’argent accompagnait la croissance de l’économie et la croissance de la population. Entretemps le monde a beaucoup changé. L’expansion explosive de la population et l’expansion de l’activité économique ont énormément augmenté la pression sur l’environnement. Les régions fertiles ont été envahies par les humains. Les forêts sont changées en terre agricole et en villes. De nombreuses espèces ont été exterminées. La majeure partie des poissons des océans et des mers a été pillée. Par la croissance rapide de la population mondiale, la pollution des sols, de l’eau et de l’air augmente toujours. Dans de nombreux endroits il y a pénurie de nourriture et d’eau potable. Le climat change. Les prévisions indiquent qu’avec les tendances actuelles la population mondiale continuera à se développer rapidement et même doublera encore. Les lignes du graphique ont été tracées comme si c’était possible…

Limites à la croissance

La terre ne grandit pas ensemble avec nos populations et nos économies. Pour la première fois dans l’histoire humaine nous rencontrons les limites. Bien entendu nous ne savons pas quoi faire. L’église et l’État ont toujours prêché la croissance. Les banquiers aussi aiment la croissance. Des limites à la population mondiale ? Personne au pouvoir n’ose se brûler les doigts à ce sujet.

Où est cette limite ? Cela dépend de ce que nous voulons comme humanité. Si nous voulons atteindre la qualité de vie la plus élevée possible - pour nos enfants et nos petits-enfants -, nous ne devrions pas charger la terre davantage que strictement nécessaire. Nous devrions essayer d’évoluer vers une population plus petite. Cela éliminerait aussi la raison principale des conflits et des guerres.

La politique d’aujourd’hui est complètement opposée aux besoins d’une société pacifique et durable. Le système monétaire joue un rôle primordial. Des réformes sont nécessaires. Plus nous attendons, plus ce sera difficile dans l’avenir.

Par Rudo de Ruijter, Chercheur indépendant Septembre, 2007


Pour des particularités de la banque centrale US, la Réserve Fédérale : « Meet the system » MeetTheSystem.org

L’auteur peut être contacté via www.courtfool.info.

Si vous voulez, vous pouvez copier cet article, l’envoyer à des intéressés ou le publier dans des journaux ou sur l’internet.


                                         

[1Source

[2] « … la valeur de référence (4,5%) de la croissance du M3 sur une base annuelle. Cette valeur de référence pour la croissance monétaire est basée sur une croissance économique potentielle de 2,0% à 2,5%, sur une inflation de moins de 2,0% à moyen terme et sur un déclin de 0,5% à 1,0% par an de la vitesse de l’argent à longue durée. », source

[3] « en 2003, la masse monétaire (M3) dans la zone euro s’est développée à un taux de 8,0%, bien au-dessus de la valeur de référence officielle de 4,5%. », source

[4Source

[5Source

[6Source

[7]  http://www.cbs.nl/NR/rdonlyres/AB3F1E9D-EFED-4FD9-9393-E59F762D5C9B/0/2007gevoelsinflatieart.pdf

[8Source

[9Source

[10Source

[11source

[12] Source

[13Source

[14Source

[15Source

[16Source

[17] « La stabilité des prix est définie comme une augmentation annuelle de moins de 2% de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (HICP) pour la zone euro. », source

[18] « en 2003, la masse monétaire (M3) dans la zone euro s’est développée à un taux de 8,0%, bien au-dessus de la valeur de référence officielle de 4,5%. », source

[19] L’avantage réel dépend de chaque programme d’amortissement de prêt spécifique. Ça vaut la peine de comparer.

[20] Le pétrole irakien en euros, source

[21] Alerte du FMI sur l’effondrement du dollar, source

[22] Le « Downing Street Memo », source

[23] Cheney, source

[24] Comment le dollar peut-il s’effondrer en Iran ? , source (voir Irak)

[25] « Coût, méfaits et dangers du dollar. » , source

[26] « Hold-up sur le marché des combustibles nucléaires. » , source

[27Source

[28Source

[29Source

[30Source

[31] G. Edward Griffin, The Creature of Jekyll Island

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16 février 2006

La belle Economie Americaine pourrait flancher

 

               
                                     

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Creusé par l'envolée des prix du pétrole et l'appétit inassouvi des Américains pour les produits étrangers, le déficit commercial des Etats-Unis a atteint en 2005 un niveau record à 726 milliards de dollars (610 milliards d'euros). Ce chiffre publié vendredi 10 février par le département du commerce est non seulement sans précédent en valeur absolue mais également en proportion de l'économie. Il représente près de 6 % du produit intérieur brut (PIB).


Pour la plupart des experts, ceux des organismes internationaux, des banques privées comme de la Réserve fédérale (Fed), une telle situation ne peut pas se prolonger indéfiniment.


Non seulement l'économie américaine est de plus en plus dépendante des produits mais aussi des capitaux étrangers pour financer, faute d'épargne intérieure suffisante, ses importations massives. Elle s'endette et se trouve à la merci du bon vouloir des prêteurs internationaux et notamment asiatiques qui recyclent leurs excédents en achetant des dollars.


Le déficit avec la Chine est le plus important que les Etats-Unis aient jamais eu avec un seul pays. Il a atteint 201,6 milliards de dollars en 2005, en hausse de 24,5 % par rapport à 2004.


Nul doute qu'il va alimenter la tentation protectionniste contre les produits chinois. Mais pour remédier réellement au déséquilibre du commerce extérieur, il faudrait que les ménages américains dépensent moins et épargnent plus. Ce n'est apparemment pas pour demain. Les analystes prévoient que le déficit commercial continuera à gonfler en 2006 pour dépasser les 800 milliards de dollars, reflétant le dynamisme toujours supérieur de l'économie américaine par rapport à celles de l'Europe et du Japon.

Elle a démontré une capacité insoupçonnée à encaisser et surmonter les chocs. Elle a digéré l'éclatement de la plus grande bulle boursière de l'histoire en 2000, les attaques de septembre 2001, une succession de faillites et de scandales à Wall Street, deux guerres et pour finir un triplement du prix du pétrole.

En dépit de cela, la croissance est robuste et le chômage faible. Cette santé est construite sur des déséquilibres structurels dangereux, le déficit extérieur mais aussi une grande faiblesse de l'épargne et une bulle immobilière. Ce sont peut-être des bombes à retardement, mais elles ne semblent pas sur le point d'exploser dans un avenir proche.

Ainsi, la croissance de 4,2 % en 2004 et 3,5 % en 2005 devrait, selon les prévisions, rester autour de 3,4 % en 2006 malgré un trou d'air au dernier trimestre de l'année 2005. L'expansion est alors revenue à son plus bas niveau depuis trois ans à 1,1 % en rythme annuel. Mais pour la plupart des spécialistes, ce ralentissement ne devrait être que passager. Pour preuve, le taux de chômage est tombé à 4,7 % en janvier, son plus bas niveau depuis juillet 2001. Les Etats-Unis se trouvent dans une situation de plein emploi. Un peu plus de 193 000 postes ont été créés en janvier et plus de 2 millions au cours des douze derniers mois.

"L'amélioration continue du marché du travail contribue logiquement à renforcer le moral des ménages", explique Lynn Reaser, économiste de Bank of America. "Les salariés ont de grandes chances de bénéficier de hausses de salaires cette année et, si les prix de l'essence se stabilisent, l'évolution des revenus devrait être supérieure à l'inflation."

Le moral des consommateurs était au début du mois de février à son plus haut niveau depuis octobre 2004, selon un sondage de l'institut Ipsos. La consommation a augmenté de 0,9 % en décembre 2005. Comme, dans le même temps, les revenus ont progressé de seulement 0,4 %, le taux d'épargne était négatif de 0,7 %. Sur l'ensemble de l'année 2005, le taux d'épargne en pourcentage des revenus des Américains s'établit à — 0,5 % contre 1,8 % en 2004.

C'est la première fois depuis 1933 et la grande dépression que ce taux est négatif sur l'ensemble d'une année. "C'est un signe inquiétant pour la consommation future", prévient Joel Naroff, du cabinet d'études du même nom.

Mais pour de nombreux économistes, la clé de la conjoncture américaine se trouve surtout sur le marché de l'immobilier. Sa santé conditionnera la capacité des ménages à continuer à consommer. Alan Greenspan, ancien président de la Fed, s'inquiétait à la fin de 2005 de la dépendance grandissante des Américains envers les crédits obtenus en mettant leur logement en garantie. Si la bulle éclate sous la pression notamment de la remontée des taux d'intérêt, elle pourrait avoir des conséquences graves sur leur santé financière avec un endettement qui atteint en moyenne le niveau record de 124 % des revenus annuels.

L'économie des Etats-Unis a surmonté les chocs des cinq dernières années car les consommateurs ont été capables de continuer à dépenser.

Ils ont pu le faire en bénéficiant de baisses d'impôts et des taux d'intérêt, de l'effet richesse lié à l'augmentation continue de la valeur de leurs logements, dont ils sont propriétaires à 70 %, et en réduisant leur taux d'épargne. Mais cela fait près de deux ans que les baisses d'impôts ont cessé et les taux d'intérêt sont repartis à la hausse, et le marché de l'immobilier commence à donner des signes de faiblesse.

Si l'atterrissage se fait en douceur, comme le prévoient aujourd'hui les spécialistes, la croissance ne devrait pas trop en souffrir. Si la baisse est brutale, la consommation aux Etats-Unis risque de ne plus être le moteur de l'économie américaine et mondiale.

Ce serait une mauvaise nouvelle pour tout le monde...

 


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07 février 2006

Immobilier UK: nombre record de faillites personnelles.

Immobilier UK: nombre record de faillites personnelles.

Par Marie Phoenix le  6 février 2006

 

LondonstoreAlors que la situation du marché britannique est contradictoire, avec des déclarations optimistes d'une reprise en cours, et la publication de chiffres qui prouveraient que le retournement s'opère déjà et que les prix baissent outre-Manche, une dépêche AFP nous apprend que "le nombre de ménages britanniques contraints de se déclarer en faillite en raison d'une dette devenue insupportable a battu un nouveau sommet en 2005, avec 67 580 foyers, selon les derniers chiffres officiels publiés".

Après l'Australie, où le nombre de saisies pour impayés a battu des records, le nombre de faillites personnelles est "en hausse de 45 % par rapport à 2004, ce nombre est le plus élevé depuis quarante-cinq ans". Il pourrait atteindre les 100 000 en 2006, soit une nouvelle hausse de près de 48 %. En 2005, 10 260 ménages britanniques, incapables de rembourser leurs emprunts, ont été dépossédés de leur maison. Soit 70 % de plus qu'en 2004."

J'ai invité une amie expatriée, résidant en Angleterre depuis quelques années, à réagir à cette déclaration.

M. Ph. Bonjour. Il semblerait qu'outre-Manche les banques reprennent possession des hypothèques plus massivement étant donné que le nombre d'emprunteurs défaillants a battu tous les records. C.D. Bonjour. "Les anglais étant les rois du crédit hypothécaire, ce ne sont pas les crédits immobiliers qui les mettent en faillite, mais les crédits tout court ! Ils ont une certaine tendance à prendre leur maison pour un tiroir caisse : ils empruntent pour tout (vacances, voitures, shopping...) en donnant leur maison en garantie. Au bout d'un certain temps, ça coince..."

M. Ph. La conception du crédit au Royaume-Uni semble appartenir à une autre "civilisation bancaire", et le sens de la propriété est très différent lui aussi.

C. D. Le nombre de faillites personnelles est surtout le résultat de la culture de l'endettement des anglais, prix immobiliers élevés ou pas. Les organismes financiers anglais prêtent à tout va et à tout le monde, il y a beaucoup moins de garde-fous et de garanties exigées qu'en France. Se mettre en faillite personnelle peut être une manière comme une autre de "gérer son budget". Si vous n'avez pas encore de patrimoine : vous dépensez des milliers de livres en voyages et en sorties sur votre carte de crédit, puis vous vous mettez en faillite personnelle : la dette est effacée et vous êtes interdit de crédit pendant 6 mois. Et vous pouvez recommencer...

M. Ph. Cette vison est un petit peu caricaturale...

C.D. Oui, c'est un phénomène marginal, mais qui existe parce qu'il n'y a pas assez de garde-fous. Les organismes de crédit peuvent retrouver votre dossier et peuvent refuser de vous accorder un nouveau crédit (mais ce n'est pas automatique, certains acceptent de vous accorder un nouveau prêt).
M.Ph. Comment voyez-vous l'évolution de la situation, et en particulier le nombre de saisies ou de faillites dites personnelles ?
C. D. La grande majorité des ménages qui arrivaient tout juste à s'en sortir commence à "plonger" depuis quelques mois. Surtout parce que tous les services augmentent : il y a même des rumeurs d'augmentation de gaz et d'électricité de 25% et on a déjà eu une  augmentation de plus de 10% l'année dernière. Les taxes locales augmentent plus vite l'inflation, et le prix du bus est passé dans ma ville de 1 £ à 1.20 £ en moins de 2 ans. Le chômage augmente mais sachant que les "assedics" anglais ne sont pas (et de loin !) comparables aux assedics français... le nombre de faillites personnelles ne peut qu'exploser.

M. Ph. Conclusion. Cette situation, inquiétante, nous amène à nous poser des questions sur la façon dont nos pouvoirs publics comptent ménager la chèvre et le choux, les particuliers en déroute financière et les banques qui ont des marges déjà très réduites. La BCE continuera à monter les taux et les prix vont forcément baisser entraînant leur lot de faillites et leur cortège de surendettés. Est-ce que des milliers de Français devenus insolvales seront déposédés de leur toit pour permettre aux banques de couvrir les créances ? Comment l'Etat compte-t-il gérer la crise qui s'annonce ?

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30 janvier 2006

En Allemagne, la débâcle des fonds immobiliers sème la panique

L'Allemagne, un trou noir de l'immobilier

Un vent de panique souffle sur ce pays

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Un vent de panique souffle en Allemagne sur le marché des fonds d'investissement immobilier,
qui pèsent près de 90 milliards d'euros.

En France, la presse a publié quelques articles alarmants :
- Le Monde: En Allemagne, la débâcle des fonds immobiliers sème la panique
- Les Echos : La crise des fonds immobiliers inquiète l'Allemagne
- France-Info : Vent de panique sur les fonds immobiliers allemands
- La Tribune : Scénario de crise sur les fonds immobiliers allemands

Nous pensons que cette panique est due à la prise de conscience de l'existence d'une situation de déflation immobilière, pour lequel nous avons inventé le qualificatif de « trou noir de l'immobilier ». Cet article éclaire la situation allemande sous un angle nouveau :

L'Allemagne, un trou noir de l'immobilier

Par analogie avec l'astronomie, un trou de noir de l'immobilier est une énorme masse de capitaux immobiliers prise au piège, s'effondrant lentement sur elle-même, aspirant les capitaux du monde entier, comme attirés de manière irrésistible vers elle.

La particularité d'un trou noir est d'être «indécelable» et «invisible».

A ce jour, aucun analyste économique n'avait décelé l'effondrement des prix en Allemagne. En effet, les études économiques montrent une baisse spectaculaire des prix, mais pas un effondrement tendanciel vers zéro. Le gel des fonds immobilier allemands est le signe d'une crise spectaculaire de l'immobilier en Allemagne.

Quand des investisseurs ne peuvent plus vendre les titres de fonds immobiliers qu'ils détiennent, l'avantage d'investir en bourse dans les valeurs de pierre-papier disparaît. Les actionnaires de fonds immobiliers allemands sont l'équivalent moderne des investisseurs dans le transibérien d'avant la révolution russe. Ils sont pris au piège d'un investissement gigantesque, n'ayant plus que de la pierre-papier pour tapisser et décorer leurs rêves.

La nouvelle de l'effondrement des fonds immobiliers allemands remet en cause notre modèle financier. La décision de geler les fonds signifie que l'immobilier pourrait, dans un proche avenir, cesser d'être un étalon ultime gageant les dettes et la monnaie des Nations. Cette nouvelle est aussi importante que la fin de la convertibilité Or en 1971.

La fin de l'étalon-immobilier va-t-elle provoquer une crise économique ?

Tout comme l'abandon de l'étalon-Or en 1971, le déclassement de l'immobilier comme étalon ne va pas provoquer de récession. Aujourd'hui, les fondamentaux de l'économie traditionnelle demeurent : les hommes produisent les richesses que nous consommons. A long terme, seules les entreprises ont réellement de la valeur. Les Allemands vivent en démocratie, ils seront toujours un grand peuple car ils sont travailleurs et créatifs. La chute des prix immobilier ne va pas changer grand chose à leur mode de vie.

Le crise de l'immobilier allemand signifie que l'immobilier est un produit comme les autres, soumis aux lois de l'offre et de la demande.

Les méchanismes de la déflation immobilière en Allemagne sont connus : dans un pays, dont la population devrait passer de 80 millions d'habitants à 50 millions d'habitants durant le siècle, les besoins en immobilier sont faibles - voire nuls si l'on considère uniquement le nombre de logements. Dans certaines régions, sous l'effet des lois de l'offre et de la demande, les prix seront tendanciellement proches de zéro. Pourtant, parce que les Allemands s'enrichissent, ils vont continuer à construire de nombreux logements neufs, aggravant la crise de l'immobilier, qui devrait s'étendre progressivement à tout le pays.

Pour l'Allemagne, l'immobilier presque gratuit a de nombreux avantages :

La chute des prix de l'immobilier vers zéro va accroître le pouvoir d'achat des ménages. Dans un proche avenir, les Allemands vont disposer d'avantages compétitifs, car les ménages allemands auront moins de frais que les ménages français ou anglais, paralysés par le service de leurs dettes immobilières.

L'internet, l'information parfaite et égale pour tous

En Allemagne, on est au courant que les prix de l'immobilier ont baissé de 50% à 75% en l'espace de dix années. Mais aucun économiste sérieux n'avait émis l'hypothèse d'une dépression durable, tirant certains prix, dans certaines régions, vers des niveaux presque nuls.

Sur le site de bulle-immobiliere.org, nous sommes les seuls à avoir décelé les premières ventes à prix presque nuls, effectuées sur Internet, illustrant la théorie de l'immobilier presque gratuit développée dans l'étude de la bulle immobilière. Cette particularité fait de notre communauté un think-tank reconnu. Nous sommes les seuls (ou presque) à avoir compris ce qui se passait.

Comment le krach s'est-il brutalement déclenché en Allemagne, de manière pratique ?

Aujourd'hui, en Allemagne, de nombreuses sociétés mettent en vente des biens immobiliers à des prix presque gratuits. Ces biens sont visibles sur Internet du monde entier. On peut voir des photos et constater que les prix sont 100 fois moins élevés qu'à Paris ou à Londres. Dans certains cas, on peut vendre une chambre de bonne à Paris ou un studio à Londres et acheter plusieurs immeubles dans une grande ville, par exemple Berlin.

Nous pensons que les ventes de biens immobiliers à prix zéro qui ont lieu actuellement en Allemagne, via Internet, ont été analysées par les fonds de pension américains.

Les fonds de pension américains ont investi en Allemagne après la chute du mur de Berlin. Depuis plus de 10 ans, les investisseurs constatent la baisse de valeur des biens immobiliers, ainsi qu'une chute tendancielle des revenus locatifs. Aujourd'hui, dans une Allemagne en décroissance démographique, les fonds de pension ont compris qu'il n'existait pas de solution à la déflation des prix immobilier en Allemagne - et ont conclu qu'il valait mieux vendre que de risquer de tout perdre.

L'internet est ici novateur, car il a permis de découvrir l'incroyable descente des prix vers zéro. En utilisant Internet, les acteurs du marché bénéficient d'une information à la source.

La quasi-faillite des fonds immobiliers va-t-elle déclencher un cataclysme financier ?

On pourrait penser que l'information de la quasi-faillite de l'immobilier allemand devrait provoquer un cataclysme financier, car l'immobilier n'est plus la valeur refuge qu'il était autrefois, avant le krach immobilier allemand. Hors, les bourses n'ont pas chuté. Normalement, la Deutsche Bank devrait déjà être en faillite, sous l'effet d'une vague de défiance mondiale et de retraits importants. Hors, elle ne l'est pas et ne le sera pas.

Pourquoi ?

Parce que l'immobilier intéresse uniquement les investisseurs et les foules lorsque les prix montent, pas lorsque les prix baissent. La bulle immobilière repose sur une série de mythes totalement burlesques et personne n'ignore que les prix sont surélevés dans tous les pays d'Europe occidentale. Quand l'immobilier s'effondre, personne ne s'en rend compte et surtout personne ne se plaint.

Le jour du krach allemand, certaines valeurs immobilière cotées en bourse, investissant en Europe de l'Est, dans des pays en décroissance démographique, ont progressé fortement. Pourtant, dans le monde financier, tout le monde connaît le nom des valeurs cargo qui rachètent en continu les biens immobiliers sans valeur.

Chaque jour, une multitude de biens immobiliers sont achetés, à des prix aussi bas que 10€ par mètre carré pour être vendus ensuite à des investisseurs anglais, américains et français, heureux de s'être fait gruger. Cette pratique de navires financiers cargo était courante durant la bulle Internet. On la retrouve sous d'autres formes durant la bulle immobilière. Certains spéculateurs vont même jusqu'à acheter des champs de blé en pleine campagne pour les faire ensuite coter en bourse.

Mais le consensus financier consiste à faire l'autruche.

Demain, il se trouvera des investisseurs assez bêtes pour investir, à moitié prix, dans les fonds immobiliers allemands. Après-demain, c'est à dire dans 2 ans, ces mêmes investisseurs auront compris qu'ils ne peuvent rien tirer de biens dont la valeur intrinséque est de 10€/m2, avec des loyers de 100€ par mois, comme à Berlin.

Il ne faut donc pas attendre de cataclysme financier immédiat de ce trou noir. Il est presque certain que ce trou noir de l'immobilier va continuer à aspirer les richesses du monde entier et les détruire, sans bruit et sans plainte.

Les prochains candidats au trou noir de l'immobilier sont par ordre d'importance la Russie, l'Espagne, l'Italie, la Pologne, la Hongrie - autant de pays en pleine décroissance démographique, où les femmes ont cessé de faire des enfants, où il est impossible d'espérer le moindre profit dans l'immobilier à long terme.

Cordialement,
Jean-Michel Pouré
Animateur du site www.bulle-immobiliere.org

A culturefemme, on en pense quoi ? Ce communiqué de presse est une première de la part de ce site. On attend la même chose sur la situation espagnole, britannique voire bien évidemment française... Afin d'ouvrir les yeux des citoyens, même si c'est un peu tard désormais. Ceux qui savent ont le pouvoir...

Posté par communiqué de presse le 29/01/2006

Visitez le site de la Bulle Immobilière

Source : http://www.bulle-immobiliere.org                   

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29 janvier 2006

L'immobilier serait au bord du gouffre, mais l'insouciance domine.

L'immobilier serait au bord du gouffre, mais l'insouciance domine.

Par Marie Phoenix le 27 janvier 2006

 

4salepdg_100_1 Un article a dressé cette semaine un portrait assez saisissant de l'immobilier outre-manche, portrait aisément transposable à d'autres pays qui connaissent une baisse continue et soutenue de leur pierre. Il émane de Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora à Londres, et s'intitule "L'immobilier sur le fil". "L'Angleterre a une longueur d'avance sur les Etats-Unis. Les prix de l'immobilier ont grimpé les premiers, plus rapidement et plus haut. A présent, le boom semble avoir pris fin", explique son auteur.

L'hebdomadaire britannique MoneyWeek avait donné le même titre à son article de la semaine passée. Mais la description du marché immobilier anglais est bien plus incisive, et son auteur, James Ferguson, va même jusqu'à dire que "les maisons sont sur le point de sombrer dans un précipice". Les coûts de remboursement des dettes ont atteint leur limite, près de 22% du revenu après impôt. La dernière fois que ce niveau a été atteint, en 1990, cela a marqué le début d'un krach du secteur immobilier."

Il règne un calme suspect à Londres, l'air semble étrangement figé, comme avant l'arrivée d'une terrible tempête. Une bien étrange insouciance alors que de gros nuages sombres s'accumulent à l'horizon, et que tous signes d'un krach prochain sont perceptibles, en tout points semblables à ceux du krach précédent, celui de 1991. "Peu de gens semblent en être conscients. Au lieu de cela, il règne une sorte de calme, de complaisance et d'assurance à Londres. Pas d'effondrement. Le marché se contente de perdre de l'air, comme une lente fuite dans un pneu de bicyclette, ou une boîte à musique cassée qui ralentirait peu à peu."

Une image resurgit instantanément : celle de l'orchestre du Titanic, qui avait joué jusqu'au bout sa partition, représentation dérisoire mais sensée : il n'y avait pas mieux à faire, il n'y avait plus rien à tenter. Jouons une dernière fois ! Et Ferguson n'hésite pas à ajouter : "on dirait le début de la Seconde guerre mondiale". La drôle de guerre, les huit premiers mois de ce conflit, qui avait mis du temps à faire retentir bombes et sirènes, avait fait souffler un vent d'incrédulité et de fol espoir que le pire était derrière soi. Mais "ce n'est pas parce que le marché défie les attentes depuis si longtemps, que cela signifie forcément que le danger est désormais passé", rappelle The Financial Times.

L'économie britannique vient d'enregistrer sa plus mauvaise performance depuis 14 ans. Et le pays s'interroge : Is Britain now the sick man in Europe ? “It’s official, Great Britain is no longer a low-tax economy. Instead, the British are about to find themselves paying more tax than the Germans." Les Allemands seraient désormais moins taxés que les sujets de sa très gracieuse majesté, et ce qui a longtemps constitué la fierté du pays, n'est plus qu'un souvenir.

La conclusion de l'article donne un éclairage sur les économies britanniques et américaines. "Les Américains, comme les Britanniques, semblent avoir atteint une limite. Cela ne se voit pas forcément dans les statistiques ; si la moitié du pays s'enrichit tandis que l'autre moitié s'appauvrit, la moyenne reste stable. Tout de même, il y aura forcément des problèmes un jour ou l'autre. De plus en plus de gens ont du mal à suivre le rythme. Pour l'instant, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne profitent d'une prospérité bidon - une paix financière payée par la dette ; mais le danger n'a pas disparu ; il augmente chaque jour."

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22 janvier 2006

Espagne : le ralentissement de l'immobilier confirmé

Espagne : le ralentissement de l'immobilier confirmé par le Ministère du Logement.

Par Marie Phoenix le 20 janvier 2006

 

Burbuja_inmo1922Après la Belgique, la France, la Chine, l'Angleterre, l'Australie, l'Italie ou les USA, les chiffres en provenance de l'Espagne prouvent que les années d'euphorie pourraient être derrière nous. On ne peut pas encore parler de baisse ou de dégringolade, mais le deuxième pays européen à connaître la plus forte hausse de son m², est confronté lui aussi un ralentissement des activités de son secteur phare.

Cet après-midi, le Ministère espagnol du Logement - en la personne de son directeur de la politique du logement, Rafael Pacheco - s'est félicité de constater que la hausse des prix des logements dans la péninsule ibérique a été plus faible en 2005. Il estime que cette donnée est "porteuse d'espoir", amorçant une ère nouvelle, celle du retour à la normale, à des "hausses plus raisonnables". Alors qu'ils avaient bondi de 150% depuis 1997, les prix ne sont montés "que" de 12,7 %.

Il a attribué ce ralentissement "à la politique du gouvernement socialiste en matière de logement, qui s'est traduite par une série de mesures destinées à donner une impulsion au marché locatif en Espagne et à la construction de logements sociaux." Quant au prix du m² des logements sociaux, prix régulé par l'Etat, il a augmenté de 5,5% en un an pour atteindre à 945 Euros fin décembre 2005.

Le prix du m² en Espagne s'élève à un peu moins de 1850 Euros, mais c'est Madrid qui détient la palme avec 2.800 Euros en moyenne. Le prospère Pays basque qui talonne de près la capitale puisque qu'il faut y débourser 2.600 euros pour acquérir un m². Suivi par la Catalogne et les Baléares qui ont franchi les 2.000 Euros du m² il y a quelques mois.

Cette flambée sans précédent est expliquée par les spécialistes par des taux particulièrement avantageux. Les taux d'intérêts hypothécaires ont "fondu" de 16-18% à 2,7-4% en un peu plus d'une décennie. L'endettement des ménages a beaucoup augmenté, et la Banque d'Espagne a confirmé vendredi qu'il a atteint des sommets.

Même si le secteur a permis de créer de très nombreux emplois, le gouvernement espagnol et sa banque centrale sont conscients de la nécessité de mettre fin à cette surchauffe record. Et la presse locale - comme cet article de "El Confidencial" semble apporter de bonnes nouvelles au ministère puisque les chiffres de décembre ne font aucun doute : "fin 2005 le m² est moins cher dans 7 quartiers madrilène qu'un an plutôt".

Je remercie un lecteur espagnol de m'avoir adressé cette photo de la "burbuja imobilaria" qui est connue des espagnols. Elle est bien floue, tout comme la situation de beaucoup de gens, et l'immeuble a l'air bien d'un fantôme de béton. Je l'aime beaucoup, elle est très graphique.


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14 janvier 2006

Australie : l'immobilier y baisse aussi (-8% à Canberra au T4 2005).

Par Marie Phoenix le 13 janvier 2006 Le Blog Finance

 

Mapaustralia Plusieurs dépêches viennent d'annoncer le bilan - négatif - du dernier trimestre en Australie, pays qui avait connu lui aussi une hausse à trois chiffre de son immobilier. Je vous invite à relire mon article intitulé : Bulle immobilière : les effrayants records mondiaux, où on voit clairement qu'entre 1997 et (mi ou fin ? je pose la question dans l'article) 2004, la pierre avait bondi de 114% sur le continent australien.

"Housing prices in the ACT have plunged during the last quarter to their most affordable level in three years". Les prix immobiliers du territoire australien ont chuté au cours du dernier trimestre à leur niveau le plus accessible de ces trois dernières années, nous apprend la dépêche de l'abc news.

"Latest figures from the Housing Industry Association (HIA) show the median house price for first home buyers in Canberra has dipped more than 8 per cent to $343,000." Les derniers chiffres de la fédération des entreprises immobilières (Housing Industry Association, HIA) montrent  que le prix median payé par les primo accédants a baissé de plus de 8% pour s'établir à 343.000 aus $.

HIA executive director Caroline Lemezina says average mortgage repayments are still high at almost 30 per cent of household incomes." La directrice générale de HIA, Caroline Lemezina, déclare que les rembursements moyens des prêts immobiliers représentent toujours une part importante du budget des ménages et atteignent 30% des revenus. Ce qui laisse de la marge pour la... correction, vous l'aurez compris. Et elle conclue par une prévision du marché, qui est orienté à la baisse, et même si la poursuite aussi brutale de la décrue des prix n'est pas envisagée, elle est inévitable et pourrait se situer "entre 1 à 3% dans les mois à venir".

Après les chiffres américains du troisième trimestre avec un impressionnant -13% à New York, c'est la preuve que la baisse du m² est bien enclanchée dans les villes australiennes après une flambée record, qu'elle est importante (-8% en l'espace de 3 mois à Canberra !), et qu'elle s'installe dans la durée, même si les professionnels du secteur, dont Mme Lemezina fait partie, essaient de rester optimistes et tenir des propos rassurants : ça vient de beaucoup baisser en un seul trimestre, mais les prix vont se stabiliser rapidement. Mais ils le font tous, quel que soit le pays et je me méfie un peu beaucoup des prix médians, à cause des façons de collecter des données, des lissages et autres "méthodes adoucissantes" pour les courbes et les graphiques. Certaines pourraient pointer vers le bas d façon plus abruptes.

Australia

Posté par immopourlesnuls à 23:23 - Immo Monde - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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